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Éditoriaux Éducation et Formation

Le Conseil fédéral veut supprimer les offres innovantes en matière de compétences de base

03.01.2026
par SMA
Tiana Moser,Présidente de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA) Conseillère aux États zurichoise du Parti vert’libéral (PVL)

Tiana Moser
Présidente de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA), Conseillère aux États zurichoise du Parti vert’libéral (PVL)

Les personnes comme Claudia Fässler et Anita Schobinger n’ont pas la vie facile. Ces deux femmes ont fait l’objet d’un portrait dans le Tages-Anzeiger ces derniers mois, car elles ont des difficultés à lire et à écrire. Elles parlent de leurs peurs, de leur honte et de leur sentiment d’échec, elles se sentent exclues et ont l’impression d’être dévalorisées.

Afin de soutenir des personnes comme elles, les cantons ont mis en place, avec succès, au cours des dix dernières années, avec le soutien de la Confédération et en collaboration avec des prestataires de formation continue, des offres et des structures de soutien qui permettent aux adultes d’améliorer leurs compétences de base de manière ciblée. Mais ces offres sont aujourd’hui sérieusement menacées : les plans d’économies du Conseil fédéral, actuellement examinés par le Parlement, pourraient réduire à néant les efforts déployés ces dernières années.

Commençons par le début : dans un pays modèle comme la Suisse, il y a plus de personnes concernées comme Claudia Fässler et Anita Schobinger qu’on ne le pense. Selon une étude de l’OCDE, 1,67 million de personnes dans ce pays ont des difficultés à lire, à calculer ou à résoudre des problèmes. Ce n’est pas seulement un chiffre effrayant, mais aussi un fait inquiétant.

En effet, ceux qui ne maîtrisent pas bien les compétences de base ont souvent des problèmes dans la vie quotidienne, sont limités dans leur travail et courent davantage le risque de se retrouver au chômage. Par rapport à l’ensemble de la population, les personnes concernées ont tendance à être moins actives et à gagner moins. Il ne s’agit pas d’un problème individuel, mais d’un problème économique : à elles seules, les lacunes en lecture entraînent des coûts annuels de plus de 1,3 milliard de francs.

Et non, cela n’a pas seulement à voir avec la migration, comme certains pourraient le penser : plus de la moitié des personnes ayant de faibles compétences en lecture sont des Suisses ou des personnes nées en Suisse.

La bonne nouvelle, c’est que les compétences de base peuvent être améliorées grâce à une formation continue ciblée. Et c’est sur ce fait que nous nous appuyons depuis de nombreuses années. En étroite collaboration avec la Confédération, les cantons et les institutions de formation continue, un système de structures et d’offres a ainsi été mis en place pour soutenir les personnes ayant des besoins en compétences de base. Sept cantons ont jusqu’à présent introduit avec succès des bons de formation.

Les compétences de base peuvent être améliorées grâce à une formation continue ciblée.

Mais il ne s’agit pas seulement de cours. Les offres de formation continue dans ce domaine sont variées : elles vont des cours de lecture et d’écriture aux offres sur mesure pour les entreprises, en passant par des offres sans rendez-vous telles que des « salons », des « salles » ou des « lofts » d’apprentissage, des lieux où l’apprentissage se fait de manière très informelle. Plus précisément, les personnes intéressées peuvent se présenter gratuitement et sans rendez-vous, exposer leur demande et obtenir de l’aide, par exemple pour remplir un formulaire ou rédiger une candidature.

Autre exemple : dans le cadre de la campagne « Simplement mieux !… au travail » soutenue par la Confédération, des cours sur mesure sont créés dans les entreprises pour aborder des problèmes spécifiques tels que la communication sur le lieu de travail ou les compétences informatiques de base. Les expériences avec ces cours sont très positives. Ainsi, un chauffeur de bus comprend enfin mieux ses passagers ou une employée semi-qualifiée peut obtenir un certificat de capacité grâce à l’amélioration de ses compétences en lecture.

Presque tout le monde trouve ainsi un mode d’apprentissage qui lui convient. Et la méthode GO, développée par la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA), montre aux formateurs d’adultes comment répondre de manière ciblée aux besoins des participants.

Nous pouvons donc dire que le secteur de la formation continue et les autorités ont très bien réagi ensemble au problème du manque criant de compétences de base et ont créé des structures pour y remédier. Jusqu’à présent.

Car actuellement, le système mis en place au fil des ans est en péril. Le Parlement discute du paquet d’allègements 27, qui prévoit de nombreuses coupes et suppressions dans le domaine de la formation continue.

Le Conseil fédéral veut réaliser des économies massives dans ce domaine, alors qu’il venait tout juste d’en faire une priorité stratégique. Plus précisément, il souhaite supprimer les fonds fédéraux destinés à la promotion des compétences de base des adultes et au soutien des prestations des organisations faîtières de la formation continue.

Cela réduirait à néant les efforts considérables déployés ces dernières années et compromettrait les résultats obtenus. Sans le soutien de la Confédération, il ne sera pas possible de maintenir l’offre actuelle. Les cantons ne compenseront pas la suppression des fonds fédéraux. Les mesures d’économie entraîneront donc une réduction massive de l’offre de cours dans le domaine des compétences de base.

Il manquera ainsi des mesures qui aident des personnes comme Claudia Fässler ou Anita Schobinger à renforcer leurs compétences et à mieux participer à la société, à s’intégrer dans le monde du travail ou à réussir dans la vie quotidienne. Les formations continues qui mobilisent le potentiel de la main-d’œuvre nationale et réduisent ainsi la pression migratoire seront supprimées.

Du point de vue économique et entrepreneurial, cela aurait des conséquences dramatiques : aujourd’hui, il n’existe pratiquement plus d’emplois qui ne requièrent pas de compétences de base. Les exigences augmentent et l’intelligence artificielle rend les compétences de base encore plus importantes.

Les mesures d’économies prévues entraînent plus de coûts qu’elles n’en permettent d’économiser. Elles privent en outre de nombreux concitoyens d’un meilleur avenir professionnel et personnel. En tant que société, nous ne pouvons pas nous le permettre.

Texte Tiana Moser, Présidente de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA) Conseillère aux États zurichoise du Parti vert’libéral (PVL)

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