Interview par Andrea Tarantini

Digitalisation: « Le cloud deviendra la norme pour toutes les entreprises suisses »

Quels sont les enjeux actuels en termes de digitalisation ? Qu’en est-il des défis que rencontrent les entreprises suisses ? Catrin Hinkel, la nouvelle directrice générale de Microsoft Suisse, répond à nos questions.

Catrin Hinkel, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre poste ?

Tout d’abord, j’aime les gens extraordinaires avec lesquels je travaille et la culture de Microsoft. Je suis le témoin direct du voyage culturel que l’entre- prise a entrepris ces dernières années et des réali- sations incroyables qui ont eu lieu. Cela me rend fière d’en faire partie. Bien sûr, rien de tout cela n’aurait été possible sans le partenariat avec nos dizaines de milliers de clients et nos 4 600 parte- naires qui continuent de m’inspirer chaque jour.

Microsoft est un leader en matière de culture et d’outils pour le travail hybride, ce qui a facilité les choses.

Vous avez pris vos nouvelles fonctions en pleine pandémie. Quels problèmes avez-vous rencontrés ?

Je pense que nous avons tous dû nous habituer aux conditions changeantes et nous adapter à la méthode de travail hybride. Grâce au soutien de mes collègues et à notre technologie, je me suis sentie tout de suite très à l’aise et j’ai pu m’impliquer immédiatement dans des projets clients.

Microsoft est un leader en matière de culture et d’outils pour le travail hybride, ce qui a facilité les choses. Nous avons mis l’accent sur le bien-être des employés pour qu’ils s’adaptent à cette nouvelle façon de travailler et nous passons beaucoup de temps à travailler pour aider nos clients.

Avec le passage au travail à distance, la cybercriminalité a fait un bond en avant. Comment pouvons-nous y faire face ?

La complexité de l’environnement de sécurité augmente de jour en jour. Les organisations ont donc besoin d’un nouveau modèle de sécurité qui s’y adapte plus efficacement, embrasse le lieu de travail hybride et protège les personnes, les appareils, les applications et les données.

C’est pourquoi nous constatons qu’un nombre croissant d’organisations se tournent vers le cloud. Aujourd’hui, la sécurité est en effet mentionnée comme l’un des principaux arguments pour adopter le cloud. Il faut donc investir dans la cybersécurité afin d’assurer que les produits et services de sécurité deviennent encore meilleurs.

Et quelles opportunités la pandémie a-t-elle apportées ?

L’expérience de ces deux dernières années a encouragé de nombreuses entreprises à accélérer leur transformation numérique. Par là, je n’entends pas seulement l’optimisation et l’augmentation de l’efficacité, mais la réimagination complète de leur propre activité. Ceci est pertinent, car nous sommes convaincus que la transformation numérique ne signifie pas seulement numériser ce qui existe déjà, mais repenser les expériences que les employés, les clients, les partenaires, les fournisseurs et les autres parties prenantes peuvent avoir avec l’entreprise ou l’organisation.

Selon moi, ce qui compte le plus dans ce contexte est le fait que le cloud démocratise la technologie.

Pour y parvenir, il faut remettre en question le statu quo, élargir les horizons, explorer de nouveaux modèles commerciaux, développer de nouveaux marchés et expérimenter de nouveaux produits et services au profit des clients.

Regardons la Suisse de plus près : comment voyez-vous son avenir numérique ? La Suisse possède toutes les conditions nécessaires pour continuer à être de classe mondiale en termes d’innovation et de qualité.

D’excellents exemples sont les projets de Novartis avec l’intelligence artificielle dans le développement de nouveaux médicaments, la gestion plus durable de la chaîne de valeur de Planted, qui produit des alternatives de viande végétalienne, ou la manière dont UBS a assuré sa place de leader numérique dans le secteur des services financiers grâce à notre cloud – pour n’en citer que quelques-uns. J’espère que ces organisations en inspireront et encourageront d’autres.

Quel est le rôle de la numérisation pour l’industrie et les PME suisses ?

Pour suivre la voie de l’innovation, il est d’abord crucial que les PME suisses soient en mesure d’exploiter le cloud à leur avantage. Selon moi,
ce qui compte le plus dans ce contexte est le fait que le cloud démocratise la technologie. Avec le cloud, les clients suisses ne peuvent pas simplement stocker des données, mais aussi exploiter l’intelligence artificielle, optimiser les opérations et changer la nature même des produits, des services et des modèles commerciaux de l’entreprise.

Comment voyez-vous l’importance de l’éducation et de la formation dans ce contexte ?

L’éducation et la formation sont le facteur numéro un pour que la Suisse soit à l’épreuve du futur. La Suisse fait déjà un excellent travail en ce qui concerne les apprentissages en informatique et les universités suisses qui attirent les meilleurs talents. Cependant, nous devons agir plus collectivement pour répondre à cet énorme besoin de personnes qualifiées en rendant l’éducation et la formation encore plus accessibles et diversifiées, en créant plus d’opportunités et en vivant une culture de l’apprentissage tout au long de la vie.

Interview Andrea Tarantini

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30.03.2022
par Andrea Tarantini
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