Développement durable Éditoriaux

Développement durable: il faut revoir nos priorités

24.11.2020
par Andrea Tarantini

La pandémie actuelle devrait servir de signal d’alarme. Pourtant, elle nous éloigne des préoccupations fondamentales liées au développement durable et à l’avenir de notre planète.

Aujourd’hui, on ne réfléchit plus qu’à court terme. Pourtant, la conception du développement durable se projette avant tout sur le long terme. On tend à oublier les trois piliers sur lesquels notre espèce devrait s’appuyer afin d’assurer un maintien éternel de la production biologique dans l’intérêt des générations actuelles et futures: le social, l’économie, l’environnement. C’est indéniable si l’on considère le fléau de la pollution plastique, avec les lobbies des industriels qui encouragent sa surproduction sous des prétextes sanitaires. Pourtant, on sait que le plastique tue, plus insidieusement que le tabac ou la Covid-19.

La pollution plastique

Les observations recueillies en mer lors de nos expéditions planétaires montrent que la pollution plastique est omniprésente. Pire, des microparticules se retrouvent dans l’air que l’on respire, l’eau que l’on boit et la terre que l’on cultive. Le plastique a envahi notre vie! Bien qu’il nécessite des centaines d’années pour se dégrader, son faible coût de production et sa flexibilité ont favorisé son utilisation dans les emballages à usage unique. Sa fabrication implique et génère des produits chimiques toxiques qui peuvent migrer, persister dans l’environnement et impacter notre santé. Néanmoins, il est toujours considéré comme le meilleur matériau pour garantir les normes d’hygiène les plus strictes.

La gestion des déchets plastiques

En outre, la croissance exponentielle de la production mondiale des plastiques n’a pas été accompagnée par le développement d’infrastructures suffisantes pour gérer les déchets qu’elle génère. Les quantités sont astronomiques car la plupart des plastiques sont difficiles, voire impossibles, à recycler. Les pays occidentaux ne parviennent pas à gérer leurs propres déchets plastiques. Ils en exportent donc une partie non négligeable vers des pays en développement qui ne possèdent pas les infrastructures pour les gérer. Ainsi, des montagnes de déchets s’accumulent, brûlent ou partent dans les océans en Asie et en Afrique, de telle sorte que nous contribuons tous à la contamination de nos biens communs et ressources vitales.

Des microparticules se retrouvent dans l’air que l’on respire, l’eau que l’on boit et la terre que l’on cultive.

Comment lutter contre ce fléau?

Pour lutter contre ce fléau moderne, il existe des solutions. Ensemble, nous devons nous montrer raisonnables dans l’utilisation de nos ressources, accepter leur caractère limité et optimiser leur utilisation. Avant d’être rentable et utile à la communauté, un matériau devrait avant tout être sain et conçu pour s’inscrire dans une économie circulaire. Ceci afin de rester le plus neutre possible pour l’environnement tout au long de son cycle de vie. Ainsi, les plasturgistes doivent réinventer la manière de fabriquer les plastiques, pour les rendre non toxiques, recyclables et dégradables.

En conclusion, pour assurer la survie de notre espèce, nous devons placer les préoccupations environnementales et sociales au cœur des stratégies de développement durable. Ces dernières doivent être accompagnées par des systèmes de régulation et de contrôle universels, dans lesquels industriels, politiques et consommateurs sont mis face à leurs responsabilités. Tendre vers le développement durable et lutter contre la prolifération des matières plastiques, c’est à long terme sauver notre espèce. Dans l’immédiat, c’est préserver notre santé.

Plongez au cœur des expéditions de Race for Water au travers du livre célébrant leur 10e anniversaire «l’Odyssée du Plastique».

Texte Camille Rollin & Eric Loizeau

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLE PRÉCÉDENT
ARTICLE SUIVANT