Interview Mobilité

La mobilité électrique: l’avis de Nick De Vries

07.01.2022
par Andrea Tarantini

Originaire des Pays-Bas, Nick de Vries est un pilote de Formule E qui se décrit comme positif et déterminé. En 2021, lors de sa deuxième saison, il est devenu le premier champion du monde de Formule E de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) et a également remporté le titre de champion du monde de Formule E avec l’équipe Mercedes-EQ Formula E Team. Dans l’interview qui suit, le jeune pilote automobile nous explique ce que la Formule E représente pour lui et pourquoi la mobilité durable est notre avenir.

Nyck de Vries, pourquoi avez-vous décidé de devenir pilote automobile? 

Ma famille, et en particulier mon père, a toujours été passionnée par les voitures, le sport automobile et les courses. Je pense que mon père était content et fier de me voir évoluer dans ce monde à un âge précoce. De nombreux pilotes commencent à courir à un jeune âge, c’est ce qui fait de ce sport un véritable style de vie. En ce qui me concerne, j’ai toujours rêvé de devenir un pilote automobile et d’atteindre un haut niveau. Tout comme mes collègues, je travaille dur, car je veux être le meilleur dans ce que je fais.

Pourquoi avez-vous choisi de faire carrière en Formule E?

Pour être honnête, l’aspect de la durabilité n’a pas été le critère déterminant dans cette décision. J’ai été actif en Formule 2 pendant quelques années lorsque la possibilité de courir en Formule E s’est présentée à moi. À ce moment de ma carrière, j’ai simplement senti que c’était la bonne décision.

En quoi les courses en Formule E sont-elles différentes de celles en Formule 1?

En Formule E, nous ne pouvons pas utiliser la télémétrie qui, en Formule 1, permet d’analyser les données en temps réel. L’équipe ne peut donc pas voir en direct quel est l’état des véhicules. Ainsi, pour que l’équipe puisse nous guider tout au long de la course, nous, les pilotes, devons leur communiquer des informations en permanence. Cette communication plus importante entraîne une augmentation des efforts de gestion. 

Certaines personnes considèrent le bruit d’un moteur à combustion, qui disparaît avec les voitures électriques, comme un indicateur de la performance d’un véhicule. Qu’en pensez-vous?

L’idée qu’il existe un lien entre le bruit d’un véhicule et sa puissance ou sa vitesse est une illusion. En effet, aujourd’hui, il n’y a plus besoin de protections auditives autour du circuit, que ce soit en Formule 1 ou Formule E. Pourtant, les véhicules sont plus rapides qu’ils ne l’ont jamais été.

Les voitures autonomes deviennent de plus en plus une réalité. Cela aura-t-il une influence sur votre travail?

Non, pas du tout. Je pense qu’on ne peut pas s’enthousiasmer pour des courses de voitures autonomes. La pandémie souligne certes l’importance des médias sociaux et des technologies, mais aussi celle de l’interaction et de la communication humaine. Et du point de vue du sport, je ne suis même pas sûr qu’il sera un jour possible de faire fonctionner des voitures de course sans intervention humaine.

Comment voyez-vous l’avenir de la mobilité électrique?

L’électromobilité est notre avenir, ce n’est qu’une question de temps. Cela dépendra de la vitesse à laquelle les constructeurs pourront développer des véhicules qui soient faciles à conduire et accessibles à tous et à un bon prix. De nombreux pays ont d’ailleurs besoin d’un changement d’infrastructures. Il ne doivent pas seulement mettre à disposition davantage de stations de recharge, mais aussi répondre aux besoins en électricité générés par la charge simultanée de centaines de milliers de voitures électriques.

Quelles sont les caractéristiques des véhicules de Formule E qui peuvent être améliorées ou révolutionnées au cours des dix prochaines années?

Les changements devraient concerner la batterie. Nous sommes en mesure de construire des moteurs électriques incroyablement puissants, mais les batteries ne sont pas assez puissantes et ne fournissent que peu de stockage et de capacité d’énergie. De plus, elles sont toujours lourdes. En Formule E par exemple, elles peuvent peser plus de 300 kilos.

Et comment voyez-vous votre avenir?

Le monde évolue très rapidement. Il est difficile de dire quel sera le championnat le plus excitant ou le plus intéressant pour moi et ma carrière. Lorsque j’ai débuté en Formule E avec Mercedes-Benz, j’espérais pouvoir courir pendant dix ans ou plus. Malheureusement, les choses peuvent changer en fonction des circonstances et nous ne savons jamais ce qui nous attend. Je suis néanmoins certain d’une chose: des bonnes performances sur les pistes sont le seul moyen d’obtenir d’autres opportunités pour ma carrière.

Interview Andrea Tarantini & Léa Stocky

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