La Suisse a su préserver un tissu industriel dense, innovant et exportateur. Aujourd’hui, ce secteur représente 26 % du PIB national si l’on inclut l’industrie manufacturière et la construction. Un poids considérable, à l’heure où plusieurs pays européens cherchent à se réindustrialiser après avoir, parfois, négligé leur secteur secondaire.

Delphine Bachmann
Conseillère d’Etat genevoise, chargée du Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie
Cette réussite repose sur des atouts solides : des conditions-cadres favorables, des infrastructures de qualité et un approvisionnement énergétique fiable. Sur les marchés mondiaux, les entreprises suisses se démarquent grâce à la qualité de leurs produits, leur capacité d’innovation et à leur aptitude à se réinventer en permanence.
Mais cette solidité ne doit pas masquer les tensions bien réelles auxquelles le secteur est confronté. Certaines branches, à commencer par la sous-traitance horlogère, subissent de plein fouet le ralentissement des commandes, la force du franc, les tensions commerciales liées aux droits de douane, ainsi qu’un contexte géopolitique instable
Dans ce contexte, l’industrie suisse va devoir redoubler d’agilité, d’innovation et de capacité d’adaptation.
C’est notamment ce que mettra en lumière le Salon EPHJ en juin à Genève. Ce rendez-vous incontournable de l’horlogerie, des micro-technologies et des technologies médicales incarne une industrie qui n’hésite pas à se réinventer. Il rappelle que l’innovation et la haute valeur ajoutée restent les meilleurs remparts contre les vents contraires.
Reste une question centrale : la Suisse est-elle prête à relever les grands défis qui s’annoncent, ceux liés à l’essor de l’intelligence artificielle ou encore à la transition énergétique ? Si ses fondamentaux sont solides, la Suisse gagnerait à renforcer sa capacité d’anticipation stratégique.
C’est précisément l’objectif du Conseil de l’industrie qui vient de voir le jour à Genève, grâce à une action conjointe des partenaires sociaux et avec l’appui de l’état. En fédérant l’ensemble des acteurs du tissu industriel cantonal, il souhaite pouvoir mieux anticiper les crises, protéger les emplois, accompagner les transitions métiers et innover durablement.
Car si l’industrie suisse et genevoise, en particulier se porte mieux que celle de certains pays voisins, elle n’est pas à l’abri des mutations profondes qui redessinent l’économie mondiale. Sa force historique, une industrie diversifiée et à haute valeur ajoutée doit désormais s’accompagner d’une vraie stratégie industrielle, à la hauteur des enjeux à venir. En Suisse et à Genève.
Texte Delphine Bachmann, conseillère d’Etat genevoise, chargée du Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie
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