la norman, berceau des artistes
Culture Été

La Normandie, berceau des artistes

24.06.2022
par Andrea Tarantini

Si l’on rêve de vacances extraordinaires, de paysages bucoliques, de nature verdoyante, de plages s’étendant à perte de vue, d’Histoire, de culture et de délicieux plats réconfortants, rien de mieux que la Normandie. Tournée à la fois vers la mer et la terre, la Normandie fascine les voyageurs en quête de vacances d’été uniques, mais aussi les artistes à la recherche d’inspiration et de sensations.

Depuis le XIXème siècle, la Normandie a inspiré de nombreux peintres impressionnistes fascinés par sa nature authentique, la pureté de l’air et la lumière. Véritable berceau de l’impressionnisme avec ses paysages pittoresques, la région a autant attiré des grands maîtres comme Eugène Boudin, Claude Monet, Eugène Delacroix ou Gustave Courbet que des artistes trop peu célèbres, tels qu’Adolphe-Félix Cals et Frank Boggs. La collection « Peindre en Normandie. Aux temps des impressionnistes » regroupe 180 œuvres produites par ces artistes en Normandie. 

Un véritable atelier à ciel ouvert

Auparavant réservée aux ateliers, la pratique artistique du paysage au XIXème siècle a lieu en plein-air, où les artistes se retrouvent face à des situations qui dévoilent la physique de la nature.

« Il ne s’agit alors pas de capter la matière, les fluides, le mouvement et l’humidité par les yeux, mais aussi par les sens, de sorte que tout reste en mémoire et que la nature peigne avec l’artiste », explique Alain Tapié, directeur et conservateur de la Collection « Peindre en Normandie. Aux temps des impressionnistes ».

Gustave Courbet – Falaise D’Étretat après l’orage (1870)

C’est ce qu’offre la Normandie : la satisfaction de la quête artistique d’une force physique, celle du rivage, de la mer, des vagues et du vent. Dans la région commencent alors à se créer des foyers d’artistes qui souhaitent restituer cette puissance des éléments. 

Alain Tapié souligne qu’il s’y développe une grande culture plastique du naturalisme qui, contrairement au réalisme parisien qui met en avant les réalités quotidiennes sociales, exploite le grain, la matière, la couleur, la lumière et tout ce qui se rapporte à la physique de la nature. 

Lié au naturalisme et au réalisme, l’impressionnisme prend de l’ampleur en Normandie. Bien qu’il soit parfois compris comme une réaction à l’art académique et au réalisme parisien, l’impressionnisme cherche également à saisir la réalité et les motifs mais dans leur fugacité et leurs mouvements.

Ainsi, les artistes impressionnistes s’épanouissent en Normandie où ils peuvent admirer, comprendre et reproduire les jeux de lumière, ses effets sur les couleurs et les formes, les reflets sur l’eau ou les mouvements des vagues.

Auparavant réservée aux ateliers, la pratique artistique du paysage au XIXème siècle a lieu en plein-air, où les artistes se retrouvent face à des situations qui dévoilent la physique de la nature.

À l’extérieur, face à un paysage ou une scène de la vie moderne, la peinture devient en effet comme un miroir des états d’âme et des émotions des artistes.

Comme le souligne Alain Tapié, « au travers de couleurs posées côte à côte, clair sur clair, et de coups de pinceaux rapides, la toile garde le sens de  la vibration, la dynamique, la puissance et la légèreté des éléments de la nature. »

En proposant une perception de la diffusion de la lumière et de la diffraction de la couleur, à distance, la toile amène l’œil à voir les juxtapositions, à recomposer les motifs et à percevoir au mieux une impression de réalité, de nature et de vérité.

Gustave Courbet et sa fascination pour la mer

Né à Ornans, Gustave Courbet s’est très  vite intéressé à l’art, notamment grâce à l’enseignement de Claude-Antoine Beau au séminaire de la ville d’Ornans qui amenait ses élèves en pleine nature pour dessiner. Ses œuvres grand format et leur caractère réaliste bouleversent les codes artistiques de son époque : il surprend et choque avec sa nouvelle vision de l’art. Reconnu pour son amour du détail et de la précision, Gustave Courbet produit des œuvres qui transmettent profondeur et gravité. 

Gustave Courbet – Marine, gros temps (1871)

Chef de file du réalisme, dans les années 1860 et 1871, Courbet est à plusieurs reprises à Étretat où il séjourne près de la plage. Son passage à Étretat est important, notamment pour ses rencontres avec les impressionnistes et la nature de la région. Là, « il a l’opportunité de peindre au milieu des éléments, d’être en osmose avec la nature et au plus proche de l’eau. Cela explique le fait que l’on retrouve des grains de sable sur les toiles », explique Alain Tapié. 

Ainsi, établi près de la falaise d’Aval, c’est en Normandie que Courbet découvre la mer qui est une inspiration pour lui. Il produit de nombreuses toiles, véritables ambassadrices de la Normandie en France et à l’étranger, dont la Falaise d’Étretat après l’orage.

S’éloignant des scènes classiques de plages et de pêcheurs, ses tableaux soulignent plutôt sa fascination pour les vagues et sa perception de la mer comme source de liberté, mais aussi un parfait équilibre entre terre, pierre, ciel et mer. Ces éléments paraissent si réalistes qu’ils semblent palpables dans les œuvres de Gustave Courbet.

L’atmosphère et la lumière qui les caractérisent témoignent par ailleurs du savoir-faire de Courbet et de sa parfaite maîtrise des couleurs. De la Falaise d’Étretat après l’orage transparaît également une dimension verticale de la nature : c’est ainsi que la verticalité de la toile correspond à celle de la falaise. 

Plus d’informations sur la Collection « Peindre en Normandie. Aux temps des impressionnistes » : 

www.peindre-en-normandie.fr

Texte Andrea Tarantini

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