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Lifestyle Diversité 50+

Les influenceur.ses de plus de 50 ans à la conquête des médias sociaux

26.01.2022
par Fatima Di Pane

Un groupe fait de plus en plus parler de lui sur les médias sociaux: celui des influenceurs.ses de plus de 50 ans.

Lorsque l’on évoque le terme «influenceur.se», on pense spontanément à de jeunes personnes qui se prélassent en tenue légère sur les plages du monde entier, qui font la promotion de produits douteux et parlent beaucoup d’elles-mêmes. Ces représentations ont un point commun: elles sont remplies de jeunes. Mais cette image n’est plus forcément vraie. En effet, de plus en plus de personnes de plus de 50 ans publient sur les réseaux. L’exemple le plus célèbre est sans doute celui de l’Américaine Baddie Winkle, qui annonce fièrement dans sa bio Instagram qu’elle nous vole nos hommes depuis 1928 déjà.

Dame de style

Dans les pays germanophones aussi, les influenceurs.euses de plus de 50 ans gagnent en audience. La blogueuse de mode Annette Höldrich, 58 ans, est présente depuis maintenant huit ans sur Instagram sous le nom de @theladyofstyle ainsi que sur son blog «Lady of Style». «Je faisais alors partie de la première poignée de blogueuses de 50 ans et plus en Allemagne», raconte Annette Höldrich. «Instagram et le terme d’influenceur.se étaient complètement inconnus et n’ont suivi que quelques années plus tard. D’ailleurs, je ne l’utilise toujours pas». Dès le début, Annette a reçu des encouragements positifs et d’excellents retours de femmes qui pouvaient s’identifier à elle.

Obtenir de plus en plus de visibilité

Sur les réseaux sociaux, on pourrait vite oublier que les personnes de plus de 50 ans existent. Même les marques de mode, dont le groupe cible est plus âgé, font souvent appel à de jeunes mannequins. De la même manière, les produits anti-âge sont souvent promus par des visages très jeunes. Annette Höldrich indique: «Je travaille intensément avec mes collègues blogueuses pour changer enfin cette image de beauté démodée! Quelle femme de mon âge peut et veut s’identifier à une jeune femme mince de 20 ans? Il doit y avoir de la place pour tous les types de femmes – comme dans notre société!»

Vieillir, un privilège

Nous vieillissons tous, c’est pourquoi vieillir peut être considéré comme un privilège. Et pourtant, le fait de vieillir est presque un sujet tabou. Annette Höldrich aborde son âge avec franchise: «Assumer mon âge ne signifie pas que je trouve tout génial: mes joues se relâchent, mon cou se ride, j’ai besoin de plus de sommeil et je ne saute pas forcément du lit le matin avec énergie», explique la Bavaroise. «Mais en parler, échanger ouvertement avec d’autres femmes, c’est ce qui m’aide le plus!» La blogueuse mode estime qu’aujourd’hui, on est plus tolérant en ce qui concerne les styles de chacun.e et les tailles de vêtements.

Des icônes du style dans chaque tranche d’âge

Les personnalités de plus de 50 ans sur les réseaux sociaux sont aussi variées que dans n’importe quel autre groupe d’âge. Des conseils de maquillage aux accros du fitness en passant par les icônes du style, toutes les catégories d’influenceurs.ses sont représentées. Annette Höldrich s’est spécialisée pour sa part dans la mode: «Mon style est classique et élégant, mais j’aime bien mélanger les styles», dit-elle avec assurance. La femme de plus de 50 ans est souvent négligée dans le milieu de la mode et les dernières tendances visent les jeunes. Les influenceuses comme Annette Höldrich comblent ce créneau.

Être des modèles même pour les plus jeunes

L’expérience de la vie ne s’achète pas mais s’acquiert avec du temps et du courage. C’est précisément ce que les femmes plus âgées ont en commun avec les jeunes générations. Ainsi, les influenceurs.ses de plus de 50 ans peuvent non seulement être des figures d’identification pour les femmes de leur âge, mais aussi des modèles pour les plus jeunes. Une femme comme Baddie Winkle montre qu’à 93 ans, on peut encore porter des minirobes rose fluo. Lyn Slater du blog «Accidental Icon» donne l’image d’une femme pleine de joie de vivre, de connaissances et de curiosité. En outre, son style est difficilement égalable. «Mes lectrices apprécient mon rayonnement naturel et ma crédibilité en tant que femme indépendante, au cœur de la vie», raconte Annette Höldrich. «Mon activité de longue date dans une fonction représentative à l’international au sein de l’OTAN a certainement contribué de manière décisive à ma confiance en moi».

Célébrer le vieillissement

Il est temps d’accepter le vieillissement et d’apprendre à l’apprécier. Certains changements y sont liés et personne ne le nie. «Moi aussi, j’essaie bien sûr de tirer le meilleur parti de moi-même, je prends soin de moi avec des crèmes de qualité et je me teins encore les cheveux, mais des lèvres injectées et des joues trop rebondies chez une femme de mon âge nous font malheureusement souvent paraître plutôt ridicules et peu naturelles», confie Annette Höldrich. S’efforcer de lutter contre les signes du temps est épuisant et parfois tout simplement inefficace. L’expression anti-âge est encore utilisée dans le secteur de la beauté, mais à quoi bon s’acharner à lutter contre le vieillissement? «Cela revient à mettre le vieillissement de côté», dit Annette Höldrich.

Les différentes phases de la vie apportent un type de beauté différent. Plutôt que de s’accrocher à l’une d’entre elles, il est plus judicieux d’embrasser celle que l’on vient de gagner. La visibilité accrue des femmes de plus de 50 ans sur les médias sociaux peut simplifier cela et contribuer à trouver et à reconnaître sa propre beauté.

Texte Fatima Di Pane

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