
Lazare Eloundou Assomo
Directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
La France est la première destination touristique mondiale, avec plus de 100 millions de visiteurs l’an dernier, ce qui confirme ses efforts tout en appelant à renforcer la préservation et le partage de son patrimoine culturel. Avec 54 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle figure parmi les pays les plus dotés. Grâce à la diversité de ses territoires et à son expertise culturelle, elle a ancré le tourisme dans un équilibre territorial au-delà de la capitale.
Ce maillage valorise un patrimoine matériel et immatériel d’exception. Il associe paysages culturels et naturels, gastronomie, savoir-faire et arts vivants, illustrés par les 26 éléments inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Il inclut les onze villes créatives de l’UNESCO, les événements culturels et les industries créatives, qui dynamisent les lieux et étalent la fréquentation. Au-delà des labels, ces reconnaissances forment un réseau vivant favorisant les bonnes pratiques et la protection du patrimoine.
Le patrimoine se construit chaque jour grâce à une gouvernance qui concilie conservation, accès et vitalité territoriale. Dans les sites très fréquentés, la gestion des flux (créneaux, réservations, circulations contrôlées) protège les espaces sensibles, tandis que les recettes financent leur conservation et leur médiation. Parkings éloignés et navettes permettent de concilier protection écologique et qualité d’accueil. En milieu urbain, la régulation des locations de courte durée et la piétonnisation préservent l’habitabilité et l’identité des villes françaises inscrites au patrimoine mondial.
Un défi demeure : cette attractivité crée de la valeur mais exerce une pression sur les infrastructures, les services et le foncier. Certains sites continuent de concentrer les flux et nécessitent des arbitrages quant aux capacités d’accueil. Il est nécessaire de limiter l’accès à court terme afin d’en garantir la préservation à long terme.
Le patrimoine dépasse les sites et objets remarquables : il porte l’histoire des peuples, crée des millions d’emplois et fonde une identité collective ouverte sur le monde. Le tourisme culturel durable doit concilier préservation, développement et bien-être des communautés.
Texte Lazare Eloundou Assomo, Directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
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