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Investissements durables et «green washing»

30.09.2020
par Andrea Tarantini

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’investissements durables. Mais comment faire la différence entre les approches à valeur ajoutée et un éventuel «green washing»?

La finance durable s’impose comme une nouvelle norme. Ce thème fait souvent la une de la presse. Sa popularité est confirmée par la dernière étude de Swiss Sustainable Finance. Les chiffres sont parlants: les actifs sous gestion dans les investissements durables en Suisse ont augmenté de 62% par rapport à 2018, en ligne avec la tendance mondiale. Stimulés par cette tendance, les gestionnaires d’actifs développent et proposent de nouvelles solutions ESG – déjà plus de 250 nouveaux fonds en 2020. Parfois noyés par cette offre, les investisseurs restent sceptiques. Comment faire la différence entre les approches à valeur ajoutée et un éventuel «green washing»?

Le dilemme – la confusion au sein des méthodologies ESG

L’absence de norme ou de standard rend difficile la comparaison entre les gérants ainsi qu’une mesure efficace des impacts environnementaux et sociaux, voire éthiques. Pour évaluer ces facteurs, plusieurs investisseurs se fient aux agences de notation ESG. Cependant, diverses études ont démontré que ces agences aboutissent à des conclusions différentes les unes des autres en ce qui concerne la qualité ESG des entreprises ou des émetteurs. La corrélation entre les diverses notations reste faible en moyenne. Ces informations contradictoires n’aident pas les investisseurs et créent de la confusion auprès des parties prenantes. Ainsi, les gérants d’actifs peinent à démontrer leur valeur ajoutée et leur originalité ESG et les investisseurs institutionnels sont submergés par les multiples approches et ont de la difficulté à comparer, voire discriminer, entre plusieurs fonds ou gestionnaires.

Les solutions qui se dessinent

Tout d’abord, l’Union européenne va mettre en place un cadre de référence des activités liées au financement durable pour tous les États membres. Ce plan d’action devrait fédérer les pays de l’Union sur ce sujet et faire avancer le débat au niveau international. D’ailleurs, selon un rapport du FMI , les vérificateurs externes vont jouer un rôle pivot dans la certification (vérification de la conformité) des produits d’investissement durable. Enfin, en termes d’autoréglementation, plusieurs initiatives encouragent les bonnes pratiques au sein de l’industrie, notamment SSF, le CFA Institute, la SFAMA ainsi que les différents labels.

Ces éléments vont faire progresser l’industrie et offrir aux investisseurs plus de transparence quant à la qualité, le sérieux et à la cohérence des approches durables.

Texte Luciano Leone, Senior ESG Analyst, Conser Invest SA

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