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Comment faire de l’IA un avantage concurrentiel

28.10.2026
par Léa Stocky

Pour créer une valeur concrète et durable avec l’intelligence artificielle, il faut identifier les bons besoins et placer les bons outils aux bons endroits. Avec sa nouvelle présence en Suisse, Tapptic veut renforcer son accompagnement local et aider les entreprises à faire du digital un levier de croissance. Nous avons rencontré Benjamin Loth, Business Development Manager chez Tapptic.

Benjamin Loth, Business Development Manager chez Tapptic

Benjamin, qu’est-ce que Tapptic ?

Tapptic est un studio qui accélère le passage de l’idée à la réalité. Pendant des années, la plupart des bonnes idées de produits sont restées dans le backlog, parce que développer un logiciel était trop long et trop cher. Cela change vite, et c’est pour cela que nous existons. Nous sommes un studio d’ingénierie senior. Depuis 2009, nous avons réalisé plus de 300 applications, plateformes web et outils internes pour des entreprises des médias, de la finance, du sport, du transport et de l’industrie. Certains servent chaque jour des millions de personnes.

Tapptic fait partie du groupe ENEON, avec Idweaver, une agence de stratégie digitale arrivée en 2020, et Dataveon, qui développe l’AI Software Factory, notre moteur de production. Notre siège est à Bruxelles, nous avons un bureau à Paris, notre équipe de delivery travaille depuis la Pologne, et nous venons d’ouvrir une entité à Villars-sur-Glâne.

Nous travaillons depuis une dizaine d’années avec des clients comme le Comité International Olympique, la RTS, la FIBA, Braun et les Transports Lausannois. Notre nouvelle entité nous rapproche d’eux et nous permet d’apporter l’expérience de nos clients belges et français, comme AXA, BNP Paribas, le Groupe M6 et American Express.

Comment Tapptic utilise-t-elle aujourd’hui l’intelligence artificielle dans ses services et ses applications ?

Dans les services financiers, nous avons augmenté la conversion de 22 %. Le parcours de souscription de cartes faisait perdre des candidats. Nous l’avons refait avec la lecture automatique des documents, l’identité numérique itsme et des questions adaptées à chaque type de carte. Après le déploiement, nous avons mesuré le résultat et il nous a surpris nous-mêmes : 22 % de conversion en plus !

Dans l’industrie, nous avons réduit le temps d’intervention de 40 %. Les techniciens travaillaient avec des manuels papier de 300 pages. Presque chaque jour, les mêmes problèmes : la mauvaise page consultée, du temps perdu et des erreurs coûteuses. Après une analyse approfondie, nous avons créé une application de réalité augmentée qui affiche les instructions pas à pas directement sur l’équipement. Résultat : 40 % de temps d’intervention en moins.

Dans le sport, nous développons un assistant IA pour les supporters d’un club de Ligue 1. Il répond en temps réel sur le match, le club et les joueurs. 90 % des questions sont traitées en moins de 4 secondes, et nous voulons aller encore plus loin.

Enfin, nous optimisons notre façon de produire. Avec notre Tapptic Software Factory, notre équipe d’ingénieurs seniors orchestre des agents IA, et valide chaque livraison. L’IA écrit, nos équipes décident de ce qui part en production. Résultats, plus de fonctionnalités à budget égal, ou un délai de mise sur le marché plus court.

Et tous les départements peuvent aujourd’hui en profiter : le marketing bien sûr, mais aussi les RH, la production, les ventes ou le service client.

Quel risque court une entreprise qui ne prend pas le virage de l’IA au sérieux dès maintenant ?

Le marché a changé. La question n’est plus de savoir s’il faut passer à l’IA, mais dans quels domaines. Je vois deux risques. Le premier est d’attendre trop longtemps. Les clients changent leurs habitudes plus vite que la plupart des entreprises ne font évoluer leurs produits, et cet écart est difficile à combler une fois creusé.

Aujourd’hui, dès que nous avons une question, nous la posons plutôt à une IA qu’à Google. C’est pareil en e-commerce : quand nous voulons un avis extérieur en parcourant des produits, nous demandons à l’IA. Il y a deux ans, c’était marginal. Aujourd’hui, c’est le quotidien.

Le second est de se lancer sans plan clair. Une mauvaise intégration crée de la dette technique, et comme les modèles et les outils évoluent très vite, de mauvais choix d’architecture peuvent poser problème plus tôt que prévu. Construire quelque chose de fiable que les gens utilisent vraiment est notre défi au quotidien.

C’est pourquoi nous conseillons de commencer par un travail de fond, à partir d’un problème métier concret. Nous proposons un audit de deux jours pour aider les entreprises à voir où l’IA peut améliorer une application existante et quelles sont les prochaines étapes, sans s’engager dans une transformation complète.

Avez-vous de nouveaux projets ?

La seule limite désormais, c’est l’idée. Nos clients sont de plus en plus intéressés par des solutions qui ne vivent pas uniquement dans une application, mais également comme un assistant que les gens installent directement dans ChatGPT. Nous regardons de près la manière dont les gens utilisent leurs appareils. D’après nos données, beaucoup d’utilisateurs commencent une tâche sur leur téléphone et la terminent sur un ordinateur portable. L’iPhone Duo d’Apple pourrait changer cela. Prenons une application de mode : la tenue complète sur une moitié de l’écran, les pièces individuelles sur l’autre, chacune ajoutée au panier d’un geste.

Les lunettes connectées avancent vite aussi. Meta permet désormais aux entreprises d’étendre leurs applications existantes à l’affichage de ses lunettes. Nous avons déjà conçu un guidage en réalité augmentée pour des techniciens de terrain, et les lunettes le rendent mains libres.

Nous continuons aussi de penser à la suite. Pour une marque haut de gamme, une application pourrait offrir à ses meilleurs clients un rendez-vous de conseil privé à domicile. Quelques pièces sont livrées à l’avance, puis le conseiller guide le client à distance via ses lunettes : il voit ce que voit le client, et le client reçoit dans son champ de vision l’historique et les détails de chaque pièce qu’il tient en main. C’est l’expérience d’une boutique privée, chez soi, sans écran à manipuler. Enfin, nous préparons plusieurs événements en Suisse pour accroître notre visibilité, et nous participerons au concours Best of Swiss Apps 2027.

Plus d’informations sur
benjamin.loth@tapptic.com
www.tapptic.com

Interview: Léa Stocky

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