
Depuis 1958, Oral Clinic by Tétaz accompagne l’évolution de la médecine dentaire, des premiers gestes de prévention aux technologies numériques et biologiques d’aujourd’hui. Mais derrière les innovations, une même ambition demeure : prendre soin du sourire, parfois aider à retrouver confiance en soi et permettre à chacun de se sentir pleinement à l’aise avec son visage. Pour le Dr Luc Tétaz, la technologie n’a de sens que lorsqu’elle reste au service de cette relation humaine.

Dr Luc Tétaz, Fondateur, Oral Clinic
Dr Tétaz, votre cabinet est une histoire familiale qui remonte à 1958. Que représente cette continuité ?
Je suis né dans une famille où il y avait déjà un médecin-dentiste, une hygiéniste dentaire et j’ai suivi cette voie. J’ai terminé mes études il y a près de trente ans, puis j’ai repris le cabinet que j’ai progressivement fait évoluer avec une équipe jeune et dynamique. La troisième génération devrait bientôt rejoindre l’activité. Cette continuité ne signifie pas rester figé : nous continuons à avancer, notamment avec des technologies qui évoluent régulièrement. La passion reste le moteur. Rendre service, redonner un sourire et pouvoir accompagner des personnes tout au long de leur vie est un privilège.
En quoi la technologie a-t-elle changé votre métier ?
En trente ans, l’évolution a été considérable. La connaissance des matériaux reste importante, mais elle est devenue secondaire face à l’essor de l’informatique, des machines-outils et de l’usinage. Aujourd’hui, le flux numérique est utilisé quotidiennement, de l’imagerie aux empreintes numériques. Ces différentes données peuvent être réunies pour construire une représentation complète et préparer une intervention avec davantage de précision. L’intelligence artificielle peut également soutenir certaines analyses d’imagerie. La technologie permet ainsi d’envisager des interventions plus fines et moins invasives. Mais elle reste un outil : elle ne remplace pas le praticien.
Vous évoquez aussi une évolution biologique, notamment avec le plasma riche en facteurs de croissance (PGRF). Pourquoi cette piste vous intéresse-t-elle ?
C’est pour moi l’une des évolutions marquantes de ces dernières années. Le plasma riche en facteurs de croissance peut être préparé à partir du sang du patient afin d’utiliser ses propres éléments biologiques dans certaines prises en charge. L’intérêt est notamment d’explorer des possibilités qui accompagnent les processus de guérison et peuvent s’inscrire dans une approche visant à limiter le caractère invasif de certaines interventions. Cette évolution biologique complète l’évolution technologique. On voit également apparaître des matériaux de substitution qui ne sont pas d’origine animale, ainsi que des approches faisant appel aux propres cellules du patient pour certaines reconstructions. C’est un domaine qui évolue et qui demande, comme toujours en médecine, de bien connaître les indications.
Derrière cette technologie, quelle place reste-t-il à l’humain ?
Elle est fondamentale. La révolution technologique est finalement un prétexte pour rencontrer des gens, mais une prise en charge humaine reste essentielle. La confiance permet de parler simplement des problèmes et d’avancer ensemble. Dans notre métier, nous travaillons en plus dans une zone très intime : la bouche. Le sourire touche à l’image que l’on renvoie aux autres, mais aussi à la manière dont on se perçoit soi-même. Quand un patient nous dit qu’il a de nouveau envie de sourire, c’est une vraie satisfaction. La technologie peut nous aider à mieux travailler, mais la relation entre deux personnes reste irremplaçable.
Vous défendez une approche « Santé 360 ». Comment la définir ?
Pour moi, c’est d’abord le rôle d’un médecin-dentiste de famille : suivre une personne sur le long terme, connaître son histoire et pouvoir lui proposer, selon ses besoins et les compétences disponibles, les techniques les plus adaptées. Lorsqu’une expertise n’est pas disponible au cabinet, il faut savoir orienter le patient. L’essentiel est d’avoir une prise en charge cohérente et efficiente. Le fait de réunir plusieurs compétences au même endroit facilite aussi la coordination et peut limiter le nombre de rendez-vous.
La prévention semble occuper une place particulière dans cette vision. Pourquoi ?
Parce qu’elle permet d’intervenir avant que les problèmes ne deviennent importants. J’ai eu la chance de commencer dans un cabinet où l’hygiène et la prévention avaient été introduites très tôt. Le travail du dentiste ne suffit pas : il faut aussi une équipe spécialisée dans la prophylaxie et l’entretien. Un suivi régulier permet notamment de détecter certaines caries à un stade où les soins peuvent rester plus simples. La douleur n’est pas une alarme suffisante en médecine dentaire. C’est pourquoi le contrôle régulier et l’éducation à l’hygiène bucco-dentaire sont essentiels.
Et à quoi ressemble, selon vous, la dentisterie de demain ?
Je pense que nous allons continuer à voir progresser à la fois la technologie et la biologie. Les outils numériques permettent déjà de préparer certaines interventions avant même qu’elles aient lieu, tandis que les approches biologiques ouvrent d’autres perspectives. Mais je ne voudrais surtout pas opposer technologie et humanité. Ce que je propose en 2026 ne ressemble plus à ce que je faisais il y a vingt-cinq ans, ni même à ce que je faisais il y a cinq ou sept ans. L’enjeu est de mettre les connaissances et les outils de son époque à disposition du patient, tout en conservant ce qui fait l’essence du métier : l’écoute, la confiance et le contact humain.
Plus d’informations sur www.oral-clinic.ch
Interview Océane Kasonia
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