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Un «hiver de déplaisir» au sens shakespearien

01.01.2018
par SMA

«Now is the winter of our discontent», William Shakespeare ouvre son drame historique Richard III avec ce verset souvent cité. Cet «hiver de déplaisir», cependant, ne se réfère pas à une saison hivernale décevante dans un domaine skiable. Cette expression symbolise plutôt la fin d’une période désagréable. Plus précisément la fin du règne de Lancaster pendant la guerre des deux-roses anglaise (1455 à 1485).

Dans le tourisme alpin aussi, on souhaite un «hiver de déplaisir» (bien sûr au sens figuré, shakespearien et pas littéral). Ceci, parce que le tourisme dans les régions de montagne a été en difficulté depuis des années. Néanmoins, avec la digitalisation et la globalisation qui l’accompagne, nous vivons dans une époque qui change plus vite que jamais. L’adaptabilité, la pensée novatrice et le courage sont des caractéristiques élémentaires que tous doivent posséder.

Revitaliser les zones de montagne

Saas-Fee, par exemple, a emprunté de nouvelles voies en lançant son audacieux projet de crowdfunding et en proposant son abonnement annuel à un prix très bas l’année dernière. Si la campagne a été critiquée par d’autres destinations hivernales, le ton est quelque peu différent cette année. Différentes destinations ont suivi l’idée de «penser autrement», chose indispensable pour s’adapter aux conditions changeantes. Elles ont également lancé de nouvelles offres pour la saison hivernale à venir.

Cependant, si nous voulons revitaliser les zones de montagne à long terme et durablement, nous avons besoin de plus. En effet, le client ne s’oriente plus vers l’offre, mais l’offre doit être orientée vers le client. Et le nouveau client vient de la «Génération Y» et est un «Digital Native». Ce qui signifie qu’il a grandi avec l’Internet et la communication mobile et peut à peine vivre sans eux.

La génération Y et ses besoins

L’individualisme et la réalisation de soi sont en tête de liste de la «génération Y». Ainsi, les vacances au sens classique du terme perdent de l’importance et sont de plus en plus remplacées par les voyages. Pour la majorité des «Digital Natives», ce n’est pas une option de rester au même endroit et de se reposer.

Comment est-il possible de poster le plus d’images différentes possible sur Instagram et de valoriser ainsi son ego virtuel? Pour satisfaire une clientèle si exigeante et éphémère, il faut des innovations et des pionniers courageux pour ouvrir une nouvelle ère avec des idées originales.

Des idées novatrices, une nécessité

Mais les besoins des clients ne sont pas la seule chose à laquelle le tourisme doit s’adapter. Le tourisme alpin génère une grande partie de son chiffre d’affaires en hiver. Mais si le tourisme d’hiver doit prospérer, il a besoin de la neige et à l’avenir, la neige diminuera en raison du réchauffement climatique.

Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement que le tourisme d’hiver est en voie d’extinction. Au contraire, cela signifie que des idées novatrices et une bonne dose de courage peuvent transformer une destination hivernale en une destination pour toute l’année. Cela permet non seulement d’assurer la commercialisation et la compétitivité d’une destination, mais aussi de contrecarrer un «overtourism» probable qui pourrait se développer.

Des expériences personnalisées

Dans l’esprit de la digitalisation, on peut approcher les clients avec des offres d’expérience personnalisées – ou «customised» comme on dit aujourd’hui – et de nouveaux modèles de prix, tels que le «dynamic pricing», et contrôler les flux touristiques. Les Alpes sont – même si elles suggèrent le contraire – une jeune chaîne de montagnes. Ils continuent de grandir et fascineront de nombreuses générations par leur beauté stupéfiante. C’est à nous de préserver la splendeur de cette majestueuse chaîne de montagnes et de la rendre accessible aux générations futures d’une manière durable, excitante et originale.

Je souhaite à l’industrie du tourisme ainsi qu’aux visiteurs que l’hiver à venir soit un «hiver de déplaisir» au sens shakespearien du terme!

Texte Barbara Gisi, Directrice de la fédération suisse du tourisme. 

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