La loi de finances pour 2026, publiée le 20 février, marque une étape importante pour la politique du logement. Depuis le 21 février, le statut du bailleur privé est entré en vigueur. Une décision attendue et nécessaire : sans investissement locatif privé, la production de logements se grippe. Ce nouveau dispositif est le résultat d’un travail de longue haleine, véritable œuvre collective. Preuve que lorsque la volonté existe et que les responsabilités sont assumées, il reste possible, en France, de faire aboutir une réforme utile.

Pascal Boulanger
Président de la FPI
Tout a commencé avec la mission confiée par Valérie Létard aux parlementaires
Marc-Philippe Daubresse, sénateur du Nord, et Mickaël Cosson, député des Côtes-d’Armor. Leur rapport, publié fin juin 2025, a posé les bases du dispositif. Des parlementaires ont ensuite porté des amendements pour inscrire ce mécanisme dans le projet de loi de finances pour 2026, avant que le gouvernement n’arbitre en sa faveur. Sous l’impulsion du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tranché. Une véritable « équipe de France du logement » s’est ainsi constituée. Le principe est simple : permettre aux investisseurs particuliers d’amortir chaque année une partie de la valeur de leur logement et de réduire leurs revenus imposables. Même sans apport, un ménage peut, grâce à l’emprunt bancaire, acquérir un logement pour le louer. Cet effet de levier, impossible dans le cadre des placements financiers, permet aux classes moyennes de se constituer un patrimoine.
Mais l’enjeu dépasse la fiscalité. Une opération immobilière repose sur un équilibre fragile : accession à la propriété, logements locatifs privés et souvent logements sociaux coexistent dans les mêmes programmes. Les investisseurs particuliers jouent un rôle décisif : ils permettent d’atteindre le niveau de commercialisation exigé par les banques. Sans eux, pas de financements bancaires, et les projets ne sortent pas de terre.
C’est ce cercle vertueux que le statut du bailleur privé doit réactiver. La prochaine étape est claire : faire connaître ce dispositif et redonner confiance aux investisseurs afin de produire les logements dont notre pays a besoin.
Texte Pascal Boulanger, président de la FPI
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