Animatrice, journaliste, présentatrice, comédienne… Depuis près de vingt ans, Mélanie Freymond occupe une place singulière dans le paysage audiovisuel suisse. Voix familière de Rouge FM et visage incontournable du petit écran, elle navigue avec aisance entre les plateaux, les studios et les scènes, passant d’un registre à l’autre avec une spontanéité déconcertante. Polyvalente, énergique, curieuse de tout, Mélanie cultive un rapport profondément humain à son métier. Et derrière cette carrière menée tambour battant, une autre facette tout aussi essentielle : celle d’une mère passionnée, qui jongle au quotidien entre vie intense et moments précieux en famille. Rencontre avec une personnalité lumineuse qui revendique volontiers son côté « hyperactive heureuse ».
Mélanie, vous êtes une figure familière du petit écran et une voix emblématique de la radio romande. Avec le recul, que vous ont apporté toutes ces expériences ?
Je crois que ce que je retiens avant tout, c’est la richesse humaine. Ce métier me permet de rencontrer des personnes incroyables, des parcours fascinants, des artistes, des sportifs, des personnalités inspirantes. Et parfois, même avant l’interview, il se passe un petit moment suspendu, une connexion sincère.
Récemment, j’ai eu la chance d’échanger avec Anne-Sophie Pic. Avant même que l’interview ne commence, j’ai ressenti une émotion très forte, un partage très simple mais très vrai. C’est ce genre d’instants qui me nourrissent profondément.
J’aime aussi travailler dans l’instant, être dans l’oralité pure. On crée une bulle, un climat de confiance. Le défi, c’est que tout paraisse fluide, naturel, vivant. C’est peut-être ce que j’aime le plus : cette spontanéité qui rend chaque rencontre unique.
Votre carrière est marquée par une grande diversité de sujets et d’univers. Quelle est votre recette pour maîtriser autant de domaines ?
La curiosité, sans hésiter ! Une curiosité presque viscérale. Depuis que je suis enfant, j’aime comprendre, découvrir, explorer.
J’ai essayé de garder cette capacité d’émerveillement, ce plaisir d’apprendre. J’adore aussi les défis : si je fais toujours la même chose, je m’ennuie. J’ai besoin de sortir de ma zone de confort, de vibrer un peu, de ressentir l’adrénaline de l’inconnu.
Petite, j’étais déjà attirée par les sensations fortes, par ce qui faisait un peu peur : grimper aux arbres, les manèges à sensation, les sports extrêmes… Avec le temps, j’ai compris que cette énergie pouvait devenir un moteur professionnel. Et puis travailler dans plusieurs langues ajoute un petit grain de folie, une part d’imprévu que j’aime beaucoup. On ne s’ennuie jamais !
L’animation et la télévision exigent une préparation minutieuse et beaucoup d’énergie. Quels sont vos secrets pour être prête le jour J ?
L’expérience, d’abord. Quand on cumule des années de direct, de scène, de radio, on développe une forme d’intuition, presque musculaire.
Mais bien sûr, pour des événements d’envergure comme l’Eurovision, la préparation est millimétrée. Nous sommes entourés de professionnels extraordinaires, des équipes très rodées. Cette structure permet justement de se laisser porter et de limiter les imprévus.
J’adore aussi les défis : si je fais toujours la même chose, je m’ennuie. J’ai besoin de sortir de ma zone de confort, de vibrer un peu, de ressentir l’adrénaline de l’inconnu.
Présenter l’Eurovision avec Sven Epiney, que j’adore, a été un moment magique. Nous formons un duo très complémentaire. Le soir de la finale, j’ai vécu l’événement comme une spectatrice privilégiée : je profitais de chaque seconde, je m’imprégnais du stade, des lumières, de la musique… J’étais totalement captivée. Le direct, c’est une dose d’adrénaline pure. Mais une adrénaline qui me galvanise et qui m’aide à être pleinement moi-même.
Vous êtes aussi montée sur scène, renouant avec votre passion première : le théâtre. Que vous apporte cette activité ?
Le théâtre, c’est un retour aux sources. J’ai commencé à 8 ans, et pendant longtemps, je pensais devenir comédienne. Finalement, j’ai choisi le journalisme… mais je crois que je n’ai jamais vraiment quitté la scène.
En 2018, à 40 ans, un metteur en scène, Olivier Duperrex, m’a appelée pour un rôle. Je n’avais pas joué depuis vingt ans ! J’ai hésité, puis j’ai tenté… Et j’ai ressenti une joie immense.
Depuis, je joue avec deux amis comédiens rencontrés grâce à cette pièce. Nous avons monté plusieurs projets ensemble, notamment « Hystéries », une pièce écrite par mon meilleur ami à Bruxelles. Nous l’avons jouée en Suisse, puis présentée au Festival d’Avignon, où elle a été acclamée. En 2025, nous l’avons reprise au Studio Mathurins à Paris et à Martigny en Suisse. Le théâtre me recentre, m’équilibre. C’est une respiration nécessaire.
Dans une vie professionnelle aussi intense, comment parvenez-vous à préserver un équilibre familial ?
En devenant jongleuse professionnelle ! (rires)
Plus sérieusement : flexibilité, adaptation et organisation. J’ai la chance d’avoir un entourage très présent et un réseau solide. Mon fils a 13 ans, et je tiens à être là pour lui. Ce n’est pas juste une question de temps passé, car je pense qu’il est plus important de privilégier la qualité à la quantité. Quand je suis avec lui, je suis vraiment avec lui.
Il a grandi avec mon rythme de vie, je l’ai emmené partout avec moi dès ses deux mois. Cela l’a rendu très autonome et très ouvert. Notre vie n’est pas une routine, mais c’est aussi ce qui nous correspond, on forme une équipe au quotidien.
Quels sont les moments que vous aimez partager avec vos proches ?
Voyager ! Dès que je peux, je pars découvrir de nouveaux endroits. J’aime les paysages, la lumière, l’inattendu. Avec mon fils et mes amis, on aime le cinéma, les expositions, ou simplement regarder la Star Academy ensemble. Ce sont des moments doux, simples, mais précieux.
On va souvent en Belgique voir ma maman, ou en France retrouver des amis. Et j’ai un faible pour la Grèce et l’Italie, pour cette douceur de vivre incomparable. L’Afrique aussi me touche profondément : la Namibie, le Burkina Faso… Voir les animaux en liberté, c’est un choc émotionnel. Et bien sûr, l’hiver, le ski est une véritable religion chez nous !
Comment la maternité a-t-elle influencé votre vie ? Quelle maman êtes-vous ?
Je n’imaginais pas ma vie sans enfant. Je savais que mon rythme serait intense, mais j’ai voulu l’assumer pleinement.
Avec mon fils, nous avons toujours communiqué, partagé, évolué ensemble. Il sait que je travaille beaucoup, mais il sait aussi que je suis là pour lui. Nous avons construit un équilibre qui nous ressemble.
Je suis une maman très présente émotionnellement. Une maman qui encourage, qui ouvre, qui accompagne. Et je crois que la force de notre relation vient de cette confiance mutuelle.
Comment imaginez-vous des vacances idéales en famille ?
Je suis partie en Thaïlande durant les fêtes de fin d’année. C’était une occasion idéale pour recharger les batteries tout en découvrant des lieux et des paysages sensationnels.
J’y étais avec une amie et sa fille, tandis que mon fils était parti skier avec son papa.
Nous partirons pour les vacances de février skier à Zermatt avec mon fils, je me réjouis d’avance ! Chacun vit ses expériences selon ses envies. C’est ma vision : la liberté, tant que l’on communique.
Une famille, ce n’est pas forcément faire tout ensemble. C’est avancer en se respectant, en partageant ce qui compte vraiment.
Selon vous, quels sont les piliers qui rapprochent les générations entre elles ?
La communication, l’écoute et le respect.
Accepter l’autre tel qu’il est, sans chercher à le changer. Je crois que c’est le ciment de toutes les relations durables, qu’elles soient familiales, amicales ou professionnelles.
Quel sera votre prochain grand projet ?
Continuer à jouer Hystéries, bien sûr. Cette pièce me tient à cœur.
Et puis, je vais présenter pour la dixième fois le Swiss Voice Tour. Une édition qui aura lieu au Théâtre de Beaulieu à Lausanne le 28 février. C’est une émission que j’adore : de belles voix, beaucoup d’émotion et un public formidable. Un moment de partage… comme je les aime.
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