
Martina Hirayama
secrétaire d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation
Le choix d’un métier, d’une formation ou d’une future carrière est l’une des premières décisions importantes dans la vie des jeunes. Cette porte qui s’ouvre vers tous les possibles soulève aussi de nombreuses questions. Dans un monde en constante évolution sous l’effet des nouvelles technologies, des changements sociétaux et d’un marché du travail dynamique, le système éducatif suisse offre une grande flexibilité. Loin d’être une ligne droite, un parcours de formation signifie aussi changer d’orientation, suivre des formations continues ou profiter de passerelles entre la formation professionnelle et les hautes écoles.
La formation professionnelle : une base solide pour l’avenir
Environ deux tiers des jeunes en Suisse commencent leur parcours avec une formation professionnelle initiale. Qui dit formation professionnelle initiale dit compétences pratiques, entrée directe dans la vie active et faible risque de se retrouver au chômage. Cette formation prépare aussi les jeunes aux exigences du numérique dans le travail. Les compétences requises sont non seulement techniques, mais aussi transversales telles que la capacité à résoudre des problèmes, la créativité ou le sens des responsabilités.
La formation professionnelle est largement reconnue en Suisse et citée en exemple sur le plan international. Mais des questions se posent sur son avenir : comment peut-elle continuer à attirer les jeunes ? Comment les entreprises peuvent-elles former au mieux ? Comment renforcer la formation professionnelle supérieure ? Autant de thèmes que le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) a traités dans le cadre du projet « Attrait de la formation professionnelle ». Les résultats montrent que le système est solide, mais qu’il doit réagir avec souplesse aux changements sociétaux, cibler les jeunes aux bons résultats scolaires et faire mieux connaître les atouts de la formation professionnelle supérieure.
Pour atteindre ces objectifs, sept mesures ont été adoptées en 2025 : encourager la volonté de former des entreprises, garantir la qualité dans les entreprises formatrices, concevoir la maturité professionnelle en fonction de la pratique, mettre à profit la numérisation et l’IA, renforcer l’orientation dans le processus du choix professionnel et augmenter la visibilité de la formation professionnelle supérieure. C’est ainsi que la formation professionnelle restera une base solide et un tremplin pour l’avenir.
La formation professionnelle supérieure : pratique, compétitive et plus visible
La formation professionnelle supérieure est l’un des piliers essentiels du système éducatif suisse au degré tertiaire. Elle s’inscrit dans le prolongement de la formation professionnelle initiale et permet de se spécialiser et d’acquérir des compétences managériales. De par leur lien très étroit avec le marché du travail, les diplômes de la formation professionnelle supérieure jouent un rôle majeur dans la capacité d’innovation et la compétitivité de l’économie suisse. Ils sont la preuve que la formation professionnelle va bien au-delà de l’entrée dans la vie active et qu’elle ouvre des perspectives à long terme.
Le marché du travail en Suisse évolue : la tertiarisation croissante fait que les profils des postes requièrent de plus en plus souvent une formation professionnelle supérieure ou des études dans une haute école spécialisée ou une université. La formation professionnelle supérieure se trouve donc en concurrence avec les hautes écoles. Si sa valeur pratique est reconnue, elle n’est pas suffisamment mise en avant. Il est par conséquent important d’améliorer la notoriété, la visibilité et la réputation des écoles supérieures et des examens fédéraux.
C’est dans cet esprit qu’un paquet de mesures a été élaboré. Le Conseil fédéral a soumis le message correspondant au Parlement en avril 2025 et le Conseil des États a approuvé le paquet lors de la session d’automne. Les nouveaux compléments de titre « Professional Bachelor » et « Professional Master », qui rendent la valeur des diplômes directement reconnaissable aussi bien en Suisse que dans les autres pays, constituent la pièce maîtresse. Tout ce processus renforce la formation professionnelle et envoie un signal clair contre la pénurie de personnel qualifié.
La maturité professionnelle : un pont entre la pratique et les hautes écoles
La maturité professionnelle complète idéalement la formation professionnelle supérieure. Elle allie une formation pratique à une formation élargie en culture générale et donne accès aux hautes écoles spécialisées. Si elle crée un pont entre la formation professionnelle et les études dans une haute école, elle ne perd pas pour autant le lien avec la pratique.
Cette combinaison explique notamment l’attrait du système éducatif suisse : les parcours reposent en effet sur les capacités, les situations de vie et les centres d’intérêt et non sur des prescriptions strictes. Les jeunes ont ainsi la possibilité d’individualiser leur parcours de formation et leur carrière tout en étant préparés aux exigences du marché du travail.
Un engagement commun pour l’avenir
La réussite du système éducatif suisse est liée à l’étroite collaboration entre la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux. Cette responsabilité commune crée un cadre stable et permet de réagir rapidement aux nouveaux défis.
Le système éducatif suisse a un ancrage cantonal. En conséquence, la part de la formation professionnelle et la part de la formation générale varient selon les cantons. Les décisions prises dans certains cantons peuvent modifier sensiblement cette répartition. En outre, une bonne coordination est nécessaire avec le degré secondaire I, en tant que voie d’accès à la formation professionnelle, et les hautes écoles. La formation professionnelle, valable pour toute la Suisse, a donc besoin d’une approche globale à tous les niveaux.
Le système éducatif offre aujourd’hui de nombreuses possibilités : formation professionnelle initiale, formation professionnelle supérieure, maturité professionnelle, formation académique ou modèles hybrides. L’avenir des jeunes ne dépend pas d’une seule décision, mais de leur capacité à apprendre, à se développer et à choisir leur propre voie en toute confiance. C’est précisément là que réside la force de ce système : il guide sans imposer et ouvre des perspectives pour une carrière librement choisie et à même de s’adapter aux évolutions.
Texte Martina Hirayama, secrétaire d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation
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