Éditoriaux

Une femme* moderne, c’est quoi?

29.09.2021
par SMA

Une femme moderne est une femme libre de ses choix. Certes, la liberté absolue n’existe pas, cependant, une femme moderne doit pouvoir, à l’instar de l’homme et à contraintes égales, prendre les décisions qu’elle estime lui convenir à elle et aux personnes qu’elle souhaite intégrer dans sa réflexion.

Il est essentiel que ce processus d’émancipation débute dès le plus jeune âge: à la maison d’une part, mais surtout à l’école. Sur un plan théorique, l’école place les filles et les garçons sur un pied d’égalité. Dans les faits, on constate que des biais persistent. La thématique est trop souvent perçue comme secondaire.Pourtant, c’est entre autres ce cadre qui forge l’image de soi et ouvre les perspectives professionnelles. L’égalité des chances existe pour toutes et tous, mais le processus de choix d’une profession reste fortement influencé par des représentations persistantes de la «féminité» ou de la «masculinité» d’une carrière.

Notre vision d’une femme moderne est celle d’une femme libre.

Une femme moderne, c’est donc une enfant qui a pu choisir son avenir selon ses envies, sans subir les biais genrés de manuels scolaires d’un autre temps. Dédier sa vie à une passion, une carrière, une famille ou à plusieurs projets simultanément? Qu’importe, tant que ces choix sont intrinsèquement liés à ses aspirations.

Notre vision d’une femme moderne est donc celle d’une femme libre. Cette liberté se heurte parfois aux besoins financiers. Dans notre société, l’argent reste souvent le nerf de la guerre, élargissant le champ des possibles. Lorsqu’on aborde cette question, on s’intéresse inévitablement au salaire. À ce titre, deux notions sont à prendre en considération: le salaire égal à travail égal, mais également pour un travail de valeur égale. C’est d’ailleurs dans cette seconde notion que la «féminité» d’un emploi est souvent problématique car, au-delà de l’éventail réduit des métiers envisagés pour une femme, on observe aussi qu’il s’agit souvent de métiers plus faiblement rémunérés. À ce jour, en Suisse et ailleurs, les inégalités de salaire sont toujours une réalité et les implications sont multiples.

Citons par exemple les conséquences au sein d’une famille. La différence de salaire va souvent déterminer qui, dans le couple, investira plus de temps pour les tâches non rémunérées. En raison d’un travail plus faiblement rétribué, les femmes vont baisser leur taux d’activité, manquer des opportunités de carrière et se retrouver bloquées sous le plafond de verre.

Le cercle vicieux persiste avec le versement de cotisations émanant de faibles salaires et d’une occupation discontinue qui engendrent une prévoyance insuffisante. À l’âge de la retraite, les femmes touchent jusqu’à 30% de moins que les hommes.

Si les salaires s’équilibrent, les hommes et les femmes se retrouvent égaux. Il est par ailleurs essentiel que les pères puissent aussi assumer activement leur rôle, sans sentir sur leurs seules épaules le fardeau de la survie économique d’une famille. Ainsi, la désexualisation des professions, l’égalité de salaire entre femmes et hommes et le partage des tâches de care sont trois facteurs essentiels qui contribuent à renforcer la liberté de chacun.e et permettent à toute la société de devenir moderne. Il est urgent de ne pas s’asseoir sur les acquis et de continuer à faire évoluer notre société dans ce sens.

* Le terme de femme inclut dans ce texte toute personne qui se sent femme, indépendamment de son genre.

Texte Noémie Storbeck et Lisa Rubli, Co-CEOs de la Fondation Equal-Salary

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLE PRÉCÉDENT