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Finance

Préparer sa retraite : un enjeu majeur pour les Suisses

17.03.2026
par Alix Senault

Avec l’allongement de l’espérance de vie, l’évolution du marché du travail et les incertitudes sur les rendements financiers : la préparation de la retraite s’impose aujourd’hui comme un enjeu central pour de nombreux ménages suisses. Si le système de prévoyance helvétique reste l’un des plus solides au monde, il nécessite désormais une anticipation plus importante afin de maintenir son niveau de vie une fois l’activité professionnelle terminée.

La prévoyance suisse repose sur le principe des trois piliers. Le premier pilier, l’AVS, constitue la base du système et vise à couvrir les besoins vitaux des retraités. Il est financé selon un principe de solidarité intergénérationnelle.

Le deuxième pilier, la prévoyance professionnelle (LPP), complète ce dispositif en permettant aux salariés de maintenir, dans une certaine mesure, leur niveau de vie après la retraite. Il repose sur un système de capitalisation alimenté par les cotisations des employés et des employeurs. Enfin, le troisième pilier correspond à la prévoyance individuelle. Facultatif, il permet à chacun de compléter sa retraite par une épargne personnelle.

Si ce modèle a longtemps permis de garantir un revenu confortable à la retraite, plusieurs facteurs viennent aujourd’hui le fragiliser : vieillissement démographique, augmentation du nombre de retraités et rendements financiers plus faibles qu’auparavant.

Selon de nombreuses estimations, les revenus combinés de l’AVS et de la LPP couvrent généralement entre 50 et 70 % du dernier salaire. Un écart qui peut s’avérer significatif, notamment pour les indépendants, les cadres ou les personnes ayant connu des interruptions de carrière.

Le troisième pilier, un levier d’anticipation

Dans ce contexte, le troisième pilier joue un rôle de plus en plus important. Le pilier 3a, dit « lié », offre des avantages fiscaux particulièrement attractifs. Les montants versés peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite des plafonds légaux, ce qui en fait un outil privilégié pour optimiser sa fiscalité tout en préparant sa retraite.

Au-delà de l’avantage fiscal, il permet surtout de constituer progressivement un capital sur le long terme. Les fonds peuvent être placés sur des comptes d’épargne ou investis dans des fonds de placement, offrant ainsi des perspectives de rendement potentiellement plus élevées.

Le pilier 3b, plus flexible, permet quant à lui d’épargner librement sans contraintes de retrait. Il est souvent utilisé dans une logique patrimoniale plus globale.

Diversifier ses investissements

Face à la faiblesse persistante des taux d’intérêt, de nombreux épargnants cherchent aujourd’hui à diversifier leurs placements afin de dynamiser leur épargne retraite. Les actions, les fonds indiciels (ETF), l’immobilier ou encore certaines solutions d’assurance-vie
constituent des pistes régulièrement privilégiées.

L’investissement à long terme présente plusieurs avantages : il permet notamment de lisser les fluctuations des marchés et de bénéficier de l’effet de capitalisation. Commencer tôt reste ainsi l’un des facteurs les plus déterminants pour constituer un capital conséquent.

Le viager, une solution encore méconnue

Parmi les solutions permettant de compléter ses revenus à la retraite, le viager suscite un intérêt croissant. Ce mécanisme consiste pour un propriétaire à vendre son bien immobilier tout en conservant un droit d’usage et d’habitation, tout en percevant une rente viagère versée par l’acquéreur.

Concrètement, la transaction comprend généralement un capital initial appelé « bouquet », auquel s’ajoute une rente mensuelle versée jusqu’au décès du vendeur. Cette solution permet ainsi de transformer un patrimoine immobilier en revenus réguliers, tout en continuant à vivre dans son logement.

Longtemps associé à une image négative ou mal comprise, le viager connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, notamment dans un contexte où une grande partie de l’épargne des retraités reste immobilisée dans la pierre. Pour certains propriétaires, il peut représenter un moyen efficace d’améliorer leur pouvoir d’achat à la retraite, sans devoir vendre définitivement leur logement ou déménager.

Capital ou rente ?

Au moment du départ à la retraite, les assurés doivent souvent choisir entre percevoir leur deuxième pilier sous forme de rente viagère ou retirer tout ou partie du capital.

La rente présente l’avantage de garantir un revenu stable à vie, offrant ainsi une sécurité financière très appréciable. À l’inverse, le retrait en capital permet une plus grande flexibilité et la possibilité d’investir ou d’anticiper la transmission d’une partie de son patrimoine.

De nombreux conseillers financiers recommandent aujourd’hui une approche mixte, combinant rente et capital afin de sécuriser une partie des revenus tout en conservant une certaine liberté financière.

Une planification réfléchie à long terme

Préparer sa retraite ne se limite plus à cotiser automatiquement aux systèmes de prévoyance. Il s’agit désormais d’une véritable stratégie financière qui doit être pensée sur plusieurs décennies. Analyser sa situation personnelle, anticiper les besoins futurs et diversifier ses sources de revenus sont autant d’éléments essentiels pour aborder cette étape de la vie avec sérénité.

Dans un environnement économique en constante évolution, une chose reste certaine : plus la planification commence tôt, plus les marges de manœuvre sont importantes. Une réalité qui incite de plus en plus de Suisses à s’intéresser activement à leur avenir financier, même s’il parait encore lointain…

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