ayurveda l'ayurveda - la «mère de tous les arts de la guérison»
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L’Ayurveda – la «mère de tous les arts de la guérison»

26.01.2022
par SMA

Le terme sanskrit «Ayurveda» peut se traduire par «la connaissance de la longue vie». Le naturopathe et auteur Alexander Pollozek donne un aperçu de ce qui est probablement la plus ancienne médecine populaire du monde.

Alexander Pollozek

Alexander Pollozek, qu’est-ce que l’Ayurveda?

L’Ayurveda est une philosophie de vie vieille de plus de 5000 ans. Au fil des générations, on a découvert que l’Ayurveda donnait toujours les mêmes résultats partout dans le monde, indépendamment du climat, de l’origine, de la culture, de la religion et du mode de vie. Outre la guérison des maladies, cette médecine empirique vise avant tout à préserver la santé et à prévenir les maladies.

L’Ayurveda part toujours de l’individu – le microcosme qu’est l’être humain – et regarde comment on peut l’équilibrer au sens macrocosmique. Des facteurs internes comme les traits de personnalité, les habitudes de sommeil, la digestion, le comportement alimentaire, l’histoire de la maladie, mais aussi des influences externes comme l’environnement, la profession et les relations sont pris en compte. L’Ayurveda se divise en trois parties. Il y a tout d’abord la médecine rationnelle centrée sur le corps (Yuktivyapashraya). Souvent, un déséquilibre physique est toutefois lié à un déséquilibre psychique. On en recherche les causes à l’aide de la psychologie ayurvédique (Satvavajaya), mais on utilise souvent des méthodes de guérison axées sur le corps comme thérapie. Enfin, il y a la médecine spirituelle (Devavyapashraya), qui a beaucoup à voir avec les rituels religieux, les pèlerinages, les consultations astrologiques et les processus de résolution de problèmes psychiques.

Quelle est la première étape de la médecine ayurvédique?

Une discussion et un diagnostic du pouls permettent de déterminer le rapport entre les trois principes énergétiques (doshas) – vata, pitta et kapha – qui constituent l’individu. Cela donne des indications sur ce qui est bon pour la santé de la personne et donc sur la manière dont l’équilibre entre les trois forces peut être rétabli.

L’alimentation joue-t-elle un rôle décisif dans l’Ayurveda?

Il n’y a pas de maladie que l’on puisse maîtriser sans tenir compte de l’alimentation. Rien qu’en modifiant son comportement alimentaire, on peut influencer favorablement n’importe quel trouble. Si l’on actionne le levier au bon endroit, la nourriture devient un médicament. Chaque aliment a des qualités spécifiques, il augmente ou équilibre vata, pitta ou kapha. Les six saveurs ont également un effet thérapeutique. Il convient de déterminer quels aliments nous font du bien et de cuisiner en conséquence pour soi-même afin d’équilibrer son métabolisme..

Le programme de nettoyage «Pancha Karma» est un élément central de l’Ayurveda. Quelles sont les techniques utilisées?

Il existe cinq techniques d’élimination. La première est le vomissement thérapeutique (Vamana), qui permet d’évacuer les mucosités superflues (Kapha) de la partie supérieure de la poitrine. En principe, le mucus est un facteur de protection. Cependant, une trop grande quantité peut entraîner des adhérences, une obstruction des vaisseaux lymphatiques, des voies respiratoires et des sinus ainsi que de la gorge. L’Ayurveda agit ici de manière préventive. La thérapie par laxatifs (virechana) permet d’éliminer les acides excédentaires de l’appareil digestif supérieur. La thérapie par lavement (Basti Karma) consiste à administrer certaines décoctions d’herbes par voie rectale afin d’éliminer les toxines du rectum, mais aussi de reminéraliser le corps. La thérapie intranasale (Nasya Karma) utilise des huiles, des poudres, des jus de plantes et des herbes spéciales pour éliminer les mucosités toxiques des sinus. Cette technique agit en outre sur le système végétatif et peut aider à traiter de nombreuses maladies neurologiques. La dernière technique d’élimination est la saignée (rakta moksha), qui libère le système veineux du sang de mauvaise qualité, soit par scarification de la peau, soit par l’application de sangsues.

Une cure ayurvédique a pour but de rétablir l’équilibre individuel des doshas. Quelles sont les étapes de ce processus?

Un traitement se compose d’une pré-cure, d’une cure principale et d’une post-cure. La pré-cure sert à se détendre. Grâce à des huiles, les substances nocives sont dirigées vers le tractus gastro-intestinal. Une fois arrivées à cet endroit, elles sont éliminées lors de la cure principale par un ou plusieurs procédés d’élimination. La post-cure assure la stabilisation ainsi que la régénération des tissus grâce à un repos important et une alimentation reconstituante, préparant ainsi le retour à la vie quotidienne.

De nombreuses personnes se rendent en Asie pour suivre des cures ayurvédiques. Pourquoi préconisez-vous de les effectuer en Suisse?

Le voyage est déjà un choc pour le corps. Le décalage horaire et les changements de températures parfois extrêmes perturbent le système, le rythme du sommeil et la digestion. Cependant, pour une cure, le corps doit être complètement détendu. Les personnes qui suivent régulièrement une cure dans notre pays réussissent à se relaxer beaucoup plus rapidement et peuvent directement commencer les traitements. De plus, la transition vers la vie quotidienne se fait en douceur et le contact avec le curiste est maintenu même après la cure. Ce dernier point fait défaut lors d’une cure à l’étranger. La communication avec les accompagnateurs est également difficile en raison des langues différentes. La prise en charge psychothérapeutique s’ajoute à une cure globale: la composante psychique est très importante en Suisse, mais on n’y accorde guère d’importance à l’étranger. De plus, en Asie, on ne travaille pas partout de manière stérile, ce qui représente un risque pour la santé, surtout en ce qui concerne les lavements, qui sont importants.

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