« le viager est la solution pour mieux vivre sa retraite »
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Habitat

« Le viager est la solution pour mieux vivre sa retraite »

21.06.2026
par SMA

Fondateur et gérant de Bien en viager, Geoffrey Pascal observe de près l’évolution du viager en Suisse. Encore mal connue, cette solution peut permettre à des retraités de dégager du capital, d’aider leurs proches ou de retrouver une marge de manœuvre financière au quotidien, tout en continuant à vivre chez eux.

Geoffrey Pascal
Fondateur et gérant de Bien en viager

Geoffrey Pascal, le viager reste encore assez mal connu. Comment l’expliquer simplement à un propriétaire qui découvre cette solution ?

L’idée principale de cette opération est de vendre sa maison tout en continuant à l’habiter. Cela permet de récupérer l’argent qui dort dans le bien immobilier. Nous rencontrons souvent des personnes qui possèdent un patrimoine important, mais qui n’ont pas forcément les liquidités suffisantes pour vivre correctement leur retraite. Ensuite, chacun peut utiliser cet argent comme il le souhaite : aider ses héritiers dès aujourd’hui, profiter lui-même de son patrimoine ou simplement mieux vivre sa retraite. Beaucoup de personnes ont peur du viager, parce qu’elles ne voient pas toujours ce qu’elles peuvent en retirer. Mais une fois la démarche engagée, cela peut réellement changer leur vie.

On pense souvent à cette formule comme à une pratique surtout française. Existe-t-il aussi un marché suisse ?

Oui, mais cela demeure un micro-marché. Il y a moins de propriétaires qu’en France, et cette solution s’adresse à un profil précis : il faut être propriétaire, être à la retraite, aimer son bien et avoir envie d’y rester. En Suisse, le marché reste donc limité, mais il répond à un vrai besoin pour les personnes concernées.

Pourquoi un propriétaire senior peut-il avoir intérêt à vendre en viager plutôt qu’à céder son bien de manière classique ?

Avec une vente classique, il y a souvent deux grandes options : quitter son logement ou aller en maison de retraite. Le viager, lui, permet de continuer à occuper son bien tout en récupérant de l’argent. Cet argent peut ensuite servir à payer des soins à domicile, à financer une maison de retraite, à aider ses enfants, à voyager, à profiter de la vie ou simplement à subvenir à ses besoins quotidiens.

On associe souvent cette solution à la rente viagère. Est-elle obligatoire ?

Non, elle n’est pas obligatoire. J’ai même l’impression qu’avec le temps, de plus en plus de personnes choisissent des formules sans rente. Cela permet de récupérer davantage de capital dès le départ. En Suisse, beaucoup de propriétaires préfèrent cette option, car le viager réduit déjà certains frais. Dans de nombreux cas, un capital immédiat suffit. Il est ainsi possible d’opter pour une vente en viager sans rente, ou pour une vente avec réserve de droit d’habitation uniquement. Ces formules offrent une somme plus importante immédiatement, tout en générant des économies sur certains postes, comme l’assurance bâtiment ou les intérêts hypothécaires.

Quel est le profil type du propriétaire qui s’intéresse au viager ?

Il n’y a pas un seul profil. Certaines personnes ont des enfants et se disent qu’elles veulent les aider maintenant, plutôt que de les laisser attendre encore dix ou vingt ans. Leurs enfants ont parfois 40 ou 50 ans, avec une vie familiale ou un projet immobilier à financer. C’est souvent à ce moment-là qu’ils ont besoin d’aide. D’autres propriétaires veulent simplement profiter de leur retraite. Avec cet argent, ils peuvent se remettre à voyager, changer de voiture ou encore acheter un appareil auditif. Il y a aussi des personnes qui n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois alors qu’elles sont propriétaires. Elles ont parfois épuisé toutes leurs économies. Pour elles, vendre en viager permet tout simplement de retrouver une vie normale.

La présence d’enfants ou d’héritiers peut-elle compliquer la décision ?

Pas nécessairement. Il arrive même que ce soient les enfants qui se renseignent ou qui prennent contact pour aider leurs parents. Ils voient que la retraite ne suffit plus toujours à payer les factures. On pourrait penser que le viager est surtout adapté aux personnes sans héritiers directs, mais ce n’est pas forcément le cas.

Quels sont les principaux points de vigilance à bien comprendre avant de s’engager ?

Il faut vraiment prendre conseil auprès d’un professionnel. Le sujet est vaste et doit être abordé avec méthode. Il est risqué de laisser deux parties le faire seules, car il existe toujours un risque que l’une profite de l’autre. Ce type d’opération doit être calculé par un professionnel neutre, capable de chercher la meilleure solution. Le prix doit notamment tenir compte de la valeur du logement, de l’âge du vendeur et des éventuelles rentes. L’idée est de calculer la valeur économique du droit d’habitation. Ce droit correspond, en quelque sorte, à un loyer prépayé pour le reste de la vie. Ce calcul permet d’obtenir une réalité économique cohérente et de trouver ensuite un acquéreur.

Quelles sont les principales craintes des vendeurs et des acheteurs avant de s’engager ?

Pour les vendeurs, c’est souvent de penser qu’une fois le bien vendu, ils ne seront plus vraiment chez eux. Or, cette peur est généralement infondée. En réalité, rien ne change dans leur quotidien. Ils peuvent continuer à repeindre leur intérieur de la couleur qu’ils souhaitent, remplacer leur machine à laver ou vivre comme avant. Personne ne vient vérifier ce qu’ils font chez eux. Ils continuent à vivre de la même manière, avec simplement plus d’argent sur leur compte. Du côté des acheteurs, la principale inquiétude est de ne pas savoir quand ils pourront profiter du bien. Mais cela fait partie du principe même de cette opération. La plupart des investisseurs comprennent cependant la dimension sociale de cet investissement : ils placent de l’argent tout en permettant à des personnes âgées de rester chez elles.

Certains propriétaires attendent-ils que leur situation financière soit trop tendue avant de s’informer sur le viager ?

Oui. Aujourd’hui, beaucoup de personnes gagneraient à savoir que cette solution existe. En Suisse, les assurances maladie augmentent chaque année, tout comme les charges du quotidien : le prix de l’énergie, de l’essence et de l’alimentation, sans oublier les intérêts hypothécaires qui peuvent repartir à la hausse. Tout cela pèse sur les charges mensuelles. Il ne faut donc pas attendre le dernier moment pour y penser. Il vaut mieux demander conseil, faire une étude personnalisée et voir ce qu’il est possible de faire. Cela permet d’anticiper certaines situations futures, comme un éventuel placement en EMS. Cela vaut vraiment la peine de se renseigner et de planifier l’avenir.

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