Les grandes tendances du marché du sport à l’horizon 2026
Intégrer le sport dans son quotidien n’est plus seulement une question de performance ou de condition physique. C’est aujourd’hui un véritable investissement dans la santé globale, le bien-être mental et le lien social. À l’approche de 2026, le marché du sport connaît une profonde transformation, portée par de nouvelles attentes des pratiquants, l’essor du digital et l’émergence de modes de consommation plus responsables. Tour d’horizon des grandes tendances avec Thomas Dezillie, Directeur marketing et spécialiste des tendances sportives chez Decathlon Suisse.

Thomas Dezillie
Directeur marketing et spécialiste des tendances sportives chez Decathlon Suisse
L’une des évolutions majeures observées ces dernières années concerne la manière même de pratiquer le sport. Longtemps structuré autour des clubs et des fédérations, il s’oriente désormais vers des formats plus souples et accessibles à tous. « Le sport est devenu primordial, mais surtout plus accessible. Les pratiquants recherchent de la liberté, de la rapidité d’accès et moins de contraintes organisationnelles », observe Thomas Dezillie.
Cette évolution se traduit par l’essor de communautés sportives informelles, qui se créent et se développent via des plateformes sociales de partage comme Strava, WhatsApp ou Instagram. « On voit aujourd’hui des groupes se fédérer très rapidement autour d’une pratique, sans forcément passer par un club. Cela montre un vrai besoin de lien social, mais dans un cadre plus flexible », souligne-t-il.
Le succès de disciplines hybrides et inclusives
Cette recherche de simplicité et d’accessibilité favorise également l’émergence de nouvelles formes de pratiques sportives. Certaines disciplines connaissent une popularité fulgurante, à l’image du Hyrox, un format mêlant course à pied et exercices fonctionnels tels que des burpees, des fentes ou encore le traîneau. L’idée étant d’alterner et d’enchaîner un kilomètre de course avec un exercice très ciblé et physique. « C’est une pratique très vite devenue tendance, car accessible techniquement, avec peu de barrières à l’entrée, ce qui explique son succès », détaille l’expert.
Les formats relais se développent aussi très vite, notamment dans des disciplines comme le triathlon, où l’on peut ainsi s’illustrer dans son étape favorite et partager un moment de sport fort en cohésion, renforçant la dimension collective. Plus largement, ce ne sont pas tant de nouveaux sports qui apparaissent que de nouvelles manières de les pratiquer. Cette tendance participe ainsi à rendre le sport plus inclusif et plus social.
Le digital transforme la relation à la pratique
Les outils connectés occupent désormais une place centrale dans le quotidien des sportifs. Montres intelligentes, applications mobiles et plateformes communautaires ont profondément modifié la façon de s’entraîner. « Le changement principal, c’est que les données et la performance sont devenues publiques. Le partage s’est automatisé, ce qui crée une nouvelle forme de motivation collective », analyse Thomas Dezillie.
Le sport est devenu primordial, mais surtout plus accessible. Les pratiquants recherchent de la liberté, de la rapidité d’accès et moins de contraintes organisationnelles.– Thomas Dezillie
Directeur marketing et spécialiste des tendances sportives chez Decathlon Suisse
Des applications de plus en plus spécifiques et pratiques, connectées ou non, permettent également d’aller toujours plus loin dans la pratique en analysant les résultats et en adaptant les entraînements ou les parcours à son niveau. L’IA est également un point clé dans le développement d’applications sur mesure et, surtout, de plans d’entraînement adaptés. Les applications Keep Run Pacer pour la course à pied ou Freeletics pour des entraînements de fitness en fonction du matériel à disposition en sont de bons exemples. Les applications sociales et communautaires comme Strava sont également de véritables game changers pour se créer un réseau d’amis dans sa région et se coordonner pour des sorties collectives.
Un puissant vecteur de lien social
Malgré la montée en puissance du digital, la dimension humaine reste au cœur de la pratique sportive. Partager une activité en famille, entre amis, entre collègues ou voisins reste un excellent moyen de se motiver. « Le sport est lié au dépassement individuel, mais les autres jouent un rôle clé. Ils apportent une motivation supplémentaire, un soutien, un cadre », estime Thomas Dezillie.
Selon lui, même les pratiques individuelles prennent aujourd’hui une dimension collective. « On se rend compte qu’on a besoin des autres pour progresser, pour rester régulier. Chacun interprète le sport à sa manière, mais le lien social reste un moteur essentiel », ajoute-t-il.
Des modes de consommation en pleine mutation
Ces évolutions des usages s’accompagnent d’une transformation profonde des comportements d’achat. En Suisse, les consommateurs se montrent particulièrement attentifs à la qualité et à la durabilité des équipements. « La clientèle recherche majoritairement des produits haut de gamme, mais aussi des solutions plus responsables et durables », constate l’expert.
La consommation circulaire s’impose progressivement comme une réponse à ces attentes. Le marché suisse est d’ailleurs particulièrement mature et porteur dans ce domaine, l’alternative que représente l’occasion apportant davantage de flexibilité. « La location, la réparation et l’entretien prennent de plus en plus d’importance, notamment dans des univers comme le cyclisme, le fitness ou le camping », explique Thomas Dezillie. Les offres par abonnement, pour les vélos ou les appareils de fitness, répondent-elles aussi à un besoin croissant de flexibilité et d’usage plutôt que de possession.
La seconde main, un marché porteur
La seconde main s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Selon Thomas Dezillie, certains segments comme les vélos ou le matériel de ski se prêtent particulièrement à la revente, sous réserve de contrôles qualité stricte permettant d’assurer la conformité des produits remis sur le marché.
Quel que soit le budget dont disposent les consommateurs, l’occasion devient de plus en plus un réflexe, permettant à la fois de se faire plaisir et de faire fonctionner l’économie circulaire et locale. Si la part de la seconde main reste encore minoritaire, sa progression est constante. « Elle représente environ 5 % des ventes aujourd’hui, mais c’est un marché en pleine croissance. Les mentalités évoluent très rapidement, à condition que l’offre soit toujours qualitative et suffisamment large », souligne-t-il, se montrant confiant quant à son développement futur.
Innovation, réparabilité et perspectives à 2026
Enfin, l’innovation reste un pilier central de la stratégie des acteurs du secteur. Selon Thomas Dezillie, une part importante des produits commercialisés est conçue pour être réparable, un critère pris en compte dès la phase de conception et de plus en plus valorisé par les consommateurs. L’impression 3D et l’intelligence artificielle ouvrent également de nouvelles perspectives, tant pour la personnalisation que pour la durabilité des équipements sportifs en général.
À l’horizon 2026, le sport apparaît ainsi comme un écosystème en pleine recomposition, où performance, bien-être, responsabilité et lien social s’entremêlent. Plus accessible, plus collectif et plus durable, il s’impose comme un marqueur fort des évolutions sociétales contemporaines.
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