Avec InspirAction, Rodica Rosu Fridez accompagne les femmes ambitieuses et les entreprises responsables à activer un potentiel encore trop souvent sous-exploité : le leadership des femmes. À travers des programmes de développement et de transformation, elle agit là où se jouent les décisions, l’influence et la performance collective.

Rodica Rosu Fridez
Créatrice de liens, entrepreneure,
administratrice et mentore
Rodica Rosu Fridez, pourquoi avoir créé InspirAction ?
Il y a 10 ans, InspirAction est née d’un double constat. D’un côté, je rencontrais de nombreuses femmes extrêmement compétentes, engagées, mais qui doutent, attendent ou restent invisibles. De l’autre, des entreprises qui passent à côté de ces talents précieux. Mon ambition a été de créer un pont entre ces deux réalités : accompagner les femmes à activer leur leadership, et aider les organisations à créer des environnements où ce leadership peut réellement s’exprimer.
Votre parcours personnel semble étroitement lié à cette mission.
Oui, profondément. J’ai grandi en Roumanie sous une dictature et j’ai découvert la liberté à 19 ans, après la chute du mur de Berlin. Ma génération a dû se réinventer, apprendre ce que liberté, responsabilité et égalité voulaient dire. J’ai connu plusieurs vies professionnelles avant d’arriver en Suisse à 35 ans, où j’ai dû repartir de zéro. C’est là que j’ai pris conscience des inégalités persistantes entre femmes et hommes sur le marché du travail, notamment autour de la maternité, du temps partiel et de l’accès aux postes à responsabilité.
Tant que les femmes ne sont pas présentes dans les cercles de décision, les règles du jeu continuent d’être définies selon un seul prisme.
Qu’observez-vous aujourd’hui dans les entreprises suisses ?
Les femmes sont majoritaires dans les fonctions de support, de care ou d’éducation, mais largement sous-représentées là où se prennent les décisions stratégiques. Le potentiel est là, mais il reste inexploité. Tant que les femmes ne sont pas présentes dans les cercles de décision, les règles du jeu continuent d’être définies selon un seul prisme.
Comment InspirAction agit concrètement ?
Nous déployons en Suisse les programmes de L’effet A, conçus à Montréal. Ce sont de véritables parcours de transformation qui reposent sur le partage d’expériences de femmes leaders, la création de réseaux solides et le développement de compétences clés comme la visibilité, la posture et l’influence. Intégrés directement dans les entreprises, ces programmes témoignent de l’importance de l’investissement dans les talents féminins, une stratégie porteuse d’impact pour les organisations.
Quelle est, selon vous, la plus grande force des femmes en entreprise ?
Leur potentiel, justement. Les femmes sont engagées, créatives, fiables, empathiques. Ce qui leur manque le plus, ce n’est pas la compétence, mais l’influence. Beaucoup confondent encore influence et manipulation, alors qu’il s’agit de savoir créer des alliances, porter ses idées et prendre part aux décisions. C’est un levier essentiel que nous travaillons chez InspirAction et à travers L’effet A.
Vous travaillez aussi avec des dirigeants masculins. Pourquoi est-ce important ?
Parce que l’égalité et l’inclusion ne se construiront pas sans les hommes. J’accompagne des dirigeants qui souhaitent réellement transformer la culture de leur entreprise, pas seulement en discours, mais dans l’action. Lorsqu’hommes et femmes avancent ensemble, l’impact est beaucoup plus fort et durable.
Quelle est votre ambition pour la suite ?
Continuer à inspirer et encourager l’action. Parce que l’action la plus puissante naît quand chaque collaborateur et collaboratrice se sent inspiré·e, reconnu·e, et en confiance pour agir. Je voudrais voir plus de femmes choisir leur ambition, et plus d’entreprises comprendre que le leadership féminin n’est pas un sujet « RH », mais un véritable levier de performance et de transformation collective.
Interview Océane Kasonia
Plus d’informations inspiraction.swiss

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