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Les femmes entrepreneures gagnent du terrain en Suisse

04.08.2019
par SMA

Lentement mais sûrement, les femmes renforcent leur présence dans le secteur de l’entrepreneuriat en Suisse. Ne manquant pas d’atouts pour s’imposer dans un univers encore régi en majorité par les hommes, elles mettent à profit ce qui fait leur différence pour surmonter les obstacles et tordre le cou aux stéréotypes. 

Si comme partout ailleurs, l’entrepreneuriat en Suisse reste un domaine majoritairement dévolu aux hommes, cette disparité est en train de se réduire. Selon l’OFS (Office fédéral de la Statistique) 33,8 % des 39 000 nouvelles entreprises créées en Suisse en 2015 ont été créées par des femmes. Mieux encore, la proportion féminine au sein de la population d’entrepreneurs suisses s’élève à 38 % au 2ème trimestre de l’année 2017, ce qui représente près de 10 points supplémentaires par rapport à 1991, année où cette proportion n’atteignait que 28,2 %. Elles sont aujourd’hui 40 000 suissesses à avoir tenté le défi de la création d’entreprise, et sont chaque année plus nombreuses à le relever.

Des atouts pour se démarquer

Dans le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation, le fait d’être une femme est un atout qui fait désormais la différence. Portant sur le monde un regard particulier, dotées d’une qualité d’écoute et d’une intuition qui les rendent plus aptes à identifier les besoins qui émergent au sein de la société, les femmes ont des qualités particulières qui leur donne le pouvoir de se démarquer.

Si la plupart de celles qui entreprennent lancent leur activité de préférence dans les secteurs des services, de l’enseignement ou de l’action sociale, les plus jeunes n’hésitent pas à investir des univers encore très peu paritaires, à l’exemple du digital. Preuve de cet intérêt, le groupe «Women in Digital Switzerland», dont l’une des missions est de valoriser l’activité des femmes dans le numérique en Suisse, compte déjà plus de 1500 membres.

Des prix encouragent également les talents féminins dans le secteur de la tech, à l’exemple du prix Isabelle Musy qui récompense tous les deux ans une femme porteuse d’un projet entrepreneurial dans le domaine des hautes technologies.

Des obstacles à dépasser

En dépit de cette évolution, les freins à la création d’entreprise demeurent toutefois encore nombreux pour les femmes. Avec tout d’abord, des freins psychologiques: crainte de ne pas réussir à maintenir un équilibre entre sa vie privée et sa vie professionnelle, culpabilité des mères de famille vis-à-vis de leurs enfants, manque de confiance en soi ou impression de ne pas être légitime… Autant de facteurs qui viennent souvent entraver leurs aspirations entrepreneuriales.

Quand ces limites personnelles sont dépassés, les femmes rencontrent d’autres obstacles sur leur parcours de future cheffe d’entreprise, à commencer par la difficulté à obtenir des financements. Bien qu’elles sollicitent moins souvent de prêts bancaires, les femmes se voient ainsi opposer un taux refus près de deux fois plus élevé que leurs homologues masculins. Dans ce contexte, les femmes qui se lancent dans l’aventure de la création d’entreprise ont tout intérêt à rejoindre un réseau d’entrepreneuriat pour être soutenues et accompagnées dans leur démarche.

Des réseaux sur lesquels s’appuyer

Ils s’appellent le «Career Women’s Forum» cwf.ch ou encore «Genuine Women» genuinewomen.ch. Ces réseaux de networking au féminin, de plus en plus nombreux en Suisse, se sont donné pour mission d’aider les femmes à concrétiser leurs rêves d’entrepreneuriat en les accompagnant jusqu’à l’aboutissement de leurs projets.

Leur concept? Proposer aux futures cheffes d’entreprise de se rencontrer régulièrement. À l’occasion d’un petit-déjeuner ou d’une soirée, elles peuvent alors échanger conseils et expériences et élargir leurs cercles de relations professionnelles. Mais aussi, participer à des workshops pour acquérir de nouvelles compétences ou bénéficier d’un programme de mentoring sur mesure, adapté au profil et à la démarche de chacune. De quoi donner des ailes aux plus frileuses d’entre elles!

L’entrepreneuriat, ça s’apprend!

Favoriser l’esprit d’entreprise et d’innovation des jeunes de 11 à 18 ans, tel est l’objectif de «Graines d’entrepreneurs». Plusieurs établissements de Suisse romande ont déjà adopté ces ateliers hebdomadaires destinés aux écoliers. Ces derniers, encadrés par des coachs, proposent aux enfants de se familiariser de manière interactive et ludique avec l’entrepreneuriat. Ainsi, ils simulent toutes les étapes de création d’une entreprise, depuis l’idée de départ jusqu’au business plan. Un dispositif qui a pour mission de transmettre, dès aujourd’hui, aux enfants les outils qu’ils pourront mettre en œuvre pour entreprendre et innover demain. Forte de son succès, la formule «Graines d’entrepreneurs» se décline également en stages et camps d’été. Certains sont réservés aux filles de 11 à 16 ans: un bon moyen pour elles de se conforter dans l’idée qu’elles auront toute leur place demain dans le monde de l’entrepreneuriat.

www.grainesentrepreneurs.ch

Les «mampreneurs», du biberon au business plan

Concilier maternité et entrepreneuriat: c’est le challenge que choisissent de relever les «mampreneurs»! Ces mères de famille qui se lancent dans l’aventure de la création de leur entreprise. Née aux Etats-Unis, il y a une vingtaine d’années, la tendance «mompreneurs» est apparue plus récemment en Suisse. Elle répond à deux besoins incompatibles avec le salariat classique. C’est-à-dire s’épanouir professionnellement dans une activité en phase avec ses convictions et ses valeurs, tout en conservant des horaires flexibles et adaptés à ses impératifs familiaux.

Pour y arriver, les «mampreneurs» choisissent une activité qui leur permet de travailler chez elle, quitte à revenir sur leurs dossiers une fois les enfants couchés. Loin d’être la panacée, ce choix présente malgré tout quelques revers de médaille. Parmi les plus notables, l’isolement lié à l’exercice d’une activité à domicile, et la difficulté à maintenir une frontière nette entre travail et vie personnelle.

Pour éviter ces écueils, beaucoup décident de rejoindre un réseau de femmes confrontées aux mêmes problématiques, auprès duquel elles trouvent soutien, conseils et échange d’expériences. Celles qui réussissent le mieux savent aussi renoncer à vouloir tout mener de front, en trouvant par exemple un mode de garde pour les enfants non scolarisés, et en instituant des règles strictes: ne pas travailler le week-end, se ménager des moments rien qu’à elles… Un équilibre certes délicat, mais particulièrement épanouissant pour celles qui réussissent à l’atteindre.

Texte Anne Wick 

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