Lifestyle Santé

Les dangers des cigarettes électroniques

28.02.2020
par Andrea Tarantini

Depuis leur apparition dans les années 2000, les cigarettes électroniques se sont largement répandues. Ces systèmes consistent en l’inhalation de vapeurs crées par le chauffage d’un liquide et ne contiennent pas les molécules toxiques relatives à la combustion. Ils représentent donc une alternative aux cigarettes traditionnelles. Mais qu’en est-il de leur nocivité ?

En Juillet 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est longuement prononcée sur le sujet. Dans son rapport elle souligne que les SEAN (systèmes électroniques d’administration de nicotine) «sont indubitablement nocifs et doivent être soumis à régulation». Les vaporettes sembleraient moins nocives que les cigarettes mais non pas moins risquées pour la santé. Souvent les liquides contiennent tout de même de la nicotine. De plus, une récente étude a prouvé qu’ils présentent des niveaux élevés de molécules liées à la mort des cellules endothéliales qui contiennent le sang dans les vaisseaux sanguins. Ces effets ressemblent à «ceux qui sont observés durant le développement d’une maladie cardio-vasculaire». Les additifs dans ces liquides sont donc potentiellement dangereux pour les poumons et les substances s’avèrent toxiques.

Un moyen pour arrêter de fumer ? 

Certaines études démontrent son efficacité dans le cas de fumeurs voulant arrêter de fumer. En revanche, l’OMS soutient que la e-cigarette «ne devrait pas être promue comme moyen d’arrêter de fumer tant que les preuves suffisantes ne sont pas réunies». De plus, la plupart des fumeurs n’arrêtent jamais totalement la cigarette, ils alternent plutôt avec les électroniques.

Chez les jeunes, on doit être sans ambiguïté par rapport au risque de devenir dépendant à cette substance addictogène qu’est la nicotine. – Prof. Jacques Cornuz, directeur de l’Unisanté à Lausanne

Les effets sur les jeunes

Ces dispositifs sont également vicieux puisqu’ils attraient toujours davantage de jeunes. En Suisse, dans la tranche d’âge entre 11 et 15 ans, deux jeunes cinq ont déjà utilisé les vaporettes. C’est notamment par leur ressemblance à d’autres dispositifs comme les clés USB, par leur design à la mode, qu’ils séduisent les jeunes. De plus, le large panel de liquides disponibles et la publicité, sur différents réseaux sociaux par exemple, sont sources d’attraction. L’OMS critique cette commercialisation exagérée et agressive qui doit être régulée. Le danger pour les jeunes est élevé. Ils peuvent facilement devenir dépendants à la cigarette électronique, voire se pencher, plus tard, vers la cigarette traditionnelle. Ainsi, le professeur Jacques Cornuz explique que, dans ce cas, «on doit être sans ambigüité par rapport au risque de devenir dépendant à cette substance addictogène qu’est la nicotine».

Mesures de précaution

Après le Valais et Bâle-Campagne, le Canton de Genève a compris ces problèmes. Il restreint alors la publicité de ces produits et interdit le vapotage dans les établissements publics. En effet, en Suisse, les e-cigarettes sont disponibles sans restriction d’âge. Le Grand Conseil a donc récemment voté un projet de loi qui en interdit la vente aux mineurs. L’OMS estime qu’il faut réguler la commercialisation agressive et décourager l’utilisation de ces dispositifs en instaurant plusieurs stratégies comme des contrôles de la consommation et des politiques de prévention, des aides pour cesser de fumer et des mises en garde contre les dangers du tabac.

Texte Andrea Tarantini

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