On parle de souveraineté. Mais de quelle souveraineté ? Celle des algorithmes et des datacenters ? Celle des brevets et des métavers ? C’est important. Ce n’est pas suffisant. Et ce n’est pas là que se joue l’essentiel de la vie économique française. Il y a une autre souveraineté. Moins spectaculaire. Infiniment plus solide. Celle de l’économie du réel, l’économie de proximité, ancrée dans les territoires et irremplaçable.

Claudia Ruzza
Directrice Générale, Positiv
Le plombier, l’auxiliaire de vie, le restaurateur, l’artisan du bâtiment : ce sont des métiers essentiels. Des services dont personne ne peut se passer. Des secteurs qui font tenir la vie quotidienne des Français et la cohésion de nos territoires avec. Ces entreprises-là ne se délocalisent pas. Elles ne partent pas quand les conditions deviennent moins favorables. Elles restent. Elles tiennent. Elles créent des emplois là où il en manque, elles répondent à des besoins concrets là où les grandes enseignes ont parfois renoncé.
Depuis 20 ans, Positiv accompagne des entrepreneurs dans l’artisanat, les services à la personne, la restauration ou le bâtiment. En 2025, 800 entreprises ont été créées, portées par des femmes et des hommes souvent issus de territoires populaires, avec des parcours variés mais une même volonté d’entreprendre.
Le résultat ? 85 % de ces entreprises sont encore debout à trois ans. La moyenne nationale est autour de 60 %. Parce que l’économie de proximité mérite autant d’attention, autant d’investissement, autant de fierté que n’importe quel secteur dit « d’avenir ».
La vraie souveraineté économique, c’est un pays qui active tous ses talents. Qui mise sur tous ses territoires. Qui comprend que l’innovation ne se mesure pas seulement en levées de fonds ou en dépôts de brevets elle se mesure aussi en entreprises qui durent, en emplois qui restent, en territoires qui respirent.
L’innovation, ce n’est pas un secteur. C’est une façon de répondre à un besoin que personne ne satisfait. Par cette définition, ouvrir le seul restaurant d’un quartier déserté, c’est innover. Créer une entreprise d’aide à domicile là où il n’en existe pas, c’est innover. Rénover des logements avec des artisans formés sur place, c’est innover.
Texte Claudia Ruzza, Directrice Générale, Positiv
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