Développement durable

L’univers du développement durable

30.11.2021
par SMA

La COP26 sur le climat à Glasgow vient de fermer ses portes avec des avis divergents sur les décisions prises. Conférence réunissant chaque année les pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, la COP s’inscrit dans un long processus de négociations internationales sur le climat qui a débuté en 1992 au «Sommet de la terre» et plus spécifiquement avec le «Protocole de Kyoto» en 1997 par lequel les pays industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Ce sont 20 années de négociations qui se succèdent avec des divergences. Celles-ci portent notamment sur les questions suivantes: Comment renoncer aux énergies fossiles? Comment modifier notre développement économique? Ceci compte tenu que, tout développement individuel, social, entrepreneurial et public repose sur la finance, la clé de voûte de la réussite d’une indispensable transition.

La Terre, un stock de ressources limité

Si les discussions sur le changement climatique sont essentielles, c’est notamment parce que la Terre peut être considérée comme un stock de ressources limité. Le 24 décembre 1968, en orbite lunaire, la mission Apollo 8 prend la première photo d’un «lever de Terre». Celle-ci apparaît partiellement dans l’ombre avec la surface lunaire au premier plan. Il s’agit là d’une matérialisation avérée des dimensions finies de la Terre, une finitude que la plupart des modèles économiques n’ont pas encore intégrée. En mars 1972, le rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance «The Limits to growth» ou «Rapport Meadows» a suscité un débat nourri. Ce rapport relevait que le système planétaire devait s’effondrer sous la pression de la croissance démographique et industrielle. La notion de croissance zéro avait son fondement scientifique.

Cinquante ans plus tard, le système Terre est en perturbation profonde. Plusieurs éléments essentiels de son fonctionnement touchent des limites planétaires et s’approchent de la rupture. Il s’agit du changement climatique, de l’acidification des océans, de l’érosion de la couche d’ozone, du changement d’affectation des sols (déforestations…) et des flux biogéochimiques! Ces dysfonctionnements ont des impacts planétaires importants, mais ils ne représentent que la partie émergée d’autres interactions locales qui ont des conséquences globales. C’est notamment le cas des processus de perturbation des cycles de l’eau douce, de l’atteinte à la biodiversité qui influence directement l’intégrité de la biosphère, de la charge atmosphérique en particules et de l’introduction de nouvelles entités artificielles dans l’environnement, telles que les pollutions chimiques.

De nouvelles opportunités de croissance

Les années Greta Thunberg et Covid-19 sont révélatrices d’une prise de conscience mondiale de la finitude des ressources terrestres et de l’importance des critères ESG (environnementaux, sociétaux et de gouvernance). Il convient de relever que l’analyse ESG ne fait que dresser un constat d’une situation qui peut évoluer d’une année à l’autre. L’ONU a défini 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) qui représentent un agenda formé de 169 cibles.

Le fonctionnement du système Terre demande de se concentrer en priorité sur ses limites planétaires, et cela va s’intensifier et devenir stratégique dans les années à venir. Il convient aussi de résoudre l’augmentation constante des besoins en ressources, en opposition aux stocks limités, tout en répondant à la nécessité de rétrogradation de multiples processus de dérégulation qui sont en mouvement. La nature ne peut faire face à des interactions négatives sur l’environnement que de façon limitée. Nous avons construit un monde «contre nature». Néanmoins, nous pouvons le rénover, le reconstruire et poursuivre une construction encore d’actualité. Ce sont bien de multiples opportunités qui s’offrent à l’humanité, bien plus importante par rapport à ce qui vient de s’écouler depuis la première révolution industrielle il y a près de 240 ans.

Univers de développement économique et liens collatéraux

Repenser notre mode de vie

Les intrications négatives du modèle de vie actuel deviennent de plus en plus apparentes. En comprenant l’impact de l’activité humaine sur les différentes limites planétaires, nous avons une chance d’en faire un tremplin de développement «naturel». Notre cible (cf. Figure 1) – doit partir des limites planétaires pour atteindre les ODD. Dans une telle démarche, la notion de responsabilité ESG devient une conséquence induite de la rénovation du système Terre et du développement de la société. Pour ce faire, il est judicieux et profitable de repenser le modèle d’extraction, transformation, utilisation, réintégration en fin de vie de tout bien en un modèle d’économie circulaire structuré. Cette économie est un système de production, d’échange et de consommation qui, de la conception d’un produit jusqu’à sa fin de vie, vise à optimiser l’utilisation, la réutilisation, la réintégration des ressources et à diminuer l’impact de l’activité humaine.

En tant qu’exemple de complexité et d’opportunités à relever, on peut citer le remplacement des énergies fossiles. En 2019, nous utilisions 5424 milliards de litres de pétrole par année, 8133 milliards de kg de charbon entre autres pour les activités humaines. Au total, 61% de notre énergie découle de ces deux matières fossiles et du gaz. Il est donc difficile de changer de modèle du jour au lendemain. Néanmoins, les alternatives existent et tout un chacun peut contribuer dans le cadre de ses actes d’achat, de consommation et de son modèle de vie. Un autre grand levier concerne l’investissement dans des entreprises qui s’efforcent de construire un nouveau monde désirable.

Texte Olivier Ferrari

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