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Architecture: les talents romands sont là

08.06.2018
par SMA

2018 est une année importante pour l’architecture romande. Tous les 4 ans depuis 2006, les ouvrages récents de la région sont évalués par un jury d’experts. Ceci, dans le cadre de la Distinction Romande d’Architecture (DRA) qui met en lumière la pratique architecturale de la région.

Parfois en retard par rapport aux villes alémaniques en matière de développement urbain, des agglomérations romandes s’activent pour combler leur retard. C’est le cas de Genève.

L’architecture comme projet de société

L’architecture est le véhicule d’un projet de société. Ce doit être une discipline tranquille et bienveillante pour construire l’espace public. Ce serait une erreur d’y chercher une course bruyante à la performance. Pensez à des villes que vous connaissez où des bâtiments emblématiques ponctuent l’espace public. Paris par exemple: Notre-Dame, Beaubourg, le Sacré-Coeur, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe ou plus récemment la Fondation Vuitton. Ce sont des bâtiments repères. Ils sont rares et très différents tant dans leur fonction que dans leur forme. Entre eux s’étend une ville faite d’une exceptionnelle homogénéité architecturale et d’espaces publics mesurés.

L’homogénéité, un facteur essentiel

Il est important que les organisateurs de concours et les acteurs de l’économie soient conscients de l’importance de ce ciment. Les procédures ne doivent pas systématiquement chercher à valoriser des interventions spectaculaires et des «bâtiments signature» qui établissent une confusion entre branding et culture.

Les contraintes de pérennité

On parle d’architecture aujourd’hui. Cet édito dans Bilan en est le reflet. Face au enjeux du développement durable, on aime à croire que la qualité, à la fois créative et technique de cette discipline, en fait le véhicule idéal d’une société renouvelée. Que les architectes créatifs trouveront des façons de répondre aux enjeux de la pérennité et que ces réponses se traduiront par des formes innovantes. Que le développement durable se verra dans la forme spectaculaire et évocatrice de bâtiments traduisant de façon évidente un nouveau paradigme.

Ceci est à mon sens un marketing loin de la réalité car la construction obéit sempiternellement aux mêmes contraintes de pérennité.
Par ailleurs, le carcan normatif de plus en plus dense interdit d’imaginer librement des réponses. Gabarits, distances, dimensions, accessibilité, sécurité, bruit, coût… l’architecture est au carrefour des contraintes. Un sous ensemble commun de plus en plus petit. En 25 ans on a oblitéré 10’000 ans d’héritage. Tout est devenu illégal à l’aune des normes actuelles.

En conclusion, je tiens à souligner l’importance d’une architecture concrète et patiente pour créer un espace social de qualité. La pratique actuelle de l’architecture en Suisse Romande est à même de répondre de façon concertée et homogène à cet enjeu et je souhaite vivement que les institutions et les acteurs de la construction en prennent plus largement conscience encore.

Texte Charles Pictet Vice-Président de la Fédération des Architectes Suisses

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