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Éditoriaux

« Une mise en commun pour un bien commun »

29.12.2022
par SMA
Sandrine Broutin, Directrice Générale de l’Œuvre Falret

Sandrine Broutin,
Directrice Générale de l’Œuvre Falret

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que la dépression sera la maladie la plus répandue dans le monde d’ici 2030. 

Si la parole autour de la santé mentale se libère enfin grâce aux efforts de sensibilisation théoriques et pratiques déployés par les acteurs institutionnels et associatifs, rappelons l’étendue et la complexité d’un tel sujet. L’expression renvoie à la préservation d’un bien commun qui nous concerne toutes et tous. En parler est affaire sensible tant la stigmatisation est ici systémique et ses conséquences tristement dommageables. 

La pandémie a aggravé la santé mentale des Français, révélant son importance et mettant en évidence la difficulté de prise en charge de 13 millions de Français. Enjeu majeur de santé publique et de société, désormais reconnu, le défi est immense et atteignable qu’au prix d’une alliance des savoir-faire, des compétences et des savoirs expérienciels de chacun. Une mise en commun pour un bien commun. 

Ensemble (personnes concernées, acteurs de l’ESS, professionnels et institutionnels), nous pouvons développer des outils et dispositifs innovants permettant une écoute et un accompagnement ouvert, adapté aux besoins de chacun. Une personne sur cinq est touchée par un trouble psychique en France. Jeunes et enfants sont les premiers concernés : un ado sur trois est dit en suspicion d’état d’anxiété généralisé (Observatoire de la Mutualité Française, 2021, IPSOS, 2022).

Alors que le Ministre de la santé va publier le premier bilan des Assises de la psychiatrie et de la santé mentale (sept. 2021), l’état d’urgence des secteurs psychiatrique et pédiatrique reste figé et compromet l’accès au soin des plus fragiles. Plus que jamais, la santé mentale nécessite solidarité mais surtout une ambition et culture nationales. Promouvoir la santé mentale n’est plus que l’affaire des « psy ». 

Collectivement, se préparer aux défis de santé mentale du XXIème siècle c’est être prêt à endiguer les angoisses réelles et plaintes justifiées des milieux corporatifs, éducatifs, hospitaliers et médico-sociaux. Ce qui nous asphyxie c’est l’épidémie mentale ; celle des a priori et de l’inertie. Acteurs du secteur, familles et usagers témoignent des insuffisances d’un système à bout de souffle et défaillant dans la prise en charge du malade. 

Ces mêmes acteurs appellent au respect des droits et à la valorisation des expériences innovantes : décloisonner, encourager les synergies et renforcer le lien entre la ville, le milieu hospitalier et le secteur médico-social.

Texte Sandrine Broutin, Directrice Générale de l’Œuvre Falret

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