Interview par Léa Stocky

Pat Burgener, la liberté sur les pistes et en musique

Le snowboardeur et musicien suisse nous parle de ses deux passions et de ce qui les lie : la liberté et le voyage.

Positif et déterminé, Pat Burgener a fait de la liberté sa ligne de conduite. Cet hyperactif cumule aujourd’hui deux carrières : le snowboard et la musique. Que ce soit sur la neige ou avec sa guitare, il aime repousser les frontières, qu’elles soient géographiques par le voyage, mentales par les challenges qu’il se donne mais aussi professionnelles grâce à de belles nouvelles collaborations musicales. Il nous raconte dans cette interview sa soif de découvertes et de nouveaux défis.

Pat Burgener, comment avez-vous commencé le snowboard ?

Ma famille a un chalet à Crans Montana. Depuis tout petit, nous montions tous les week-ends pour aller sur les pistes. Dès mes cinq ans, j’avais trouvé ma passion. J’ai toujours été très rebelle. J’avais cet instinct en moi qui me disait de faire ce que les autres ne faisaient pas. Je voulais être différent en essayant tout ce qui paraissait impossible. La Suisse n’est pas vraiment connue comme un pays de grands sportifs, et cela m’a encouragé à vouloir cette carrière.

Pat Burgener

Bild: © Wabs

Aujourd’hui, je suis encore à fond dans ma carrière sportive. Je souhaite participer aux prochains Jeux olympiques de Milan Cortina et aux Championnats du monde à Saint-Moritz, deux échéances très importantes. Aujourd’hui, mon objectif est de réussir à tenir mes deux carrières, ce qui a aussi rarement été fait auparavant. Une carrière sportive n’est pas facile, tout comme la musique. J’ai envie de prouver le contraire.

Quelle sensation vous procure ce sport ?

Le plaisir et ce sentiment de liberté. C’est la raison pour laquelle j’aime aussi le surf et le skate : il s’agit de sports où l’on peut être seul dans notre monde et s’échapper de la réalité. Quand j’étais jeune, je n’aimais pas l’école. Le snowboard me permettait de m’évader.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière jusqu’à présent ?

Je pense qu’il s’agit des Jeux olympiques de 2018 à PyeongChang lorsque j’ai fini à la cinquième place. Je venais de très loin car j’avais eu de nombreuses blessures quatre ans auparavant. Entre temps, j’avais également commencé ma carrière musicale et changé de discipline sportive en 2014, me consacrant pleinement au kite. Beaucoup de personnes me disaient que je n’arriverai pas à remonter au haut niveau. Toutefois, tout s’est bien passé. C’était un événement incroyable et inspirant, que j’ai pu vivre en présence de ma famille.

En quoi consiste votre entraînement ?

J’essaie d’aller à la gym tous les jours. J’ai une grosse tournée musicale qui va s’accélérer, pour laquelle je joue cinq à six fois par semaine pendant tout l’été et qui va m’amener à beaucoup voyager en Europe. Le challenge sera de réussir à m’entraîner en tournée, ce qui sera une première pour moi. Cependant, je m’en réjouis beaucoup car c’est la première fois que j’ai l’opportunité de jouer autant.

Pouvez-vous nous parler de vos débuts dans la musique ?

Mes parents nous ont toujours poussé, mes frères et moi, à pratiquer un instrument. Dès l’âge de quatre ou cinq ans, je me suis mis à la guitare. Depuis, je n’ai pas arrêté, à part pendant deux ans quand j’ai commencé le sport. Si j’ai d’abord considéré la musique comme quelque chose de très studieux ou scolaire, j’ai changé d’avis quand j’ai réalisé son pouvoir. Je suis arrivée dans l’équipe de sport suisse et je ne parlais pas allemand. La musique était donc pour moi un moyen de communiquer.

D’où vous vient l’inspiration pour vos musiques ?

La musique, ce sont les voyages et les expériences de vie, que ce soit pendant les hauts ou les bas. Les moments difficiles sont ceux lors desquels on apprend le plus. Voyager m’a sauvé la vie. Dès l’âge de cinq ans, je sentais que je n’allais pas rester à un endroit et vivre une vie normale. Grâce au snowboard, j’ai commencé à voyager et j’ai adoré cela. Je veux découvrir de nouveaux endroits et voyager au maximum, sans lieu fixe.

Vos chansons parlent de profiter de l’instant présent, quels sont les thèmes qui vous tiennent à cœur ?

Le sport est très dur mentalement et moralement en raison de la pression qu’on se met et des nombreuses attentes qu’ont les gens autour de soi. Le seul moyen d’être performant est d’être ultra centré. J’ai beaucoup souffert de cela, j’ai dû apprendre à être humble et connecté avec moi-même dans le moment présent. Dans les moments difficiles, il faut savoir revenir à la source. Je lis beaucoup de livres sur ces sujets et j’en parle dans mes musiques car cela me touche énormément.

Vous prévoyez de sortir un projet collaboratif à l’automne 2024. Est-ce important pour vous de collaborer avec d’autres artistes et comment choisissez-vous ces collaborations ?

Cela se fait tout seul. Tout arrive pour une raison, souvent sans planifier. J’ai rencontré par hasard plusieurs artistes dont je suis fan depuis longtemps. La première chose que je leur ai demandée est s’ils voulaient écrire une musique avec moi. Je ne m’y attendais pas, mais ils ont tous été d’accord. Ensemble, nous avons créé de supers musiques qui fonctionnent très bien. Ces collaborations me permettent de toucher un public international. Avec mon frère, nous travaillons comme des fous car ce projet nous tient à cœur. Cela nous prouve aussi que nous avons notre place dans la musique et nous permet de passer de supers moments avec des gars vraiment cools. C’est assez hallucinant.

Vous travaillez aussi avec vos frères, est-ce facile de travailler en famille ?

Ce n’est pas toujours facile. Avoir la possibilité de travailler avec eux est la meilleure chose au monde, mais cela nécessite beaucoup de travail sur soi-même. Ils m’aident à gérer ma carrière, au suivi des enregistrements et à la production. Nous nous connaissons par cœur et arrivons donc à être très productifs. Des gens nous contactent aujourd’hui pour de l’aide sur des morceaux.

La musique, ce sont les voyages et les expériences de vie, que ce soit pendant les hauts ou les bas. Les moments difficiles sont ceux lors desquels on apprend le plus.

Vos deux passions, le sport et la musique, ont-elles des points communs ?

Tellement ! Je dirais la créativité, mais aussi le voyage car ces deux passions me permettent de voyager. Et puis également le show… Je suis né showman ! À cinq ans, je faisais de la guitare dans une chambre avec mon frère qui tenait la lampe. Nous nous imaginions déjà être sur les grandes scènes ! La musique est dans la continuité de ma carrière de snowboard, j’ai ça dans le sang.

Comment passez-vous habituellement vos étés ?

J’habite dans un van et je voyage en Europe. Pour la première fois cette année, je serai dans un tour bus pendant un mois dans le cadre de ma tournée. J’ai vraiment envie d’exporter ma musique en Europe et de construire cette nouvelle communauté, car ma musique marche bien à l’étranger. En Suisse, je jouerai cette année au Paléo festival. Ce sera un sacré été, mais j’aime cette liberté.

Quelle est votre destination estivale préférée ?

J’aime aller à Biarritz. J’adore le Sud-Ouest de la France, c’est tellement beau ! Il y a le soleil, le surf. Malheureusement, je n’aurai pas beaucoup le temps d’en profiter cette année, même si j’ai deux concerts dans la région.

Quel est votre meilleur souvenir de vacances d’été ?

La première fois que j’ai surfé ! Quand j’avais 14 ans, nous sommes partis avec ma famille à Hossegor et c’est à ce moment-là que j’ai commencé le surf avec mes frères.

Quels sont vos futurs projets ?

Le gros événement de cette année reste ma tournée en Europe. Je n’arrive pas à réaliser ! Avec mon frère, nous avons aussi lancé notre marque de vêtement, en lien avec le label.

Smart
fact

Pat Burgener en quelques mots :

Votre chanson d’été préférée ?
California de Sons of the East

Votre chanson pour vous motiver au sport ?
B.Y.E de Mac Amish et Oddbox

Votre plat d’été favori ?
La pizza

Votre sport estival préféré ?
Le surf

Plage ou montagne pour les vacances ?
Plage

L’endroit en Suisse qui vous fait immédiatement penser à l’été ?
Les Bains Payes à Vevey

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21.06.2024
par Léa Stocky
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