
Peter Burri Follath
Responsable communication, Pro Senectute Suisse
À 50 ans, beaucoup commencent à porter un regard différent sur leur parcours. C’est comme si, au cours d’une longue promenade, on s’arrêtait soudain pour lever la tête et se demander : Est-ce que je vais toujours dans la direction qui me correspond ? Le chemin suivi pendant des décennies s’ouvre alors à de nouvelles pistes. Certaines semblent familières, d’autres sont dans la pénombre et invitent à la découverte. Car la retraite s’annonce, non pas comme un point final, mais comme un carrefour où s’offrent des perspectives inexplorées. Avant de prendre un virage, il est judicieux de se poser trois questions essentielles : quel est mon état de santé ? Mes moyens financiers sont-ils suffisants ? Et qu’en est-il de mon intégration sociale ?
La santé donne de la force à vos pas, et la sécurité financière, de la légèreté. Le réseau social, ce sont ces personnes qui marchent à vos côtés ou qui vous tendent la main lorsque le chemin devient difficile.
Une bonne préparation commence tôt, idéalement dix à 15 ans avant la retraite. Une analyse approfondie de sa situation financière permet d’éviter les mauvaises surprises. Pour celles et ceux dont les revenus diminueront le moment venu, il vaut la peine de se renseigner assez tôt sur les prestations complémentaires ou d’autres aides afin d’éviter les impasses.
De nombreuses personnes ne se sentent pas prêtes à s’arrêter à 65 ans.
La transition vers la retraite n’est toutefois pas qu’une question de finances. Elle touche aussi à l’identité. Le rythme de travail, le quotidien, le rôle endossé : tout cela change. Beaucoup s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent. Et de nombreuses personnes ne se sentent pas prêtes à s’arrêter à 65 ans, loin de là. L’image traditionnelle d’une fin abrupte de l’activité professionnelle est révolue. Aujourd’hui, beaucoup poursuivent leur chemin, mais différemment. Certains travaillent à temps partiel, d’autres sous forme de projets, en tant qu’indépendants, bénévoles ou dans le cadre d’une carrière en arc, qui s’achève en douceur au lieu de s’arrêter brusquement.
Pour certains, continuer à travailler est une cadence qui donne de la stabilité. Pour d’autres, c’est l’expression d’une curiosité ou une compensation financière. L’important est que le choix reste libre.
Parallèlement, les interactions sociales gagnent en importance. La solitude touche de nombreux seniors, mais il est possible de la prévenir. En commençant dès 50 ans à approfondir ses amitiés, à nouer de nouveaux contacts et en restant actif, on construit un socle social solide pour les années à venir. La période précédant la retraite est propice à la redécouverte d’anciens intérêts ou à l’expérience de nouveaux loisirs. Pro Senectute soutient les 60 ans et plus en leur proposant diverses activités, cours, sorties, rencontres. Le bénévolat, quant à lui, enrichit à la fois sa propre vie et celle des autres : ce don mutuel crée des liens.
Parfois très active, la retraite n’est pas un terminus, mais la nouvelle étape d’une promenade qui peut se faire à votre rythme. Avec une préparation intelligente, de l’attention, un style de vie sain, un réseau social vivant et l’ouverture à de nouvelles voies, cette étape ne sera pas plus lente. Elle sera plus riche, calme, profonde et regorgera de possibilités. Pour reprendre Jeanne Moreau : « Les personnes âgées sont comme les musées : ce n’est pas la façade qui est importante, mais les richesses à l’intérieur. »
Texte Peter Burri Follath, Responsable communication, Pro Senectute Suisse
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