«le soutien du pays à l'équipe donne beaucoup de force aux joueurs»
Interview Sport Carrière

«Le soutien du pays à l’équipe donne beaucoup de force aux joueurs»

28.04.2022
par Miriam Dibsdale

Pour le gardien de but de l’équipe nationale suisse Yann Sommer, les choses ne pourraient pas aller mieux. Il a été élu footballeur suisse de l’année pour la troisième fois, son club, le Borussia Mönchengladbach, l’a élu joueur de l’année et, en privé, il a accueilli sa deuxième fille avec sa femme. Bien qu’une grande partie de sa vie se déroule à l’étranger, il revient toujours volontiers dans sa patrie, la Suisse. 

Yann Sommer, vous avez déjà vu beaucoup de pays. De quoi vous réjouissez-vous le plus lorsque vous rentrez en Suisse?

J’aime retrouver ma famille et mon cercle d’amis. Je ne retrouve nulle part ailleurs le sentiment d’appartenance que je ressens dans mon pays. Je ne peux pas l’expliquer, mais c’est probablement ce que tout le monde ressent dans le pays où il a passé ses premières années. Quand je viens en Suisse, je constate que je suis de nouveau chez moi et que je me sens parfaitement bien.  

Qu’est-ce qui vous manque le plus lorsque vous êtes à l’étranger?

Il y a plusieurs villes qui me manquent et que j’attends avec impatience de pouvoir m’y rendre à nouveau comme Zurich et Bâle. J’aime m’asseoir le soir au bord du Rhin, comme je le faisais souvent autrefois avec des amis. Je me sens alors aussi bien qu’à l’époque. 

D’un point de vue sportif, 2021 a-t-elle été votre année avec le plus de réussites jusqu’à présent?

J’ai vécu énormément d’émotions positives, surtout avec la Nati. Tout l’Euro a été spécial. Le déroulement du match contre la France, le fait d’atteindre pour la première fois les quarts de finale et l’élimination amère contre l’Espagne ont été très émouvants.

J’essaie de me challenger chaque jour pour améliorer mes compétences et mes performances.

Je pense qu’en termes d’émotions, ce fut certainement l’une des plus belles années de ma carrière. Le fait que nous ayons pu vivre ces moments forts avec toute la Suisse était unique. La joie des supporters a été très communicative, ce que nous avons beaucoup apprécié et ce qui nous a profondément touchés. C’est pourquoi nous sommes convaincus que cette année a été formidable!

Quelle a été votre plus grande défaite?

L’une de mes pires défaites a été contre l’Espagne à l’Euro. C’était rageant, car nous étions à deux doigts de nous qualifier pour les demi-finales. Mais en même temps, nous étions extrêmement heureux d’avoir pu aller si loin dans la compétition. 

Quels autres objectifs sportifs souhaitez-vous atteindre?

C’est une question difficile. Je n’aime pas viser un titre quelconque et je ne me fixe que des objectifs personnels. Je veux m’améliorer dans différents domaines et progresser en tant que gardien de but, même si j’ai déjà 33 ans.

J’essaie de me challenger chaque jour pour améliorer mes compétences et mes performances. C’est mon grand objectif pour les années à venir. En même temps, je veux donner à mon corps les soins nécessaires pour rester en bonne santé, ce qui est très important pour un sportif à mon âge. 

La pression augmente-t-elle avec vos succès?

Je n’associe pas l’équipe nationale à la pression, mais en premier lieu à beaucoup de joie et de pensées positives. C’est pourquoi je suis plutôt détendu. Le soutien du pays à l’équipe donne beaucoup de force aux joueurs. Bien sûr, la pression fait partie du jeu. Mais je suis footballeur depuis quelques années déjà et j’ai eu suffisamment l’occasion d’apprendre à la gérer.

La pression fait partie du jeu, mais elle ne doit jamais être trop forte, quelle que soit la position occupée.

Quelle est selon vous l’influence de la mentalité suisse sur vos succès et votre caractère? 

Je pense que cela dépend beaucoup du caractère. La manière dont on gère la pression n’a pas grand-chose à voir avec la modestie, mais plutôt avec le fait d’avoir un bon équilibre en dehors du terrain. J’ai la chance d’avoir une famille formidable à mes côtés, avec ma femme et mes deux adorables filles. 

Malgré tout, il faut aussi avoir du temps pour les choses que l’on ne fait que pour soi. Il faut pouvoir se déconnecter ou ne rien faire du tout pour permettre à la tête et à l’esprit de se reposer de toute l’agitation qui nous entoure. C’est très important et sous-estimé dans de nombreux domaines, pas seulement dans le football.

Ce n’est que récemment que le directeur sportif de Gladbach, Max Eberl, a annoncé sa démission pour des raisons de santé – les attentes sont-elles trop élevées dans le business du football?

Le fait qu’une personne se sente si mal en raison des attentes au point que cela devienne insupportable ne doit jamais se produire, c’est évident. La pression fait partie du jeu, mais elle ne doit jamais être trop forte, quelle que soit la position occupée. Selon les situations, la vie privée vient s’ajouter à la vie professionnelle et tout ne va pas toujours comme sur des roulettes. Dans ce monde difficile et en constante évolution, il est important de ne jamais se négliger soi-même. En fin de compte, il s’agit toujours du même schéma: tout le monde veut réussir et les clubs veulent gagner de l’argent, c’est le business. Mais la valeur personnelle et le bien-être ne doivent pas être relégués au second plan. Il faut trouver un bon équilibre et pouvoir se déconnecter.

L’année dernière, vous avez accueilli votre deuxième fille, Nayla. Comment votre vie privée a-t-elle changé avec deux enfants? 

C’est magnifique, même si la vie a été complètement chamboulée. Nous en profitons pleinement et nous réjouissons de ce défi. Nous sommes en train de nous habituer en famille à notre nouveau quotidien et nous sommes très fiers de nos deux filles. 

J’espère qu’elles seront aussi assidues que ma femme.

Quelle langue parlez-vous, vous et votre femme, avec vos enfants? 

Nous parlons tous les deux en allemand avec elles. Parfois, je leur parle aussi en suisse allemand ou en français. Mais nous avons décidé qu’elles devaient d’abord bien parler allemand et pouvoir comprendre le suisse allemand.

Quelles sont vos  qualités et celles de votre femme que vous aimeriez transmettre à vos filles? 

J’aimerais qu’elles aient l’affection de ma femme. De moi, ma patience et mon calme dans les situations stressantes. 

J’espère en outre qu’elles seront aussi assidues que ma femme, en particulier lorsqu’il s’agit de l’école ou des études. Je n’ai pas été particulièrement paresseux, mais sur le plan scolaire, je souhaiterais qu’ils suivent plutôt l’exemple de ma femme.

En ce qui concerne vos hobbies, on sait entre autres que vous aimez cuisiner et faire de la musique. De nouveaux hobbies se sont-ils ajoutés depuis la Covid-19?

Non, il est relativement difficile de consacrer beaucoup de temps à ses propres hobbies, surtout avec deux enfants, et je ne cherche pas à en avoir d’autres. J’aime beaucoup lire, faire de la musique, cuisiner de temps en temps ou simplement m’allonger et ne rien faire. Cela aide à désactiver le mode pilote automatique dans lequel on se trouve souvent au quotidien. 

Quel est le dernier livre que vous avez lu?  

Le dernier livre que j’ai lu est celui du sportif néerlandais de l’extrême Wim Hof. On l’appelle aussi «The Ice Man». Il peut supporter le froid extrême et détient notamment le record du plus long bain de glace. Pour cela, il utilise la technique de respiration qu’il a lui-même développée, appelée «méthode Wim Hof», avec laquelle je m’entraîne moi-même depuis longtemps. C’est pourquoi ce livre m’a intéressé.

Cela signifie que vous prenez aussi régulièrement des bains de glace? 

Oui, presque tous les jours. Au stade, nous avons aussi un bain de glace toujours disponible.  

 

Interview Miriam Dibsdale

 

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Yann Sommer en quelques mots:

Mon plat suisse préféré est… les röstis!

J’ai un faible pour… le chocolat.

Dans mon réfrigérateur, il y a toujours… des légumes. Je sais que c’est ennuyeux (rires).

Mon adversaire préféré est… le Bayern-Munich.

Le plus bel endroit de Suisse est… Bâle.

La vie est trop courte pour… se faire trop de soucis.

Après ma carrière de footballeur, je vais… passer énormément de temps avec ma famille.

 

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