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Le Corbusier: architecte à l’approche incisive

10.06.2019
par Thomas Pfefferlé

En Suisse, lorsque l’on évoque l’architecture, on ne peut passer à côté de Le Corbusier. Célèbre pour ses réalisations, dont certaines sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco, le théoricien appliquait les méthodes d’ingénierie à son domaine. Retour sur un personnage dont l’approche pragmatique continue d’influencer la branche.  

Né à La Chaux-de-Fonds en 1887, Le Corbusier figure parmi les fondateurs du modernisme. Minimaliste et fonctionnel, ce mouvement architectural promeut des matériaux tels que le fer, l’acier, le béton et le verre. Certaines de ses réalisations marquent un tournant majeur dans la branche et rompent avec les codes classiques et traditionnels. Partant du principe que les méthodes propres à l’ingénierie doivent être appliquées dans l’architecture, le théoricien est notamment l’inventeur de «l’unité d’habitation». Des cités censées être adaptées aux dimensions et mesures humaines, telles que la fameuse Cité radieuse de Marseille. Admirée ou décriée, elle continue d’attiser un vif débat sur la conception de l’architecture moderne.

Origines et influences

Descendant d’une lignée d’artisans, Charles-Edouard Jeanneret (nom de naissance) commence une école de graveur-ciseleur à La Chaux-de-Fonds dans les années 1900. Il suit le même parcours que son père, directeur d’une société spécialisée dans l’émaillage de cadrans dans l’industrie horlogère jurassienne. A 15 ans, le futur Le Corbusier réalise alors sa première gravure sur boîtier de montre. Une pièce d’ailleurs conservée au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds. Un travail qui lui vaudra en outre une première récompense lors de l’exposition des arts décoratifs de Turin en 1902.

Suite à d’importants problèmes de vue, l’artisan s’orientera vers d’autres domaines, ne pouvant espérer faire carrière dans l’artisanat horloger. Il désire devenir artiste-peintre mais son professeur l’orientera vers l’architecture et la décoration. Ce dernier ne décelait pas son talent dans la peinture. Avec deux autres élèves, il est alors invité à participer à la réalisation d’une maison. A l’âge de 17 ans, il prend part à la décoration de sa première villa sous l’égide de l’architecte Chapallaz, qui aura une grande influence dans ses premières années architecturales.

Le voyageur aux projets fous

Doté d’une imagination et d’une créativité débordantes, Le Corbusier s’est notamment fait connaître grâce à ses nombreux voyages. En l’ayant influencé personnellement et professionnellement, ils lui ont permis de développer sa conception et sa technique de l’architecture. Pendant ses périples, il veillait à prendre le temps nécessaire pour analyser la manière dont l’architecture des endroits qu’il traversait donnait naissance aux immeubles qu’il voyait. Dans ce sens, on peut constater que son architecture et son style particulier découlent d’un condensé d’observations internationales et multiculturelles.

Une identité plurielle et forte, qui pouvait donner naissance à des projets un peu fous, comme celui du «plan voisin». Son idée, présentée dans les années 1920, prévoyait entre autre de bâtir une ville de trois millions d’habitants sur un terrain dégagé situé en région parisienne. Un projet dont les proportions impressionnantes. 24 gratte-ciels pour loger 500 000 habitants, une cité d’affaires de 240 hectares, une périphérie d’usines et des cités jardins éloignées. A l’époque, tout cela a séduit l’industriel Gabriel Voisin, constructeur d’avions et d’automobiles. Ce dernier finança d’ailleurs une étude dans l’optique de pouvoir concrétiser ce projet au centre de la capitale française. Cette collaboration entre Le Corbusier et Voisin permet de souligner l’obsession de l’architecte pour le modernisme. Et notamment la place des automobiles dans la ville.

Parfois brutale, sa conception de l’urbanisme très tranchée pouvait être décriée. Tourné vers l’avenir, le théoricien prévoyait en effet de raser des immeubles et rues historiques, datant parfois de plusieurs siècles, pour donner naissance à ses idées les plus folles.

Une vision franche, certainement en décalage avec son temps, qui a tout de même le mérite de continuer à alimenter les débats sur les directions à suivre dans l’architecture de demain.

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