« bouger, c’est vivre » : ne pas accepter la douleur comme une fatalité
© JohannSauty
Articles sponsorisés Santé Sport

« Bouger, c’est vivre » : ne pas accepter la douleur comme une fatalité

19.08.2026
par Marc-Antoine Guet

Spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie du système moteur à Genève, au sein de la Villa Fleurie, sur le campus Hirslanden de la Clinique La Colline, le Dr Placido Bartolone accompagne des patients dont les douleurs articulaires finissent par limiter la mobilité, le sport ou les gestes du quotidien. Dans cette interview, il rappelle qu’une douleur persistante ne doit pas être banalisée et qu’il existe aujourd’hui plusieurs pistes pour retarder l’opération ou retrouver une vie que l’on croyait devoir abandonner.

Nous vivons plus longtemps, restons actifs plus tard et voulons profiter pleinement de notre temps libre. Randonnée, ski, golf, vélo, voyages ou simples promenades en famille : la mobilité est devenue un élément essentiel de notre qualité de vie. Pourtant, de nombreuses personnes réduisent progressivement leurs activités à cause de douleurs qu’elles considèrent comme une conséquence normale de l’âge. Pour le Dr Placido Bartolone, chirurgien orthopédiste à Genève, cette résignation n’est pas une fatalité.

Docteur Bartolone, beaucoup de personnes apprennent à vivre avec leur douleur. Est-ce une erreur ?

Je rencontre régulièrement des patients qui ont progressivement modifié leur quotidien. Ils marchent moins, renoncent à certaines activités ou évitent certains mouvements. Avec le temps, ils finissent par considérer ces limitations comme normales. Or, la douleur est un signal. Elle mérite d’être comprise. Dans de nombreux cas, il existe des solutions qui permettent de préserver la mobilité et la qualité de vie.

Pourquoi la mobilité est-elle si importante ?

Parce qu’elle conditionne notre indépendance. Pouvoir voyager, pratiquer un sport, jouer avec ses enfants ou ses petits-enfants, profiter de ses loisirs ou simplement se déplacer librement participe directement au bien-être. Lorsque la douleur s’installe, ce n’est pas seulement une articulation qui souffre. Cela peut aussi affecter le sommeil, la confiance en soi, les activités sociales et parfois même l’équilibre psychologique.

Votre spécialité est la chirurgie orthopédique et la traumatologie du système moteur. Concrètement, quels patients accompagnez-vous ?

Je m’occupe principalement de la hanche, mais ce que je constate surtout, c’est que les patients consultent rarement pour une simple douleur. Ils viennent parce que cette dernière commence à les empêcher de vivre comme ils le souhaitent. Chez les personnes actives, nous voyons fréquemment des douleurs liées à l’usure articulaire, à certains conflits anatomiques de la hanche, à des lésions du cartilage ou encore à des tendinopathies. Ces problèmes peuvent toucher aussi bien un sportif de 30 ans qu’une personne de 70 ans qui souhaite continuer à marcher, voyager ou jouer au golf.

Les patients souhaitent-ils rester actifs plus longtemps qu’auparavant ?

Très clairement. Aujourd’hui, les personnes de 60 ou 70 ans ont souvent un niveau d’activité qui aurait été exceptionnel il y a quelques décennies. Elles souhaitent continuer à pratiquer leurs loisirs, voyager, faire du sport et conserver leur autonomie le plus longtemps possible. C’est une évolution extrêmement positive et la médecine moderne doit accompagner cette aspiration.

Pouvez-vous donner un exemple concret d’une douleur articulaire qui finit par restreindre fortement la vie quotidienne ?

Je pense à un patient passionné de randonnée qui avait progressivement réduit ses sorties en montagne. Au début, il supprimait simplement les parcours les plus difficiles. Puis il a commencé à éviter certaines vacances, avant de renoncer à des activités qu’il pratiquait depuis des années. Ce qui est frappant, c’est que la limitation arrive souvent de manière progressive. Les patients s’adaptent tellement à leur douleur qu’ils ne réalisent parfois plus tout ce qu’ils ont abandonné en chemin.

À partir de quand faut-il consulter ?

Lorsqu’une douleur persiste, limite certaines activités ou oblige à modifier son mode de vie, il est utile de demander un avis spécialisé. L’objectif n’est pas forcément de proposer une opération, bien au contraire. La première étape consiste toujours à comprendre l’origine du problème et à évaluer les différentes possibilités de traitement.

Comment se déroule le premier bilan lorsqu’un patient vient consulter ?

La première étape consiste à comprendre la personne avant même de regarder les images radiologiques. Je cherche à savoir ce qui lui fait mal, mais surtout ce que cette douleur l’empêche de faire. Est-ce qu’elle ne peut plus marcher longtemps ? Faire du sport ? Voyager ? Dormir correctement ? Ensuite, l’examen clinique et les examens complémentaires nous permettent de comprendre l’origine du problème. Une radiographie montre une articulation, mais elle ne raconte jamais toute l’histoire.

On associe souvent la chirurgie orthopédique à la pose de prothèses. Est-ce toujours le cas ?

Non. L’une des grandes évolutions de ces dernières années est justement la volonté de préserver l’articulation lorsqu’elle peut encore l’être. Nous disposons aujourd’hui de nombreuses options permettant parfois d’intervenir avant que les lésions ne deviennent irréversibles.

L’important n’est pas forcément de pratiquer le même sport toute sa vie, mais de conserver toute sa vie le plaisir d’être actif.– Dr Placido Bartolone

Quels sont les cas où votre rôle consiste justement à éviter ou retarder une opération ?

Ils sont plus fréquents qu’on ne l’imagine. Contrairement à certaines idées reçues, notre objectif n’est pas d’opérer à tout prix. Lorsque cela est possible, nous privilégions les traitements conservateurs : physiothérapie, renforcement musculaire ciblé, modification de certains gestes ou parfois infiltrations. Une intervention n’est envisagée que lorsqu’elle apporte une réelle valeur ajoutée au patient et à son projet de vie.

Quelle place accordez-vous à la physiothérapie et au renforcement musculaire ?

Une place essentielle. La chirurgie n’est qu’un outil parmi d’autres. Dans de nombreuses situations, une prise en charge bien conduite par des physiothérapeutes spécialisés permet d’améliorer significativement les symptômes. Le mouvement reste souvent l’un des meilleurs traitements. L’enjeu est de trouver le bon dosage et les exercices adaptés à chaque patient.

Vous faites notamment référence à l’arthroscopie ?

L’arthroscopie est une technique mini-invasive réalisée à l’aide d’une caméra et d’instruments de très petite taille. Dans certaines situations, elle permet de traiter des anomalies anatomiques ou des lésions responsables de douleurs et de limitations fonctionnelles. L’objectif est de préserver l’articulation et de permettre au patient de conserver une vie active pendant de nombreuses années.

Que faire lorsque l’articulation est déjà très abîmée ?

Lorsque la qualité de vie est réellement affectée par une usure avancée, la prothèse de hanche reste l’une des interventions les plus performantes de la médecine moderne. Les progrès réalisés ces dernières décennies ont été considérables. Les implants sont plus fiables, les techniques chirurgicales moins invasives et la récupération souvent plus rapide qu’on ne l’imagine.

Pourtant, beaucoup de patients appréhendent encore cette intervention.

Souvent parce qu’ils ont en tête l’image des prothèses d’il y a 20 ou 30 ans. Aujourd’hui, les attentes des patients ont changé. Ils ne souhaitent pas seulement marcher sans douleur. Ils veulent continuer à voyager, faire du sport, courir ou simplement rester actifs. La chirurgie moderne s’est adaptée à cette évolution.

Existe-t-il des alternatives pour les patients plus jeunes et très actifs ?

Dans certaines situations bien particulières, le resurfaçage de hanche peut représenter une option intéressante. Cette technique permet de conserver davantage d’os qu’une prothèse conventionnelle et peut répondre aux attentes de certains patients soigneusement sélectionnés qui souhaitent maintenir un niveau d’activité élevé. Il ne s’agit pas d’une solution universelle, mais elle illustre parfaitement l’évolution actuelle de la chirurgie : proposer un traitement adapté au mode de vie du patient.

Après une intervention, qu’est-ce qui conditionne le retour à une activité physique ?

La qualité de l’intervention est importante, bien sûr, mais elle ne fait pas tout. La motivation du patient, sa participation active à la rééducation, sa condition physique de départ et sa régularité dans les exercices jouent un rôle majeur. Les meilleurs résultats sont souvent obtenus lorsque le patient devient véritablement acteur de sa récupération.

Y a-t-il des activités physiques que vous recommandez particulièrement ?

De manière générale, toutes les activités qui entretiennent la mobilité, la force musculaire et l’endurance sont bénéfiques. La marche, le vélo, la natation ou certaines formes de renforcement musculaire sont souvent d’excellents choix. Mais il n’existe pas de sport universel. L’activité idéale est avant tout celle que le patient apprécie suffisamment pour la pratiquer durablement.

Dans quels cas faut-il accepter de modifier sa pratique sportive ?

L’objectif n’est pas toujours de revenir exactement à ce que l’on faisait 20 ans auparavant. Parfois, une articulation a subi une usure ou une blessure qui impose certaines adaptations. Cela ne signifie pas renoncer à être actif, mais trouver une manière différente de continuer à bouger. Je dis souvent à mes patients que l’important n’est pas forcément de pratiquer le même sport toute sa vie, mais de conserver toute sa vie le plaisir d’être actif.

Au-delà de la chirurgie, votre approche semble accorder une place importante au suivi.

Absolument. La médecine moderne ne se limite plus à réaliser une intervention. Nous suivons aujourd’hui nos patients à l’aide d’outils d’évaluation validés scientifiquement qui permettent de mesurer de façon objective la douleur, la fonction, la mobilité et la qualité de vie. Cela nous permet de mieux comprendre les résultats obtenus et surtout de savoir comment le patient vit réellement son évolution.

Cela signifie que tous les patients suivent le même parcours ?

Pas du tout. Les données scientifiques nous apportent un cadre rigoureux, mais chaque personne reste unique. Deux patients présentant exactement la même radiographie peuvent avoir des attentes complètement différentes. L’un souhaite simplement pouvoir marcher sans douleur, tandis que l’autre veut reprendre le sport. Notre rôle est d’intégrer ces objectifs dans la prise en charge et de construire un projet thérapeutique véritablement personnalisé.

Comment définiriez-vous votre philosophie médicale ?

Nous traitons des personnes qui ont des projets de vie, pas simplement des articulations qui présentent une anomalie sur une radiographie. La science nous guide, mais c’est le patient qui définit la destination.

Et votre définition du succès ?

Ce n’est pas uniquement une radiographie réussie ou une intervention techniquement parfaite. Le véritable succès, c’est lorsqu’un patient retrouve une vie qu’il avait progressivement abandonnée.

Un dernier message pour les lecteurs ?

Ils doivent écouter leur corps, mais ne pas renoncer trop vite à ce qui leur fait plaisir. La douleur est un signal, pas une condamnation. Aujourd’hui, nous disposons de nombreuses solutions pour préserver la mobilité, l’autonomie et la qualité de vie. L’essentiel est de trouver celle qui correspond le mieux à chaque personne

Plus d’informations sur

secretariat@docteurbartolone.ch
+41 22 702 25 85
centrehanchegenou.ch

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article Précédent
Article Suivant