Entreprendre : ou l’art de trouver sa voie après une première vie professionnelle
Beaucoup hésitent à entreprendre, convaincus d’être trop jeunes… ou déjà trop vieux. Dominique Ben Dhaou, qui a elle-même franchi ce cap après 50 ans, accompagne aujourd’hui celles et ceux qui veulent se réinventer et créer une activité durable, alignée avec leur histoire.

Dominique Ben Dhaou
Fondatrice, PointNorth
Changer de vie professionnelle ne relève pas forcément d’un appel précoce. Pour Dominique Ben Dhaou, fondatrice de PointNorth, entreprendre n’a pas toujours été une évidence, mais un choix mûri, posé à un moment charnière de sa carrière. Après 30 ans dans de grandes structures internationales, elle a décidé, passé 50 ans, de créer la sienne. Une transition qu’elle souhaite aujourd’hui éclairer pour celles et ceux qui envisagent un pivot similaire, quel que soit leur âge. Pendant trois décennies, Dominique Ben Dhaou a occupé des fonctions de direction dans les ressources humaines, dans des environnements structurés, dotés de supports, de process et d’équipes dédiées. Un univers très éloigné, selon elle, de l’entrepreneuriat, souvent perçu à tort comme une version « libre » du salariat. Pour elle, devenir entrepreneure n’a jamais été un choix par défaut, mais une recherche d’alignement : l’envie de créer autrement, de contribuer différemment, et de refuser l’idée qu’à 50 ans, il serait temps de ralentir. « On suggère souvent à cet âge de prendre sa retraite, de faire des gâteaux ou du golf. Mais à 50 ans, on est juste au milieu de sa vie », dit-elle en souriant. Ce passage fut pourtant loin d’être évident, sa décision s’étant heurtée aux mêmes freins que rencontrent la plupart des futurs entrepreneurs à savoir la peur de ne pas être « assez âgé » ou d’être « déjà trop vieux ».
Trouver sa clientèle, construire son offre, apprendre un nouveau métier
Aujourd’hui, Dominique Ben Dhaou tient avant tout à transmettre quelque chose d’utile, non pas seulement raconter son parcours, mais partager des idées simples qui peuvent aider, débloquer une situation ou offrir une piste concrète. Son discours se veut pragmatique et sans fausses promesses : l’entrepreneuriat n’est ni un choix de facilité, ni la suite logique d’un métier, ni un copier-coller du poste occupé en entreprise. « Être comptable et devenir indépendante pour faire la même chose, ce n’est pas entreprendre. C’est être self-employed », explique-t-elle. Pour elle, entreprendre, c’est créer une solution qui répond à un besoin réel. Et le mot « créer » n’a rien d’anodin. « Il ne s’agit pas d’avoir une idée géniale façon Bill Gates, mais de comprendre ce que l’on peut apporter à une clientèle précise, identifiée, cohérente avec son histoire personnelle et professionnelle. Cette approche demande de renverser la logique habituelle : ne pas partir de ce que l’on sait faire, mais de ceux avec qui l’on souhaite travailler, de leurs besoins, puis des solutions qu’on peut réellement leur offrir. » Pour guider ceux et celles qu’elle accompagne, Dominique Ben Dhaou pose toujours la même question centrale : « quel lien existe entre l’histoire d’un entrepreneur et les personnes qu’il souhaite accompagner ? Car une clientèle ne se choisit jamais au hasard ». Construire ce « pont » entre l’histoire de l’entrepreneur et celle de sa clientèle idéale est, selon elle, une étape structurante. Elle donne de la légitimité, de la cohérence et permet de formuler une solution utile et crédible. Se lancer demande ensuite d’acquérir (ou de réapprendre) des compétences autrefois fournies par l’entreprise, comme le marketing, les réseaux sociaux, la finance, la présentation d’offres ou encore la gestion du temps. Pour celle qui se décrit comme « actrice de transformation professionnelle », la formation et la capacité à s’entourer des bonnes personnes jouent également un rôle déterminant. L’état d’esprit est tout aussi crucial : « on ne peut pas apporter de valeur à un client si l’on arrive épuisé, négatif ou démoralisé ». Celle qui aide et accompagne désormais les autres à se lancer insiste également sur un point souvent sous-estimé : la gestion du temps. « Dans l’entrepreneuriat, la liberté est une responsabilité. » Les journées intenses, les creux imprévus, les appels tardifs, les week-ends flous… tout cela s’apprend et se maîtrise. « Notre vie est la résultante d’une somme de microdécisions », dit-elle. Un entrepreneur doit donc décider consciemment comment utiliser son temps, qui reste sa ressource la plus précieuse.
Entreprendre au féminin et après 50 ans : une force que l’on oublie souvent
Si Dominique Ben Dhaou se décrit comme « féminine mais pas féministe », elle reconnaît volontiers la résilience dont font preuve nombre de femmes qu’elle accompagne, habituées depuis longtemps à composer avec des pressions multiples. Quant aux entrepreneurs plus âgés, les chiffres sont clairs : ils ont statistiquement davantage de chances de créer des entreprises pérennes, du fait de leur expérience, de leur réseau, de leurs échecs et succès passés ou encore de leur stabilité financière. « Autant d’atouts qu’on oublie trop souvent de valoriser. » Les jeunes comme les seniors, dit-elle, expriment au fond la même croyance limitante : « Je ne suis pas assez ». Or, l’âge n’est pas un argument déterminant pour réussir. Certes rien n’est acquis, tout évolue, et chacun doit continuellement se remettre en question pour s’adapter. Mais pour celles et ceux qui souhaitent avoir un impact, créer quelque chose de sensé et éviter un jour de se dire « si j’avais su… », cette voie de l’entreprenariat reste une formidable opportunité.
Plus d’informations sur :
dominique@pointnorth.biz
pointnorth.biz

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