d’ingénieure à entrepreneuse : elle repense la géothermie urbaine
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D’ingénieure à entrepreneuse : elle repense la géothermie urbaine

27.05.2026
par Maévane Mas

Enerdrape est une entreprise issue de l’EPFL qui a développé les premiers panneaux géothermiques modulaires au monde. Cette technologie a la capacité de transformer n’importe quel souterrain, du parking au tunnel, en source renouvelable de chauffage et de rafraîchissement pour nos villes et nos bâtiments. Margaux Peltier, cofondatrice et directrice d’Enerdrape, revient sur son parcours et partage comment son leadership aligné a permis à l’entreprise de s’imposer comme pionnière de la géothermie de surface.

Margaux Peltier
Cofondatrice et directrice, Enerdrape

Qu’est-ce qui vous a poussé à sortir ces panneaux géothermiques sur le marché ?

D’un côté, nous travaillions sur une technologie qui fonctionnait et avait fait ses preuves dans le domaine des sciences, mais qui était encore méconnue du marché, d’autre part  je voyais tous ces environnements souterrains autour de nous, complètement inexploités. L’entreprenariat m’est un peu tombé dessus, par impatience et par conviction. Avec mes cofondateurs, on s’est dit que cette technologie pouvait rester en laboratoire encore des années, alors qu’on en avait besoin maintenant. Il fallait accélérer les choses, on n’avait pas le temps d’attendre. Alors nous avons créé Enerdrape. 

Quels sont les freins à la démocratisation de la géothermie de surface ?

Le premier, c’est l’invisibilité : le chauffage et la climatisation, on n’y pense que quand ça ne fonctionne plus. Il y a aussi une confusion fréquente entre énergie et électricité. Quand on parle d’énergie renouvelable, on pense tout de suite à l’électricité, au solaire ou à l’éolien. Pourtant, la géothermie est l’une des rares sources capables de produire à la fois chaleur et électricité. Il y a encore beaucoup d’éducation à faire, mais les panneaux solaires étaient dans la même situation il y a vingt ans et sont aujourd’hui démocratisés. Il doit en être de même pour les panneaux géothermiques. 

Quel rôle les ingénieurs jouent-ils dans la transition écologique ?

Je pense qu’on a un rôle clé à jouer. Je suis ingénieure, mon rêve n’était pas de devenir entrepreneure. Mais je crois vraiment que les scientifiques et les ingénieurs qui ont des solutions et la capacité d’entreprenariat ont la responsabilité de les amener sur le marché. Il y a trop de choses qui restent dans les placards. 

Qu’est-ce qui vous rend la plus fière ?

Je me suis lancée dans l’aventure sans vraiment savoir ce qu’était l’entrepreneuriat. Donc je suis assez fière du chemin parcouru, en tant qu’individu et via la société. On a réussi à se faire un nom dans l’écosystème et à avoir un impact concret. Et puis il y a quelque chose de plus personnel : je suis arrivée jeune, en tant que femme, dans un secteur plutôt masculin. Je me posais des questions quant à ma légitimité. Aujourd’hui, je prends ma place, je me sens au bon endroit avec la bonne mission. Mon leadership s’est affirmé, et j’ai pu construire une belle équipe, alignée, qui avance dans la même direction. Cette cohésion a permis à Enerdrape de devenir la pionnière qu’elle est aujourd’hui.

Plus d’informations sur enerdrape.com

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