Éditoriaux Lifestyle Nutrition Santé

Une alimentation saine pour un corps sain

01.04.2019
par SMA

Dans un mode de vie toujours plus accéléré, combien de temps prenons-nous par jour pour penser notre rapport avec l’alimentation? Connaissons-nous nos véritables besoins nutritionnels ainsi que les différents moyens pour les remplir au mieux? Croyons-nous réellement en l’alimentation comme moyen efficace de se maintenir en bonne santé et de prévenir des maladies?

Pourtant, se nourrir de manière adéquate pour rester en bonne santé est une idée qui ne date pas d’hier. Près de cinq siècles avant JC, Hippocrate de Cos, le père de la médecine, faisait de l’alimentation un pilier de son approche thérapeutique, subtil mélange d’art et de science.

Repenser notre rapport à l’alimentation c’est aussi (ré)apprendre à discerner l’envie de consommer du besoin nutritionnel. Bien se nourrir c’est s’assurer que les milliards de cellules qui nous composent reçoivent la juste quantité de molécules nutritives.

Maximiser son potentiel de santé par la nutrition

Cependant, ces approvisionnements nutritionnels ne sont pas toujours garantis par nos choix alimentaires souvent guidés par nos préférences. Des déséquilibres entre apports et besoins nutritionnels peuvent alors survenir sous forme d’insuffisances voir plus sérieusement de déficiences. Ces déséquilibres, si ignorés, peuvent contribuer au développement ou à l’aggravation du risque de maladies. Alors comment maximiser notre potentiel santé au moyen de la nutrition? Comment déterminer nos besoins nutritionnels? Les recommandations alimentaires garanties par les instances de santé publique fournissent déjà un premier niveau d’information pour le consommateur. Cependant, ce n’est pas facile d’analyser cette quantité d’informations pour la mise en place d’une nutrition adaptée et facile à maintenir dans le temps.

Les avancées technologiques et scientifiques

La révolution digitale contribue en offrant des applications capables de calculer la quantité de nutriments absorbés par le corps. Cependant, on ne parle que de quantités théoriquement absorbées. Tout le monde est biologiquement différent, la détermination précise des besoins nutritionnels doit donc passer par des analyses médicales.

La variabilité biologique entre individus

Ces dernières années, un nombre croissant de travaux scientifiques a étudié la variabilité biologique entre individus. Qu’il s’agisse de variabilité génétique, métabolique ou de flore intestinale qui représente l’ensemble des micro-organismes du tube digestif, chaque individu absorbe et métabolise les nutriments à sa manière.

Repenser notre rapport à l’alimentation c’est aussi (ré)apprendre à discerner l’envie de consommer du besoin nutritionnel.

Ce principe d’unicité a servi de base au concept de nutrition personnalisée qui fournirait la quantité nécessaire de nutriments pour la couverture des besoins de chacun. Ceux-ci étant variables, la nutrition personnalisée du futur s’adapterait à l’âge, à l’état de santé, au style de vie et de l’environnement. Un tel concept crée un besoin pour de nouveaux outils de mesure des niveaux biologiques des nutriments. Ce qui appâte de multiples entreprises de technologie. Celles-ci optent soit pour l’amélioration des techniques de laboratoire déjà disponibles, notamment en termes de miniaturisation, soit pour la création de technologies révolutionnaires basées sur des biosenseurs, des approches digitales et d’intelligence artificielle, voire un mélange de celles-ci.

Santé, plaisir, culture, partage et respect pour la nature

L’opportunité économique est donc bien là et pour faire face à cette effervescence de nouvelles technologies, il deviendra de plus en plus important de valider et de contrôler les bases scientifiques des solutions nutritionnelles personnalisées en termes de santé publique. Dans un monde où la technique tend à dominer la connaissance, reste à espérer que l’homme aura la sagesse de penser son rapport à l’alimentation certes en termes de santé personnelle, mais gardant à la base les notions de plaisir, de culture, de partage et de respect pour la nature. Car se nourrir, n’est-ce pas bien plus que d’absorber des molécules nutritives, même en juste quantité?

Texte Dr. Serge Rezzi, Directeur Institut Suisse des Vitamines

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