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Entre chocolat et fromage : à la recherche du symbole suisse par excellence

08.03.2022
par SMA

Que serait la Suisse sans ses fromages et son chocolat? Ce scénario est inimaginable. Le fromage et le chocolat font en effet partie de la culture suisse depuis des siècles. Mais lequel est l’emblème suisse? Le débat sucré-salé fait rage. 

Qui remportera la bataille ? Les cacaophiles sont formels : «Les Suisses sont les plus grands consommateurs et producteurs de chocolat au monde. Le symbole helvétique numéro un, c’est le chocolat !». Les amateurs de fromage objectent : «Ça va l’chalet ?! Le Gruyère AOP est un trésor national, adoré à l’international. Le fromage c’est la Suisse et vice versa ». De toute évidence, un tour d’horizon s’impose.

L’incontournable chocolat suisse et son succès

Pêché mignon et noble distributeur d’endorphines, le chocolat est un produit chéri du grand nombre, surtout lorsqu’il est suisse. Selon les statistiques fournies par Chocosuisse, en 2020, le chocolat local s’est exporté à hauteur de 147 000 tonnes.

Les Helvètes, eux, en ont consommé 9.9 kg par habitant en moyenne cette année-là, soit le record européen – mais cela représente tout de même une diminution importante par rapport à 2019 et la quantité la plus basse depuis 1982.

Mais comment ce produit s’est-il fait sa place dans les cœurs des cacaophiles du monde entier ? Il semblerait que c’est au XVIIème siècle que le chocolat se présente sur les tables des aristocrates d’Europe sous forme de boisson.

Si la Suisse est renommée pour sa production de chocolat, c’est grâce à plusieurs pionniers. Parmi eux, il faut mentionner François-Louis Cailler qui, en 1819, ouvre l’une des premières manufactures de chocolat mécanisées près de Vevey.

Dans les années qui suivent, Philippe Suchard, Jacques Foulquier, Charles-Amédée Kohler, Rudolf Sprüngli, Aquilino Maestrani mais aussi Johann Georg Munz et Jean Tobler fondent leurs entreprises de manufacture de chocolat partout en Suisse et inventent plusieurs machines qui favorisent aussi le succès de l’industrie chocolatière suisse.

Ainsi, Madeleine de Proust et allié réconfortant, le chocolat suisse occupe une place privilégiée dans les cœurs : au goûter, l’illustre branche Cailler régale les petits et grands gourmands depuis deux siècles déjà. Fier ambassadeur suisse, le Mont Cervin doit ses voyages, ses apparitions cinématographiques et télévisées au fameux Toblerone.

Quant au puissant chocolat Ovomaltine, «c’est de la dynamite!». Et les festivités : sont-elles officielles sans chocolat Lindt ? Bercé par les inventions révolutionnaires de ses pères Henri Nestlé ou François-Louis Cailler, le chocolat serait-il le symbole de la Suisse par excellence? 

 

L’irrésistible fromage suisse et son histoire

Fromage à pâte extra-dure, dure, mi-dure, molle, fromage doux, corsé ou salé, mais aussi fromage frais, à tartiner, à raboter, fromage fondu à accompagner avec du pain paysan ou avec des pommes de terre et du bon vin : le fromage helvétique enthousiasme les palais depuis des siècles.

Si personne ne peut dater exactement l’invention du fromage, nous savons que, malheureusement, le premier fromage n’est pas originaire de Suisse. Il semblerait en effet que, il y a 5000 ans déjà, un marchand qui parcourait le désert découvrit que le lait qu’il transportait dans un sac fabriqué avec de l’estomac de mouton se transformait en fromage, notamment à cause des secousses qui le brassaient.

Néanmoins, il existe aussi des références au fromage suisse qui datent d’il y a 3500 ans. En effet, les paysans suisses voulaient trouver un moyen de conserver le lait de leurs bêtes et c’est pourquoi ils fabriquèrent le fromage. D’ailleurs, même le fameux historien romain Pline l’Ancien a écrit sur le fromage suisse qu’il nommait «Caseus Helveticus».

Bien évidemment, le « fromage des Helvètes » dont discute Pline l’Ancien n’est pas celui que l’on connaît aujourd’hui. En effet, pendant longtemps, le fromage
suisse était uniquement blanc, fabriqué avec du lait aigre et ne pouvait pas se conserver.

En Suisse, le premier fromage dur date du XVème siècle. Il était préparé avec la présure, substance provenant de la paroi de l’estomac des veaux, et pouvait se stocker longtemps. C’est grâce à sa longue période de conservation que le fromage suisse est devenu un aliment essentiel pour les voyageurs et pour les moines qui en stockaient d’importantes quantités dans leurs hospices.

Aujourd’hui, la fabrication de fromage suisse est encore traditionnelle. Elle a lieu, en grande partie, dans des fromageries artisanales grâce à l’expertise de professionnels.

La tradition du fromage suisse est donc une longue histoire d’amour qui rime avec tradition et savoir faire. De la succulente Tomme vaudoise à l’Appenzeller délicieusement corsé, de la majestueuse Ricotta tessinoise à l’éminent Emmental bernois, les fromages de Suisse portent les couleurs, les valeurs et l’histoire de la Confédération.

Répliquées mais jamais égalées, raclette et fondue suisses se partagent la renommée mondiale, moitié-moitié. Qui consolera l’intolérant au lactose, interdit d’alléchantes rosettes de Tête de Moine ? Funeste châtiment que celui de la privation de fromage suisse! 

 

Match nul 

L’un se voit parfois voler la vedette par le savoureux chocolat belge, l’autre est en concurrence avec les délicieux fromages français. Mais alors quel est l’emblème de la Suisse par excellence ?

On est certain d’une chose : sans ses vaches la Suisse ne serait pas la même. Pas de lait, de fromage ou de chocolat, pas de plaines vertes remplies de ruminants et pas de tintement de clochettes. Les vaches seraient-elles donc le totem suisse par excellence?

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