« nous cherchons en permanence à être plus performants »
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Industrie

« Nous cherchons en permanence à être plus performants »

27.05.2026
par SMA

La montre, parce qu’elle reste avant tout un objet de prestige, a tendance à souffrir tout particulièrement lors des périodes de crise. C’est en tout cas le constat que fait Didier Mathieu, co-directeur de Matthey Décolletages. Les PME du secteur comme la sienne peuvent donc vite se retrouver en difficulté si elles ne montent pas en gamme ou refusent la diversification.

David Parent & Didier Mathieu, directeurs de Matthey Décolletages

David Parent & Didier Mathieu
Directeurs de Matthey Décolletages

Co-directeur de l’entreprise spécialisée dans la fabrication de composants pour l’horlogerie haut de gamme aux côtés de David Parent, Didier Mathieu explique dans cette interview comment s’adapter aux évolutions du secteur, tout en maintenant la confiance des clients.

Comment décririez-vous l’évolution récente du secteur horloger en Suisse ?

Chaque période de crise amène son lot de conséquences négatives dans le secteur horloger. Ainsi, depuis une vingtaine d’années déjà, les volumes diminuent progressivement. En parallèle, le secteur monte en gamme, avec des produits toujours plus complexes et plus chers. Depuis 25 ans, les volumes d’exportation de montres ont été divisés par deux, tandis que leur valeur a été multipliée par 2,5.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées aujourd’hui ?

La hausse continue des coûts, en matières premières, énergie ou sous-traitance, nous oblige à rester agiles et réactifs. Certaines augmentations, notamment sur l’électricité, ont un impact important et nécessitent parfois d’être répercutées sur nos prix, en toute transparence avec nos clients.

Les tensions géopolitiques et les difficultés d’approvisionnement font désormais partie des défis récurrents de l’industrie. La récente hausse du prix du tungstène, matière première essentielle aux outils carbure utilisés sur nos machines, illustre parfaitement la volatilité croissante des marchés et la nécessité pour les entreprises de s’adapter en permanence.

Dans ce contexte, comment faites-vous pour rester compétitif ?

Nous cherchons en permanence à être plus performants, tout en maintenant la qualité, la réactivité et le service client. Pour cela, nous devons sans cesse améliorer nos processus et investir. Ainsi, nous avons récemment acquis de nouvelles machines qui nous ont permis d’accroître considérablement certaines capacités de production. Cela nous aide à répondre aux objectifs de prix de certains clients et à revenir sur des marchés plus volumiques.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous tourner vers le secteur de la medtech ?

Au départ, c’est une opportunité qui s’est présentée à nous. Bien qu’il ne s’agisse pas de notre cœur de métier initial, nos compétences en usinage de précision s’adaptent parfaitement au domaine médical.

Aujourd’hui, cette diversification nous permet de réduire notre dépendance à l’horlogerie, un secteur où les périodes difficiles semblent être de plus en plus fréquentes et brutales. Il est vrai qu’aucune branche n’est à l’abri, mais certaines activités médicales continuent quelles que soient les conditions économiques, nous apportant ainsi une plus grande stabilité.

Comment imaginez-vous Matthey Décolletages dans cinq à dix ans ?

L’objectif est de poursuivre le développement de l’entreprise de manière mesurée et durable. Plusieurs projets ESG ont récemment été mis en place, notamment l’installation de panneaux solaires couvrant déjà un tiers de notre consommation énergétique liée aux machines. Cette dynamique est soutenue par notre actionnaire principal, Fondation Renaissance, qui nous accompagne sur les enjeux stratégiques, réglementaires et de gouvernance, nous permettant de structurer sereinement la croissance de l’entreprise.

Interview Léa Stocky

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