Face à l’explosion des données, à l’essor de l’intelligence artificielle et à la multiplication des cybermenaces, les infrastructures numériques doivent évoluer rapidement. Pour Laurent La Marca, CMO et directeur de la succursale romande de TLT Solutions, l’enjeu est d’anticiper ces transformations tout en restant pragmatique.

Laurent La Marca
CMO et directeur de la succursale romande de TLT Solutions
Laurent La Marca, quels sont aujourd’hui les principaux défis des entreprises en matière d’infrastructure IT ?
La sécurité est devenue un enjeu majeur. Les attaques se multiplient et l’intelligence artificielle accélère l’action des acteurs malveillants. La Suisse, pleinement intégrée à l’environnement numérique mondial, doit disposer d’infrastructures adaptées.
Les organisations gèrent plusieurs générations de technologies alors que les compétences spécialisées manquent. L’IA et l’automatisation exigent plus de bande passante et de performance. Les infrastructures doivent être sûres, évolutives et simples à exploiter.
À quoi ressembleront les réseaux de demain ?
Il est difficile de se projeter à cinq ou dix ans. Les entreprises auront besoin de davantage de bande passante pour absorber les flux entre utilisateurs, centres de données, cloud et équipements connectés. Les réseaux devront gagner en performance et en automatisation.
Cette évolution doit rester responsable : l’augmentation des données accroît la consommation énergétique. Il faut optimiser les équipements pour concilier performance et maîtrise de leur impact.
La cybersécurité est-elle désormais indissociable du réseau ?
Oui. Chez TLT Solutions, nous travaillons entre autres à protéger le périmètre externe des entreprises. Sur le dark web circulent des identifiants volés, des données compromises et d’autres informations sensibles.
Notre rôle est d’identifier les vulnérabilités et de sécuriser les réseaux. Cela exige une veille permanente et la formation de nos équipes face à l’évolution des menaces. Il faut protéger l’infrastructure tout en comprenant ce qui se prépare à l’extérieur.
Le cloud reste-t-il la solution privilégiée pour gérer cette croissance des données ?
Pas forcément. Certains clients reviennent à des infrastructures « on-premise », hébergées chez eux, notamment pour mieux maîtriser la sécurité et leurs données.
La souveraineté numérique entre aussi dans la réflexion : où sont stockées les données et sur quelles infrastructures reposent-elles ? Chaque choix dépend des besoins de l’organisation. Connectivité, cloud et cybersécurité doivent être pensés ensemble, avec une sécurité intégrée dès la conception.
TLT Solutions revendique une approche indépendante des fabricants. Qu’est-ce que cela change pour vos clients ?
Nous travaillons avec plusieurs grands fabricants, notamment Cisco, Huawei, Nokia et HPE Aruba. Cette approche multi-constructeurs nous permet de comparer les technologies et de retenir celles qui répondent aux besoins du client.
Nous partons de son infrastructure, de ses contraintes opérationnelles et de son budget, sans privilégier une marque en raison d’un partenariat. Nous pouvons aussi combiner plusieurs solutions. Pour garder cette liberté de conseil, nos ingénieurs se forment et se certifient régulièrement.
Quels enjeux retrouvez-vous chez des clients aussi différents que des PME, des administrations ou des opérateurs télécoms ?
La sécurité est leur premier point commun. Elle est particulièrement critique pour les opérateurs, qui fournissent un accès Internet à d’autres organisations.
Les volumes de données augmentent aussi : les flux dépendent désormais des applications, des services numériques et de l’IA, au-delà du nombre d’employés. Chacun doit garantir la continuité de service et maîtriser ses coûts.
Comment garantir la continuité lorsqu’une panne survient ?
Aucun dispositif n’élimine tous les incidents : une panne électrique ou un événement extérieur peut perturber une région entière. La rapidité d’intervention compte alors beaucoup.
La continuité se prépare dès la conception : redondance, absence de point unique de défaillance et tests des secours. Nous proposons un support 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec un temps de réponse pouvant descendre à 30 minutes. Nous suivons la résolution et pilotons au besoin les escalades auprès des fabricants.

Votre présence à Cham et à Gland répond-elle à cette logique de proximité ?
Oui. Cham et Gland nous donnent une présence en Suisse alémanique et en Suisse romande. Nos équipes collaborent et interviennent dans tout le pays selon les compétences requises.
Cette proximité compte : les clients connaissent les personnes qui conçoivent, déploient et soutiennent leurs infrastructures. Elle nous aide à comprendre leurs réalités et à construire une relation de confiance durable.
Quel conseil donneriez-vous finalement à une entreprise qui souhaite préparer son infrastructure aux défis de demain ?
Je ne conseillerais pas forcément de tout changer. Une infrastructure existante peut souvent évoluer progressivement. Il faut d’abord évaluer ses capacités, sa sécurité et ses limites, puis définir une trajectoire adaptée.
Nous accompagnons nos clients selon leurs contraintes économiques et technologiques. Si une transformation complète s’impose, nous intervenons sur le design, l’architecture, l’implémentation et le suivi. Préparer l’avenir, c’est savoir quand et comment faire évoluer son infrastructure, sans la surdimensionner trop tôt ni attendre qu’elle devienne obsolète.
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