Montres, bijoux de grandes maisons et pièces rares : le luxe de seconde main séduit une clientèle toujours plus diverse. Avec un réseau de plus de 40 boutiques en Suisse, The Swiss Collector s’est imposée comme la référence suisse du secteur. Son fondateur et CEO, Romuald Abela, défend une approche où l’accessibilité va de pair avec l’authenticité et le savoir-faire.

Fondée en 2004 avec une première boutique à Nyon, The Swiss Collector s’est spécialisée dans l’achat et la vente de montres, de bijoux et de pièces de maroquinerie de luxe. En plus de vingt ans, Romuald Abela a vu évoluer les habitudes : la seconde main est devenue une manière assumée de rechercher la qualité et la rareté, tout en bénéficiant d’un prix plus accessible. Derrière chaque objet, il y a aussi une histoire qui peut se prolonger entre de nouvelles mains.
Les motivations des acheteurs sont multiples. Certains souhaitent accéder à une grande maison sans payer le prix du neuf ; d’autres recherchent un modèle particulier ou une pièce devenue difficile à trouver. Rolex, Patek Philippe et Omega attirent les amateurs d’horlogerie, tandis que Cartier, Van Cleef & Arpels ou Bulgari comptent parmi les noms recherchés en joaillerie. Certaines pièces de maroquinerie se distinguent également par leur cote.
« Le client recherche le meilleur prix, la qualité, la garantie : des produits équivalents à ceux du neuf, à moindre prix, et des pièces rares », résume Romuald Abela. Il distingue les clients qui privilégient le prix de ceux qui cherchent la rareté : « Il y a deux types de clients, finalement. Il y a des personnes qui cherchent la rareté et des personnes qui cherchent le prix. »
The Swiss Collector sélectionne les pièces proposées à la vente et assortit ses montres d’une garantie de deux ans. Son réseau de boutiques implantées dans toute la Suisse, permet de découvrir les pièces et de les essayer près de chez soi, tandis que sa plateforme en ligne lui ouvre une clientèle internationale.
L’authenticité, clé de la confiance
Sur le marché du luxe, l’authenticité est un préalable. Lorsqu’une montre, un bijou ou un sac représente plusieurs milliers de francs, l’acheteur doit pouvoir compter sur des vérifications sérieuses. « Avoir la garantie d’authenticité, c’est important », souligne Romuald Abela. Les contrôles commencent dès le rachat : la provenance, les certificats et les caractéristiques de la pièce sont examinés. Si un doute subsiste, l’entreprise peut différer la transaction et solliciter les maisons concernées pour des vérifications complémentaires.
« Si on a le moindre doute, on n’achète pas », précise le fondateur. Cette exigence repose sur plus de vingt ans d’expérience et sur une connaissance fine des objets. « La vraie compétence, c’est l’expérience. C’est le terrain », estime-t-il. L’œil se forme au contact des pièces, grâce à la curiosité et à une passion réelle pour l’horlogerie, la joaillerie et la maroquinerie.
Présente dans toute la Suisse, l’entreprise peut aussi se rendre auprès de grandes maisons et manufactures pour faire contrôler certains objets. Mais la confiance ne repose pas uniquement sur l’expertise technique. Elle se construit dans l’échange avec le client, qu’il vienne acheter ou vendre. « Le mot phare, c’est commerçant », insiste Romuald Abela. Écouter, conseiller et prendre le temps de répondre aux questions comptent autant que la qualité de la pièce.
Un univers à découvrir en boutique
Au-delà de la vente, The Swiss Collector accompagne ses clients à chaque étape de la vie d’une pièce : estimation, rachat ou vente en dépôt de montres, d’or, de bijoux et d’objets précieux. Côté bijouterie, l’atelier propose aussi la création sur mesure, la transformation et la restauration, du croquis à la pièce finie. Une pièce repérée en ligne peut être essayée dans la boutique la plus proche, avec les conseils d’une équipe de spécialistes.
Restaurer plutôt que remplacer
Le luxe de seconde main s’inscrit aussi dans une logique d’économie circulaire. En restaurant les montres et les bijoux, The Swiss Collector leur permet de retrouver leur éclat et de revenir sur le marché. L’entreprise dispose de son propre atelier de bijouterie et collabore avec des horlogers partenaires pour remettre certaines pièces en état. L’or racheté aux particuliers peut également être fondu, puis réutilisé pour fabriquer de nouveaux bijoux.
« Un bijou bien restauré retrouve l’éclat du neuf », affirme Romuald Abela, en évoquant le résultat d’une restauration soignée. Une pièce bien restaurée peut retrouver un état proche du neuf, tout en étant proposée à un prix généralement plus accessible. C’est aussi une façon de prolonger l’usage d’objets précieux plutôt que de les laisser dormir dans un tiroir.
Pour le fondateur, le marché devrait continuer à progresser, porté par l’évolution des attentes et par l’intérêt croissant des grandes marques elles-mêmes pour la seconde main. Le luxe ne se mesure pas seulement à la nouveauté : il réside aussi dans la capacité d’un objet à traverser le temps, à être entretenu et à poursuivre son histoire.

Romuald Abela Fondateur, The Swiss Collector
Romuald Abela, qu’est-ce qui a changé dans les habitudes des consommateurs depuis 2004 ?
La seconde main est entrée dans les mœurs. Les clients recherchent le meilleur prix, mais aussi des pièces rares ou des modèles qu’ils ne trouvent plus dans les circuits traditionnels.
Comment garantissez-vous l’authenticité des pièces ?
Nous examinons la provenance, les certificats et les caractéristiques de l’objet. Si nécessaire, nous sollicitons les maisons concernées pour des vérifications complémentaires. Lorsqu’un doute persiste, nous préférons renoncer à l’achat plutôt que de prendre un risque.
Comment voyez-vous évoluer le marché dans les prochaines années ?
Je pense que le marché suisse, comme le marché mondial, va continuer à progresser. Les habitudes changent, et le fait que de grandes marques développent elles-mêmes leurs offres de seconde main montre que ce marché a pris de l’importance.
Texte & Interview Océane Kasonia
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