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France Santé

« La maladie est un voyage très intime et personnel »

29.12.2022
par Léa Stocky

La Ligue nationale contre le cancer organise des dépistages et des actions de prévention afin de permettre aux personnes atteintes d’un cancer de bénéficier d’un traitement adapté et à temps. Dans ces interviews, Emmanuel Ricard, délégué prévention et promotion des dépistages, et Katia Roguin, chargée de la mission « Action pour les personnes malades et les proches » et en rémission d’un cancer, nous expliquent dans cette interview les détails de telles actions et les défis que peuvent rencontrer les personnes malades.

Emmanuel Ricard

Emmanuel Ricard

Emmanuel Ricard, quels sont les principaux facteurs de risques ? 

Les facteurs les plus connus et les plus importants sont le tabac, l’alcool, l’obésité et la pollution. Dans le cas du cancer du col de l’utérus, il s’agit d’un virus, le HPV, contre lequel il existe un vaccin. Il est conseillé de le faire entre 9 et 14 ans pour les filles et les garçons. En effet, il peut être la cause de plusieurs cancers comme le cancer du vagin, de la vulve, de l’anus mais aussi le cancer ORL ou du pénis. Le cancer du sein est aussi favorisé par le manque de sommeil et la perturbation de l’horloge biologique. Enfin, il est important de noter qu’un antécédent personnel de cancer augmente le risque d’en avoir un à nouveau. 

Comment peut-on essayer de prévenir la maladie ? 

Le premier facteur de protection est le sport, à la fois avant que le cancer ne se déclare mais aussi pendant les soins et après. Il est aussi important de garder une stabilité dans le poids et de bien dormir. Pour prévenir le cancer du côlon, il est de plus recommandé d’avoir une alimentation riche en fibres et de proscrire des aliments riches en graisse ou encore la viande rouge et les charcuteries à cause des nitrates et des nitrites. 

Le premier facteur de protection est le sport, à la fois avant que le cancer ne se déclare mais aussi pendant les soins et après.

Quand et où se faire dépister du cancer ?

En ce qui concerne le cancer du sein, la campagne de dépistage est organisée pour les personnes entre 50 et 74 ans. Tous les deux ans, les femmes reçoivent une invitation qu’elles remettent au radiologue. Il est également conseillé d’apprendre les gestes d’autopalpation que chaque femme peut répéter une fois par mois pour vérifier l’apparition ou non d’une boule, d’un écoulement ou d’une déformation. Pour le cancer du col, le dépistage est organisé de 25 à 65 ans. Le dépistage du cancer du côlon est proposé quant à lui de 50 à 74 ans tous les deux ans par l’envoi d’un kit postal. Les autres cancers sont détectés avec leurs symptômes. Une ambiguïté demeure toutefois concernant le cancer de la peau. Il n’y a pas de dépistage à proprement parler mais il faut surveiller sa peau auprès d’un dermatologue. 

 

Katia Roguin

Katia Roguin

Katia Roguin, quand votre maladie a-t-elle été détectée ? 

Ma maladie a été diagnostiquée à l’été 2018 alors que j’étais déjà au stade trois du cancer. Il faut comprendre que le diagnostic met du temps à être posé. J’ai eu la chance d’avoir été accompagnée par une médecin généraliste fantastique qui a été un maillon essentiel dans l’accompagnement que j’ai pu avoir.

Quel a été votre parcours depuis ? 

J’ai commencé par la chimiothérapie d’août à novembre 2018 avant d’être opérée au mois de décembre. J’ai eu 30 séances de radiothérapie pour finaliser le traitement ainsi que des injections pour limiter les risques de propagation du cancer. Le protocole de traitement s’est achevé en octobre 2019 et je suis sous hormonothérapie depuis. 

Comment votre maladie affectait-elle vos journées ? 

Je me suis mise en arrêt tout de suite car mon travail était très prenant. Salariée, j’ai eu la chance de conserver mes revenus, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. On parle souvent de double peine : il y a d’un côté la maladie et de l’autre tous les impacts économiques qu’elle peut avoir sur la vie des personnes malades. Ma planche de salut a été le sport qui m’a permis de continuer à garder un certain contrôle sur mon corps. 

Vous êtes-vous sentie parfois marginalisée ou incomprise ? 

J’ai la chance d’évoluer dans un environnement familial, amical et professionnel qui m’a permis de ne pas cacher le fait que j’étais malade. Il faut comprendre que face à une personne malade, les gens ne savent parfois pas comment réagir et se comporter, mais on a le droit de dire qu’on ne va pas bien et on doit pouvoir le partager sans crainte.

Chacun s’y engage avec ses propres forces et ses propres faiblesses, et on ne part pas tous avec les mêmes armes.

Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui viennent de recevoir un diagnostic ? 

La maladie est un voyage très intime et très personnel. Chacun s’y engage avec ses propres forces et ses propres faiblesses, et on ne part pas tous avec les mêmes armes. Cependant, il faut accepter de lâcher prise, de se remettre entre les mains des professionnels de santé et de faire confiance. 

ligue-cancer.net

Interviews Léa Stocky

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