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Peur de l’avion – que faire?

23.08.2021
par SMA

Des genoux qui tremblent en montant dans un avion, une sensation de malaise au décollage, la peur de mourir à la moindre turbulence. La peur de l’avion, également connue sous le nom d’aviophobie, combine souvent diverses peurs et peut limiter fortement les personnes concernées. Afin d’en savoir davantage, nous avons posé des questions à Leo Hackl, psychothérapeute et coach pour la peur de l’avion.

Leo Hackl, avez-vous déjà souffert vous-même de la peur de l’avion?

Oui, mais c’était dans une situation que je jugeais, en tant que profane, dangereuse. Dans ce cas, la crainte était fondée.

Combien de personnes sont touchées par l’aviophobie?

Les derniers chiffres parlent de 15% de personnes. Celles qui ne se sentent pas à l’aise dans un avion représenteraient le 30%.

Comment la peur de l’avion se manifeste-t-elle chez les personnes concernées?

Les symptômes les plus courants sont les palpitations cardiaques, la tension, la respiration difficile et les vagues de chaleur. Certaines personnes ressentent aussi une sensation de chaleur et ensuite de froid. Sans s’en rendre compte, certains s’accrochent à l’accoudoir et leurs mains deviennent moites. Certaines personnes souffrent d’une perte d’appétit et peuvent même avoir des nausées. D’autres ont aussi la diarrhée.

Que se passe-t-il exactement dans le corps lorsque l’aviophobie s’installe?

La libération des hormones de stress, comme l’adrénaline, le cortisol et la noradrénaline, entraîne des changements physiques. Ainsi, le système nerveux dit sympathique passe en mode de survie. Cela s’accompagne d’une accélération du rythme cardiaque, d’une augmentation de la pression sanguine, donc aussi d’une augmentation de la tension musculaire dans tout le corps et d’une altération de la respiration qui ne veut plus fonctionner correctement.

Quels sont les aspects spécifiques liés à l’avion que craignent les personnes souffrant de cette phobie?

Les symptômes typiques de l’anxiété ou du stress sont déclenchés soit par la simple pensée de prendre l’avion, soit par le fait d’être dans l’avion lui-même. Diverses fantaisies jouent un rôle. Pour les personnes concernées, la perte de contrôle est en tête de liste, tout comme l’idée de ne pas pouvoir échapper à la situation. Mais l’idée de ce qui pourrait arriver si l’avion s’écrase est également une source de peur. Certains craignent également que la construction de l’avion ne soit pas en mesure de résister aux éventuels problèmes, ce qui est hautement improbable. Mais l’erreur humaine peut également être source d’anxiété, même si généralement la sécurité est garantie à plusieurs niveaux. Certaines personnes ont aussi peur que le pilote se suicide ou que des terroristes se trouvent à bord.

Quelle peut être la cause de la peur de l’avion?

Dans la plupart des cas, la cause n’est pas évidente, mais les gens cherchent toujours une raison et en trouvent souvent une. Par exemple, un accident d’avion que vous avez manqué par un heureux hasard peut déclencher une peur de l’avion. En général, l’aviophobie est toujours basée sur un traumatisme. Tout le monde a été traumatisé d’une manière ou d’une autre, surtout dans la petite enfance. Pendant cette période, les enfants ne savent pas ce qui les attend et ne connaissent pas le monde. Les surprises sont normales, qu’elles soient positives ou négatives. L’enfant peut généralement bien les gérer. En revanche, la suppression des expériences négatives entraîne une augmentation de la fonction de peur stockée dans les neurones. Un jour, la peur éclate. Cela arrive souvent par hasard.

Que peut-il arriver si l’aviophobie n’est pas traitée?

Eviter de voler signifie rater beaucoup de choses. Néanmoins, voler même si on souffre d’aviophobie peut provoquer des attaques de panique, qui, dans le pire des cas, sont associées à la peur de la mort. Bien que l’on s’en sorte souvent indemne, la peur reste et l’expérience sera à jamais un souvenir désagréable.

Comment peut-on lutter contre la peur de l’avion?

Malheureusement, de simples conseils ne suffisent pas à surmonter cette phobie. Cependant, si l’on se trouve dans une telle situation, une technique de respiration spéciale peut avoir un effet calmant. L’inspiration augmente le rythme cardiaque et donc le système nerveux sympathique. L’expiration a l’effet inverse et revêt donc une importance particulière. Inspirer plus vite et expirer plus lentement a déjà un effet positif. Si l’on retient la respiration après avoir inspiré, le système nerveux sympathique s’agite. Si l’on fait ensuite une pause de quelques secondes après avoir expiré, la même chose se produit, mais dans le sens inverse: le système nerveux sympathique se calme. Ainsi: Inspirez légèrement pendant un court instant, expirez à nouveau immédiatement sans pause, puis faites une pause de quelques secondes avant de commencer le cycle suivant.

Que peut-on faire si rien ne permet de lutter contre cette peur?

On peut entraîner nos défenses. Cela se fait dans le cadre d’une thérapie comportementale ou de confrontation. Je ne suis pas vraiment un grand adepte de cette méthode. En effet, la peur est stockée dans le corps, mais aussi dans le cerveau. Je préfère donc utiliser une méthode simple pour restructurer les processus mentaux. D’ailleurs, les récentes recherches sur le cerveau ont montré que ce dernier en est capable – le mot clé est: plasticité cérébrale. Je pense que c’est ainsi qu’on peut lutter contre l’aviophobie.

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