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Ne pas avoir d’enfant: entre choix et impossibilité

21.04.2022
par Rüdiger Schmidt-Sodingen

De plus en plus de couples n’ont pas d’enfants en Allemagne. Toutefois, ne pas en avoir reste un tabou pour de nombreuses femmes et de nombreux hommes. Les offres de conseil et les  solutions existantes sont trop rarement prises en considération. 

Une invitation chez un couple d’amis. Après le repas, tout le monde s’installe confortablement à la table du salon, boit et rit. Et soudain, l’un des invités demande: «Avez-vous déjà pensé à devenir parents?» Les hôtes deviennent soudain sérieux et se regardent brièvement. «Euh… ça ne s’est pas encore présenté, alors…» «C’est donc votre tour ?» «Eh bien, nous réfléchissons… nous…».

Des conversations comme celle-ci ont lieu tous les jours. Et la plupart du temps, il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une impossibilité à avoir des enfants. En Allemagne, le ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse a constaté début janvier que près d’un couple sur dix âgé de 25 à 59 ans n’avait pas d’enfant.

«Les personnes qui n’ont pas voulu d’enfants attendent leur premier souvent en vain pendant de nombreuses années, vivant en permanence dans un équilibre entre le désir d’avoir des enfants et la réalité sans enfant».

Dans le même temps, selon l’Office fédéral des statistiques qui s’appuie sur la base de données de 2018, le pourcentage de femmes de 43 ans et plus  sans enfants est passé à 22%. À l’inverse, le taux de natalité a de nouveau légèrement augmenté. En résumé: celles qui peuvent ou veulent des enfants en ont plus tandis que celles qui n’ont pas d’enfants sont plus nombreuses. 

La pression du désir d’enfant

Ne pas avoir d’enfants ne doit pas être un problème. Bien sûr, le bonheur ne dépend pas uniquement des enfants – c’est ce que de nombreux auteurs.rices et activistes, comme Katja Kullmann actuellement, ne cessent de préciser lorsqu’ils/elles décrivent le bonheur de la «femme singulière» et veulent ainsi enlever la pression de la reconnaissance sociale des épaules des femmes. Néanmoins, avoir ses propres enfants, tout aussi naturellement, continue de faire partie des modèles de vie et de bonheur individuels.

La brochure détaillée «Ungewollte Kinderlosigkeit» du ministère fédéral résume la problématique: «Les personnes qui n’ont pas voulu d’enfants attendent leur premier souvent en vain pendant de nombreuses années, vivant en permanence dans un équilibre entre le désir d’avoir des enfants et la réalité sans enfant». La plupart d’entre elles n’ont pas encore pensé que cela pourrait ne pas fonctionner naturellement, que ce soit pour des raisons médicales, parce qu’il manque le/la partenaire adéquat.e ou parce que le bon moment n’est pas encore venu.  

Désirer un enfant, oui, mais plus tard? 

Les chances d’une grossesse naturelle diminuent avec l’âge. Ainsi, de nombreuses personnes décident de recourir au «social freezing». Cette technique de congélation des ovocytes permet à des femmes qui le souhaitent (idéalement avant l’âge de 35 ans) de repousser leur grossesse dans le temps et d’avoir des enfants plus tard. Les chances de grossesse sont alors à peu près les mêmes qu’au moment où les ovules ont été congelés.

Selon l’enquête représentative menée auprès de 3000 cas, l’un des problèmes réside dans les mots-clés «médecine de la reproduction» et «fécondation artificielle» car ils ont une connotation négative. De nombreuses personnes interrogées ont jugé ces termes «trop froids» et n’ont ainsi pas cherché d’informations plus détaillées sur ce qu’il est possible de faire aujourd’hui pour tomber enceinte. Ces résultats indiquent un manque d’informations positives et d’envie de s’intéresser de plus près aux possibilités médicales.   

Le conseil personnel est important

Même pour des raisons médicales d’infertilité, il est important, pour une thérapie optimale, d’en savoir le plus possible sur la situation actuelle, les antécédents et les attentes du couple. Dans ce cas, un entretien ouvert peut contribuer grandement à éclairer le couple de parents et à éveiller en lui un nouvel élan.

Le taux de grossesse lors des traitements FIV et ICSI atteint dans le meilleur des cas des valeurs de 55%.

Parmi les possibilités thérapeutiques, on trouve par exemple l’accompagnement médical pour trouver le meilleur moment pour les rapports sexuels ou un traitement par insémination, c’est-à-dire le transfert de sperme.

Dans certains cas, il est possible de recourir à l’insémination artificielle par fécondation in vitro classique (FIV) ou à l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), qui consiste à injecter un spermatozoïde sélectionné directement dans l’ovule. Les deux traitements de fécondation artificielle peuvent être réalisés à l’aide d’un traitement hormonal qui stimule la croissance des follicules ovariens ou dans le cadre du cycle naturel sans soutien hormonal. 

L’initiative fédérale «Hilfe und Unterstützung bei ungewollter Kinderlosigkeit» vise à informer encore mieux et de façon plus complète les personnes concernées de tous âges et de tous milieux grâce à un soutien financier. Il est tout à fait possible d’aider les couples à avoir des enfants. Le taux de grossesse lors des traitements FIV et ICSI atteint dans le meilleur des cas des valeurs de 55%. 

Dans le cas du «social freezing», le taux de grossesse peut atteindre 40% selon la patiente et les situations individuelles. Ces succès parlent à eux seuls en faveur d’une aide personnalisée.

Texte Rüdiger Schmidt-Sodingen

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