Président de l’association OrbiMob’, Patrick Oliva porte la troisième édition du Sommet des Mobilités Territoriales Durables, organisée à Clermont-Ferrand les 22 et 23 septembre 2026. À partir du cas d’étude du Massif central, l’événement entend structurer une dynamique collective pour accélérer la transformation des mobilités dans les territoires.

Patrick Oliva
Président de l’association OrbiMob’
Il y a les mobilités dont on parle : celles des grands centres urbains, avec tram, métro, bus… et celles des grands corridors ferroviaires, aériens, maritimes, routiers. Puis il y a celles, beaucoup plus discrètes, qui structurent la majeure partie des territoires : déplacements quotidiens en voiture, bus, TER… et transport de fret, par camions essentiellement. Ce sont ces mobilités territoriales, dans un rayon d’environ 150 à 200 kilomètres autour d’une grande aire urbaine, que l’association OrbiMob’ veut replacer au centre du débat.
Dans les zones rurales, les bourgades, les petites villes et les espaces périurbains des métropoles moyennes, l’amélioration des transports piétine encore. Ces territoires concernent pourtant une part majeure de la population mondiale et de l’activité productive. Ils abritent des exploitations agricoles, des PME, des sites industriels et des habitants pour qui se déplacer conditionne l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux services de santé ou aux activités sociales. Face à cette réalité, à la baisse des investissements en infrastructures, à la lenteur du développement de solutions collectives innovantes qui soient de vraies alternatives à l’usage des voitures individuelles, et à la pression concomitante du législateur pour décarboner l’économie, les inquiétudes se multiplient. Les entreprises voient leurs coûts logistiques augmenter et rencontrent de plus en plus de difficultés liées aux problèmes de mobilité de leurs salariés. Pour Patrick Oliva, le constat est clair : « Ce sujet critique des mobilités territoriales manque encore de visibilité officielle et ne reçoit donc pas l’attention qu’il mérite. » Depuis 2022, l’association œuvre à mobiliser les échelons régionaux, nationaux et internationaux. L’ambition, résume Patrick Oliva, est de « construire un chemin attractif et efficace de transformation pragmatique des mobilités dans les territoires, au service de la qualité de vie des personnes et de la réussite des entreprises ». Cette approche, qui doit être économiquement réaliste, doit aussi simultanément prendre en compte trois dimensions fondamentales : la mobilité comme facteur de liberté et d’équité, comme moteur de vitalité territoriale, mais aussi comme chantier majeur du défi écologique mondial.
Une vision partagée à construire
La troisième édition du Sommet doit permettre de poursuivre cette reprise en main du sujet par l’offre de solutions concrètes : services rail/route élargis et mieux coordonnés, logistique intelligemment mutualisée, véhicules électriques abordables, covoiturage et autopartage structurés, liaisons aériennes propres de courte distance, transport à la demande, navettes rurales autonomes… sans oublier la promotion des mobilités actives pour lutter contre le fléau de l’hypersédentarité, même en milieu rural. Organisé à Clermont-Ferrand, l’événement fait du Massif central un cas d’étude, mais aussi un laboratoire qui peut devenir, selon Patrick Oliva, « la pierre angulaire d’une démarche mondiale vers des mobilités territoriales économiquement accessibles mais efficaces ». OrbiMob’ défend d’abord la nécessité d’une vision structurée partagée, construite avec les acteurs publics et privés, et insiste sur la nécessité d’écarter les visions simplistes. Les mobilités territoriales supposent de reconnaître la complexité du sujet et la nécessaire dimension multidisciplinaire des réponses possibles, en adaptant si possible les meilleures solutions existantes, et surtout en innovant davantage sur le terrain. Le Sommet veut ainsi créer les conditions d’un dialogue réunissant institutions, entreprises, chercheurs, élus et habitants. Conférences, ateliers et rencontres informelles autour des stands doivent permettre de faire émerger des réponses adaptées aux réalités locales et à l’évolution des besoins des entreprises comme des citoyens. L’édition 2026 s’inscrit aussi dans le contexte de la décennie des mobilités durables initiée par les Nations Unies pour la période 2026-2035. Pour OrbiMob’, cette séquence doit permettre de donner une résonance plus large à des sujets souvent considérés comme locaux, alors qu’ils sont aussi mondiaux. Les territoires ruraux ou périurbains existent sur tous les continents, avec des besoins comparables. Le défi consiste donc à dépasser les oppositions habituelles. La transition écologique ne peut réussir sans tenir compte de la qualité de vie des personnes ni de la réussite des entreprises. À l’inverse, le développement territorial ne peut pas ignorer la protection de la biosphère. C’est dans cette articulation qu’OrbiMob’ veut inscrire son action.
En réunissant institutions publiques et privées, experts nationaux et internationaux, le Sommet veut élargir une dynamique mobilisatrice. Pour Patrick Oliva, « la transformation des mobilités territoriales doit devenir un chantier collectif majeur ». Un chantier local dans ses applications, mondial dans ses implications.
Texte Marc-Antoine Guet
Plus d’informations sur
contact@orbimob.com
www.orbimob.org/smtd-2026

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