Longtemps perçue comme un simple centre de coûts, la fiduciaire évolue. Digitalisation, automatisation, accompagnement global : elle devient un véritable levier de performance. Pour Matthieu Chamorel, cofondateur de DYN Group, la fiduciaire doit désormais jouer un rôle de « médecin généraliste » de l’entreprise.
Matthieu Chamorel, vous avez cofondé DYN très jeune. Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre dans un secteur aussi traditionnel ?
J’ai commencé à 15 ans dans la fiduciaire, avec très tôt une fibre entrepreneuriale. J’avais envie d’indépendance et de construire mon propre parcours. Cet esprit vient aussi de mon environnement familial. Très vite, entreprendre s’est imposé comme une évidence.
Dès le départ, vous misez sur la digitalisation. Était-ce un pari risqué ?
Oui, clairement. À l’époque, le secteur et les clients étaient peu digitalisés. Mais je voulais rendre la comptabilité « vivante », exploitable en temps réel pour aider les entrepreneurs à piloter leur activité. Nous avons été parmi les premiers à adopter des outils comme Bexio en Suisse romande. Aujourd’hui encore, nous restons en veille permanente, notamment sur l’intelligence artificielle, pour identifier les solutions les plus pertinentes pour nos clients et nos collaborateurs.

Quels ont été les tournants clés de votre croissance ?
La digitalisation nous a apporté une forte visibilité. Ensuite, le développement de nos propres bureaux et l’expansion à Genève ont marqué une montée en gamme. Enfin, la diversification s’est faite naturellement, en réponse aux besoins de nos clients. Nous affichons aujourd’hui une croissance régulière de 10 à 20 % par an.
Pourquoi avoir développé une offre à 360° ?
Parce que tout est lié : comptabilité, fiscalité, assurance, conseil… Un dirigeant peut soit coordonner lui-même plusieurs prestataires, soit s’appuyer sur un acteur capable de tout centraliser. Chez DYN, nous jouons ce rôle de « médecin généraliste », entouré de spécialistes, avec une vision globale de l’entreprise et de son dirigeant.
Concrètement, que permet aujourd’hui l’automatisation ?
Les processus comme le traitement des factures, les notes de frais, la facturation ou les flux bancaires sont désormais très fiables. Cela libère du temps pour se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, et surtout de recentrer le travail sur l’analyse, le conseil et l’accompagnement.
La question des données est-elle devenue centrale ?
Oui, mais au-delà de leur localisation, c’est leur sécurité qui prime. Nous investissons beaucoup dans la formation interne et les bonnes pratiques, notamment via des tests réguliers. La protection des données repose avant tout sur la rigueur des équipes.
Quelles erreurs observez-vous chez les PME ?
Le manque de proactivité. Beaucoup consultent leur fiduciaire uniquement en cas de problème. Or, la gestion financière et fiscale doit être suivie régulièrement, comme un bilan de santé. S’y intéresser en continu permet d’anticiper plutôt que de subir.
Je voulais rendre la comptabilité « vivante », exploitable en temps réel pour aider les entrepreneurs à piloter leur activité.– Matthieu Chamorel,
Cofondateur de DYN Group
Quels sont les principaux défis des entrepreneurs aujourd’hui ?
Le premier est le manque de main-d’œuvre. Le deuxième, l’incertitude économique et réglementaire. Et le troisième, la disruption liée à l’intelligence artificielle, qui impose une adaptation rapide des compétences et des pratiques.
Comment transformer la fiduciaire en créatrice de valeur ?
En apportant du conseil et en automatisant les tâches à faible valeur. Nous développons aussi des événements et du networking, car l’humain reste essentiel. L’objectif est de devenir un partenaire stratégique.
Votre croissance est rapide. Comment préserver votre ADN ?
Grandir vite oblige à savoir exactement qui on est. Nous misons sur la transparence et la flexibilité. Nous redistribuons aussi une part des résultats aux collaborateurs.
La formation est un axe fort chez vous…
Oui, c’est une responsabilité. Nous formons des apprentis et accompagnons nos équipes sur le long terme, avec des plans de formation structurés. Dans un environnement qui évolue vite, c’est un investissement indispensable.
À quoi ressemblera la fiduciaire de demain ?
Elle sera un véritable CFO externalisé. Un partenaire capable de comprendre les enjeux et d’aller chercher les bonnes expertises. Notre ambition est de rester un acteur innovant et moteur dans cette transformation.
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