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Incertitude: comment y faire face?

18.06.2019
par SMA

Immigration, environnement et climat, retraite et risque d’exclusion du marché du travail. Telles sont, années après années, les principales préoccupations de nos concitoyens. Seul l’ordre change au gré de l’actualité et de la conjoncture. Côté entreprises, les préoccupations clés ne varient elles aussi pas fondamentalement. En tête de liste la pénurie de main-d’œuvre, un accès facilité aux marchés étrangers et la nécessité d’un cadre législatif et d’infrastructures compétitives. La préservation des ressources naturelles et du climat de même que la consolidation de notre système de retraite figurent aussi à l’agenda des milieux économiques.

Au fond, population, entreprises et autorités politiques recherchent la même chose. Il s’agit du maintien de notre niveau de bien-être. Comme c’est le propre de ceux qui ont beaucoup à perdre, le besoin de certitudes et de «garanties» s’accroît. Or, bien que légitime, cette aspiration est illusoire. L’incertitude est inhérente à l’existence. Il faut s’en faire une raison tout en continuant à se battre, sur tous les fronts, pour anticiper et gérer ce qui est en notre pouvoir. Il s’agit aussi d’éviter de se créer des problèmes soi-même. A cet égard, on peut mieux faire. Il serait par exemple hautement souhaitable que le Conseil fédéral empoigne la brûlante question de l’accord-cadre à bras le corps et clarifie les éléments qui ressortent de la «consultation».

Abroger la libre circulation des personnes?

Or, il reportera vraisemblablement la signature après la votation sur l’initiative UDC qui vise à abroger la libre circulation des personnes (2020). L’UE prendra ses dispositions et l’érosion de la voie bilatérale se poursuivra – au détriment des entreprises et des instituts de formation et de recherche entre autres. Prolonger l’incertitude dans nos relations avec notre principal partenaire commercial ne résoudra rien. Cela s’ajoute aux nombreux défis structurels auxquels notre économie fait face.

Au fond, population, entreprises et autorités politiques recherchent la même chose: le maintien de notre niveau de bien-être. – Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse

Révolution digitale

Pensons à la révolution digitale. Outre la refonte partielle ou totale des modèles d’affaires, elle nécessite d’accompagner le personnel dans l’acquisition de nouvelles compétences (hard and soft skills), de lever des peurs parfois irrationnelles face aux évolutions technologiques (voire la 5G), et de s’assurer que la technologie reste au service de l’humain et non l’inverse. Rapidité des changements et grande part d’inconnues caractérisent ce changement de paradigme majeur. A tel point qu’une nouvelle forme de management a déjà percé: la «navigation professionnelle à vue»! Cette formule exprime à la fois l’impossibilité de tout maîtriser et la nécessité de tirer bénéfice de l’incertitude.

Texte Cristina Gaggini 

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