Présent dans plus de 20 pays et fort d’un vaste réseau d’agences locales, Equans conçoit, installe et exploite des infrastructures énergétiques et industrielles pour les entreprises et les territoires. À l’heure où la transition énergétique accélère les transformations du secteur, Philippe Kerignard, directeur de l’innovation et du digital du groupe, défend une innovation pragmatique, capable d’allier performance technologique, sobriété énergétique et efficacité économique.

Philippe Kerignard
Directeur de l’innovation et du digital du groupe Equans
Philippe Kerignard, selon vous, quelles technologies auront le plus d’impact à venir ?
Les innovations se feront à la charnière entre plusieurs technologies. La data et l’IA qui permettent de rendre les sites industriels et les bâtiments plus intelligents, capables d’anticiper les pannes, de s’adapter en temps réel aux usages, au prix de l’énergie et aux besoins des occupants. Cela permet de libérer du temps sur site pour les compétences à forte valeur ajoutée et à la relation client. Le jumeau numérique pour simuler, anticiper le comportement des infrastructures et faciliter la maintenance prédictive, réduire les consommations et améliorer la sécurité. L’exploitant comprend mieux son installation, pour accroître sa performance en continu. L’électrification et la décarbonation vont transformer les bâtiments, l’industrie et les territoires en les rendant plus sobres, plus locaux et plus flexibles. L’enjeu clé est d’orchestrer l’énergie, les usages, le stockage, la maintenance dans un système cohérent et économiquement performant. Enfin, la cybersécurité. On ne peut pas parler de ville intelligente ou d’usine 4.0 sans parler de protection des données, de continuité d’activité et de souveraineté des infrastructures.
Comment concilier innovation technologique, sobriété énergétique et impératifs économiques ?
On ne peut pas opposer innovation technologique, sobriété énergétique et impératifs économiques. La bonne innovation permet de faire mieux avec moins : moins d’énergie, moins de carbone, moins de gaspillage, mais plus de sécurité, de performance, de fiabilité et de valeur pour le client. L’innovation ne doit pas être une course à la complexité. Chez Equans, ce sujet est abordé avec pragmatisme. Avant de déployer une technologie, il faut mesurer les usages, comprendre les installations, identifier les pertes et prioriser les actions les plus efficaces. Les contrats de performance énergétique développés par le groupe illustrent bien cette démarche, où le digital alimente des boucles d’optimisation garantissant des gains immédiatement mesurables.
Pouvez-vous citer un ou deux projets emblématiques d’Equans ?
Le data center du CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) illustre bien la valeur d’Equans à intégrer des expertises multiples pour livrer une infrastructure critique performante. On intervient sur toute la chaîne de valeur, de la conception aux travaux, jusqu’à la performance énergétique et la maintenance dans la durée. Un data center n’est pas seulement un bâtiment technique : c’est un actif stratégique, très consommateur d’énergie, qui doit être conçu, refroidi, sécurisé et maintenu avec une exigence extrême.
Le projet CENAQ (Connexion Electrique des NAvires à Quai) est un bon exemple de coopération entre acteurs publics, industriels et territoriaux. Il permet aux navires de croisières à quai de se raccorder à l’électricité terrestre plutôt que d’utiliser leurs moteurs diesel, il réduit les émissions, le bruit et l’impact environnemental. Ce projet, qui s’inscrit dans une ambition décarbonation du port de Marseille Fos, mobilise des expertises clés d’Equans en électricité haute puissance, supervision, sécurité et performance énergétique, et montre la capacité d’Equans à transformer une ambition environnementale en solution industrielle concrète très innovante.
Comment faites-vous évoluer compétences et métiers ?
Faire évoluer les compétences, chez Equans, c’est d’abord accompagner les femmes et les hommes de l’entreprise. La transition énergétique, le digital, la data ou l’IA transforment nos métiers, mais notre force reste l’expertise terrain de nos techniciens, ingénieurs, mainteneurs et chefs de projet. Notre enjeu est de faire grandir leurs expertises. Cela passe par la formation, la transmission entre générations, les passerelles entre métiers et l’accompagnement au changement. Les Equans Académies jouent un rôle clé dans cette dynamique, en permettant à nos collaborateurs de se former tout au long de leur parcours, de renforcer leurs expertises techniques et de se préparer aux métiers de demain. La technologie est un levier, mais l’humain doit rester au centre.
Comment Equans se positionne-t-il aujourd’hui dans son secteur ?
Notre différenciation tient à notre approche hybride : nous combinons une forte présence locale avec 750 agences en France par exemple et une expertise technologique pointue. Notre implantation dans plus de 20 pays nous donne la capacité d’aller chercher la meilleure solution déjà éprouvée là où elle se trouve. Enfin, nous intégrons les solutions de bout en bout : conception, installation, exploitation. Cette approche nous permet de transformer concrètement les infrastructures, pas seulement de les équiper.
Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans les transformations du secteur ?
Ce qui m’enthousiasme profondément, c’est que nos métiers se situent au cœur des grands défis contemporains : transition énergétique, décarbonation, réindustrialisation, transformation des territoires. Sur le terrain, nous avons la capacité d’agir concrètement, avec des équipes qui transforment des idées technologiques en solutions visibles, utiles et mesurables, pour les clients comme pour les citoyens. Au sein d’Equans, cette dynamique prend forme à travers des innovations qui améliorent la performance des infrastructures, renforcent la compétitivité des acteurs économiques et contribuent à répondre aux enjeux climatiques. Une transformation qui donne du sens à nos métiers et en renouvelle profondément la portée.

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