Interview par Léa Stocky

Adi Bucher : Grandir et évoluer au sein des CFF

Responsable du recrutement aux CFF, il révèle les atouts d’une entreprise où plus de 150 métiers ouvrent la voie à l’évolution professionnelle.

À la tête des ressources humaines des CFF depuis mai 2025, Adi Bucher pilote la stratégie RH d’une entreprise qui emploie plus de 35 000 collaboratrices et collaborateurs à travers la Suisse. Recrutement, formation, mobilité interne, digitalisation ou encore équilibre entre vie professionnelle et privée : il revient sur les défis humains auxquels le groupe ferroviaire fait face et sur les nombreuses opportunités de carrière qu’il offre dans un secteur en pleine évolution.

Adi Bucher, comment décririez-vous la culture d’entreprise aux CFF ?

Nos collaboratrices et collaborateurs font preuve d’un engagement très élevé en faveur du chemin de fer. Ils sont fiers de travailler aux CFF, une entreprise qui transporte chaque jour 1,43 million de personnes et 160 000 tonnes nettes de marchandises, et qui relie les différentes régions de Suisse. Leur passion pour le métier et les transports publics est d’ailleurs l’un des facteurs de cohésion du personnel.

Quelles sont les valeurs principales que vous défendez ?

Je m’engage en faveur d’un climat de travail respectueux, humain et ambitieux. Pour moi, le travail d’équipe est prioritaire et l’union fait la force. Les valeurs CFF : la responsabilité, le respect, l’agilité, l’ambition et la passion me correspondent donc parfaitement.

Comment se déroule le processus de recrutement chez les CFF ?

Nous précisons toujours les différentes étapes de la procédure dans l’offre d’emploi, afin que les candidates et candidats sachent ce qui les attend. Le premier entretien avec la personne retenue a lieu en ligne. On y analyse sa motivation, son adéquation au profil recherché ainsi que ses compétences. Ce processus vise à permettre un entretien d’égal à égal où les deux parties vérifient qu’elles se comprennent bien et peuvent fonctionner ensemble.

Ensuite, les entretiens supplémentaires ont lieu en présentiel. Selon la fonction, d’autres clarifications sont nécessaires, telles qu’un examen d’aptitude médicale ou le recours à un assessment center.

Quelles sont les opportunités pour les jeunes diplômés ou les personnes en reconversion ?

Nous offrons aux personnes se trouvant à différentes étapes de leur vie des opportunités de carrière. Nous proposons plusieurs tremplins aux jeunes diplômé·e·s : stages de haute école, programmes Trainee et Career Starter. Ceux-ci permettent une entrée en matière structurée et sont une bonne opportunité pour découvrir ses points forts et développer ses compétences. 

Parallèlement, nous encourageons la réorientation professionnelle grâce à différentes possibilités de reconversion et à des secondes formations rémunérées. Nous offrons ainsi la possibilité aux personnes qui le souhaitent de se reconvertir en tant que chef·fe circulation des trains ou mécanicien·ne de locomotive, par exemple. Les candidat·e·s qui remplissent les conditions requises s’engagent dans une formation de 15 mois maximum avant de pouvoir exercer leur nouvelle profession.

Proposez-vous des programmes de formation initiale ?

La formation professionnelle initiale est notre principal canal de recrutement. En collaboration avec notre filiale login, nous formons environ 1600 apprenti·e·s dans 25 métiers dans toute la Suisse. Un millier de formatrices et formateurs des CFF transmettent leurs connaissances aux apprenti·e·s et les accompagnent lors de leur entrée dans la vie professionnelle active. En complément, nous proposons des programmes tels que PIBS (études de bachelor intégrant la pratique), qui combinent formation pratique et formation académique.

Quels sont les critères clés pour réussir sa candidature ?

Les diplômes et les certificats de travail constituent une base importante et influencent souvent la première impression. Toutefois, la personne derrière ces documents compte davantage encore. L’adéquation avec le poste proposé, l’équipe et la culture des CFF est déterminante. C’est pourquoi, dans un souci de simplification, les CFF ne demandent plus de lettre de motivation depuis plusieurs années.

Proposez-vous des formations internes dès l’embauche ? 

Nous proposons un large éventail de formations internes et de programmes d’initiation, que ce soit pour les nouveaux membres du personnel, les cadres ou les personnes qui travaillent aux CFF depuis longtemps. Les programmes d’initiation comprennent une journée d’accueil qui permet aux nouveaux membres du personnel de découvrir les nombreuses facettes des CFF. Cet événement est aussi l’occasion de se familiariser avec l’entreprise, d’élargir son réseau professionnel et de développer une conception commune de la culture et de la collaboration.

Notre système interne de gestion de l’apprentissage contient en outre plus de 3000 offres. Celles-ci vont de programmes d’autoapprentissage facultatifs, portant par exemple sur les techniques d’entretien ou l’aptitude à s’exprimer en public, à des cycles complets de formation certifiante. En matière de savoir-faire ferroviaire, nous proposons également aux collaboratrices et collaborateurs une offre de formation complète pour acquérir les connaissances contextuelles indispensables au fonctionnement du système des chemins de fer.  

Existe-t-il des passerelles pour changer de métier au sein de l’entreprise ?

Les CFF accordent une grande importance au développement interne. Par le biais de stages, les collaboratrices et collaborateurs intéressés obtiennent un aperçu d’autres domaines et activités. 

Grâce à différents programmes de gestion des talents et de mentoring, nous encourageons les personnes à haut potentiel de manière ciblée et les préparons à d’éventuelles fonctions d’encadrement. Aussi, au moins une fois par an, un dialogue a lieu entre les cadres et les membres du personnel pour discuter de mesures de développement à mettre en œuvre.

Par ailleurs, avec leurs nombreux domaines et fonctions, les CFF offrent à leurs collaboratrices et collaborateurs de vastes possibilités d’évolution en dehors de ces programmes. En 2025, les CFF ont pourvu environ 60 à 70 % des postes à la suite de candidatures internes. Nous sommes en effet convaincus que des collaboratrices et collaborateurs ayant une connaissance des différentes facettes de l’entreprise favorisent la compréhension mutuelle et la collaboration transversale. 

Enfin, les collaborateurs qui perdent leur emploi à la suite d’une réorganisation ou d’une absence prolongée pour cause de maladie ou d’accident bénéficient d’un accompagnement professionnel dans leur réorientation et leur transition vers de nouveaux métiers.

Quels dispositifs de formation continue proposez-vous ?

Outre les cursus spécifiques, nous proposons une offre de formation continue étendue, entre autres sur les compétences sociales et personnelles, les compétences numériques, l’intelligence artificielle et le savoir-faire ferroviaire. Ces formations peuvent être suivies le plus souvent sous forme d’autoapprentissage. De plus, nous proposons des journées de perfectionnement à certaines catégories professionnelles, telles que les assistant·e·s clientèle et les mécanicien·ne·s de locomotive.

Quels avantages offrez-vous à vos collaborateurs ?

Les CFF proposent à leurs collaboratrices et collaborateurs un large éventail de prestations et d’avantages, notamment : 

Plus de 150 profils de métiers passionnants et variés dans toute la Suisse.

Des salaires conformes au marché : notre système salarial est équitable et progressiste. En 2025, nous avons d’ailleurs obtenu le label « We Pay Fair » pour la cinquième année consécutive.

Les CFF encouragent des modèles de travail flexibles et modernes : le travail à temps partiel permet au personnel de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Grâce à l’initiative « Work Smart » , les collaboratrices et collaborateurs peuvent travailler de manière flexible et sans contrainte de lieu, selon la catégorie professionnelle considérée. Une partie de leur activité peut également être effectuée en télétravail.

Des facilités de voyage : abonnement général (à partir d’un taux d’occupation de 40 %) ou demi-tarif, abonnements à prix réduit pour les partenaires et les enfants et réductions internationales.

Les CFF proposent des modèles de préretraite et de retraite pour les catégories de fonctions particulièrement pénibles et/ou ayant un faible niveau de rémunération. Nous répondons ainsi aux situations et aux besoins divers des collaboratrices et collaborateurs et permettons un retrait flexible du monde du travail.

Comment favorisez-vous l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle ?

En plus des mesures déjà mentionnées, les CFF encouragent par exemple le job-sharing et la codirection. Tous les postes sont proposés à partir d’un taux d’occupation de 60 %. Des secondes formations, par exemple dans le domaine de l’assistance clientèle ou de la circulation des trains, sont également possibles à temps partiel.

Les CFF mettent également en œuvre des mesures de santé préventives concernant le travail par équipe. Plusieurs mécanismes de bonification permettent à nos collaboratrices et collaborateurs de cumuler du temps libre supplémentaire, un atout précieux pour concilier vie professionnelle et vie privée.

Comment les métiers évoluent-ils avec la digitalisation du secteur ferroviaire ?

Les unités sont concernées de manière très diverse. Par exemple, l’IA concerne nettement plus les métiers commerciaux ou informatiques que les métiers manuels. Nous suivons de près l’évolution des compétences et y préparons le personnel de manière ciblée.

Comment préparez-vous les collaborateurs aux défis futurs ?

Nous sommes convaincus que la réussite des CFF dans leur virage numérique dépend en grande partie de la qualité avec laquelle nous préparons nos collaboratrices et collaborateurs aux défis de demain. Dans les secteurs professionnels touchés par d’importants changements, nous recensons de manière ciblée les compétences actuelles et futures afin de déterminer les besoins de développement et d’en déduire les mesures à prendre. 

Avec nos offres « fit4future », nous permettons aux collaboratrices et collaborateurs de saisir activement les opportunités offertes par la numérisation et de réagir de manière flexible aux nouvelles exigences. Ils apprennent par exemple à utiliser l’IA de manière judicieuse et responsable. 

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16.06.2026
par Léa Stocky
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