« nous devons accélérer le transfert de la recherche en ia et en robotique »
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France Innovation

« Nous devons accélérer le transfert de la recherche en IA et en robotique »

28.05.2026
par SMA

Directeur scientifique à l’Onera et coordinateur du Comité Robotique France, Philippe Bidaud appelle à accélérer le transfert de la recherche en intelligence artificielle et en robotique vers l’industrie.

Philippe BidaudDirecteur scientifique, Onera Coordinateur du Comité Robotique France

Philippe Bidaud
Directeur scientifique, Onera Coordinateur du Comité Robotique France

Philippe Bidaud, pourquoi faut-il accélérer le transfert de la recherche en IA et en robotique ?

Parce que nous faisons face à des offres technologiques asiatiques et américaines puissantes, issues de pays capables de transformer rapidement la recherche en valeur industrielle. En France et en Europe, nous savons produire de la recherche, mais nous peinons à la convertir en produits industriels. Or, dans la défense, le spatial ou les outils de production, nous ne pouvons pas dépendre uniquement de technologies étrangères. C’est un enjeu majeur pour notre souveraineté.

Quand on parle de robotique, de quoi parle-t-on exactement ?

Il ne faut pas imaginer un robot unique, mais une diversité de systèmes conçus pour des usages (les besoins d’applications différentes). La robotique intègre des composants matériels et logiciels variés, dans l’industrie, les services, le médical, le spatial, l’agriculture ou la sécurité et la défense, etc. Ce sont des systèmes cyber-physiques dont l’autonomie fonctionnelle ne cesse de grandir. Il faut en assurer la sûreté de fonctionnement y compris face à d’éventuelles agressions intentionnelles et pouvoir les utiliser en toute confiance. La question de la souveraineté commence là.

En quoi l’IA transforme-t-elle la robotique, et inversement ?

Elle enrichit profondément la robotique. Les modèles de fondation facilitent l’accès à des connaissances expertes à large spectre, la planification d’opérations ou les interactions en langage naturel. D’autres approches, comme le deep learning, ont déjà changé la perception des machines. Mais la robotique ne consiste pas seulement à percevoir : elle consiste aussi à agir. Avec l’apprentissage par renforcement, on apprend des boucles de perception et d’action en interaction avec le monde physique. Cette capacité d’action permet de rendre l’IA « active ».

Quels sont les secteurs les plus stratégiques ?

La défense en fait partie. Il y a aussi le spatial, la surveillance de l’environnement, le suivi d’infrastructures sensibles et l’industrie. Dans ce dernier domaine, le sujet devient central : il faut réindustrialiser et répondre à des tensions démographiques. Le robot n’est donc plus seulement un complément, mais parfois un substitut nécessaire.

Que met aujourd’hui la France en place ?

France 2030 a engagé une stratégie nationale en robotique, avec plusieurs dispositifs de soutien, dont le Défi transfert robotique. L’idée est d’aider à transformer plus vite les résultats de la recherche publique en applications industrielles. C’est aussi le sens des actions menées par le Comité robotique : transformer en valeur les résultats de la recherche et faire en sorte que l’investissement public contribue à des effets concrets.

Interview Marc-Antoine Guet

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