enfants et écrans
Interview Famille Enfants

Enfants et écrans : « Il s’agit de trouver un juste équilibre »

12.03.2022
par Andrea Tarantini

Les technologies font partie int grante de notre quotidien. Qu’il s’agisse de smartphones, de tablettes, de télévisions ou d’ordinateurs, les écrans nous accompagnent tout au long de notre journée. Les enfants aiment aussi passer beaucoup de temps devant les écrans, que ce soit pendant leur temps libre ou à l’école. Mais quel est leur impact sur les plus jeunes ? Comment les amener à s’en détacher ?

Mélanie D’Anna répond à nos questions. Elle est responsable promotion et développement Suisse pour le site et la plateforme Souffleur de Rêves qui s’adresse aux familles et enfants à partir de trois ans et qui propose plus de 800 contes, séries et histoires audio ludo-pédagogiques. 

Mélanie D’Anna,
Responsable promotion et développement Suisse pour le site Souffleur de Rêves

Mélanie D’Anna, les enfants passent désormais de nombreuses heures devant les écrans. Pourquoi selon vous ? 

Les écrans se sont imposés dans la vie de tous les jours des adultes et, par extension et effet de mimétisme, des enfants. Ces derniers voient dans les écrans un moyen d’avoir un accès facile et immédiat à toutes sortes de divertissements, jeux et dessins animés. Il y a cette notion d’accessibilité instantanée et permanente qui est très attrayante pour eux.

Quelles sont les raisons qui poussent les parents à permettre à leurs enfants de passer du temps devant un smartphone, une tablette, un ordinateur ou une télévision ? 

Beaucoup de parents pensent bien faire. Il y a en effet une réelle volonté d’inscrire son enfant dans l’évolution de la société et des nouvelles technologies et de lui donner un accès direct et moderne à des contenus éducatifs. Néanmoins, il faut aussi avouer que les écrans sont un moyen facile pour les parents de pouvoir s’adonner à des activités professionnelles ou personnelles sans être trop sollicités. 

La surexposition actuelle des enfants aux écrans impacte de manière négative leur développement.

Certains parents utilisent les écrans pour calmer les enfants. Est-ce une bonne idée selon vous ? 

Le recours aux écrans pour calmer l’enfant est un leurre. Parfois, ils peuvent certes temporairement l’apaiser, mais l’effet escompté disparaît rapidement dès que l’adulte y met fin. On sait aussi qu’une exposition intensive à la lumière bleue artificielle peut conduire à des effets nocifs comme des troubles du sommeil et de la fatigue visuelle chez les enfants. 

Quels effets ont les écrans sur le développement des enfants ?

Nous avons désormais suffisamment de recul pour affirmer que la surexposition actuelle des enfants aux écrans impacte de manière négative leur développement. Les médecins et professionnels de la petite enfance s’accordent sur ce constat : pour bien se développer, les enfants et surtout les tout-petits (0-2 ans) ont besoin d’interagir avec des personnes et des situations réelles et d’appréhender le monde qui les entoure avec leurs cinq sens. Les écrans privent leur cerveau de ces besoins essentiels, perturbant ainsi leur développement cognitif. Selon le Dr Anne-Lise Ducanda, 95 % des enfants atteints de retards de langage et de troubles de la communication et des relations sont surexposés aux écrans. Certains s’accordent même à dire que des enfants pourraient développer des signes s’apparentant à l’autisme. Des retards intellectuels et moteurs peuvent également être constatés.

Les enfants peuvent-ils devenir dépendant aux écrans ? 

On peut en effet parler de phénomène de dépendance aux écrans chez les enfants, qui peut s’installer dès le plus jeune âge (trois ans). Cela peut avoir des
conséquences potentiellement graves sur la scolarité, la relation aux autres, l’alimentation, le sommeil et l’estime de soi. On constate notamment des troubles de l’attention, des difficultés sociales et d’interactions, et parfois une déformation de la réalité et de la perception que les jeunes ont d’eux-mêmes, qui peut conduire à un manque de confiance en soi.

Comme pour tout, il s’agit de trouver un juste équilibre.

Dans ce sens, faut-il limiter leur temps d’écrans ? Quels conseils donneriez-vous aux parents pour gérer le temps d’écrans de leurs enfants ?

Il faut déculpabiliser les parents concernant l’exposition des enfants aux écrans. Il s’agit d’encadrer et de pouvoir sensibiliser à l’autorégulation dans l’usage de ces écrans plutôt que d’interdire. Dès trois ans, l’OMS estime qu’une exposition d’une heure environ par jour n’a pas de conséquences nuisibles sur le développement de l’enfant. 

Les professionnels.les recommandent une approche « zéro écran » pour les tout-petits jusqu’à deux ans et, à partir de trois ans, de limiter le temps d’écran selon les âges. Le psychiatre Serge Tisseron a établi la règle des « 3-6-9-12 » : la TV, pas avant trois ans, la console personnelle, pas avant six ans, internet après neuf ans et les réseaux sociaux après douze ans. Il est en effet important de supporter l’ennui et de ne pas combler ce vide par des écrans. 

Existe-t-il des bienfaits ? Comment favoriser l’apprentissage par les écrans tout en gardant le contrôle ?

Bien entendu, comme pour tout, il s’agit de trouver un juste équilibre. Les écrans sont de formidables outils pédagogiques qui peuvent faire partie de l’attirail scolaire. Ils doivent toutefois rester un outil parmi d’autres et ne pas être privilégiés au détriment d’autres. Un enfant va se développer et bien grandir avec des personnes encadrantes disponibles et attentives

Que peut-on faire selon vous pour calmer ou occuper un enfant sans utiliser les écrans ?

Le plus important est de lui donner de l’attention et de lui proposer des activités stimulantes et amusantes pour ne pas créer de frustrations. Les sorties en nature, la lecture, les jeux, les balades, la musique et toutes les activités artistiques, culturelles, sportives et créatives sont de formidables alternatives. Chez Souffleur de Rêves, nous permettons aux enfants de se divertir sans écrans en développant leur capacité d’écoute et leur ouverture au monde. Nous proposons des histoires audio inédites pour développer leur imaginaire et stimuler leur curiosité. C’est le parent qui contrôle le téléphone, choisit l’histoire puis verrouille l’écran pour en profiter sereinement.

➡️  Souffleur de Rêves Homepage 

 

Interview Andrea Tarantini

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