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Développement durable Éditoriaux

Quand l’écologie devient logique

17.12.2025
par SMA

La transition vers une économie décarbonée et respectueuse des limites planétaires est une nécessité absolue. Les conséquences de l’inertie ne sont plus à démontrer, particulièrement en Suisse, qui a perdu près d’un quart de son volume glaciaire en seulement dix ans. Cette réalité est visible à l’œil nu.

Pourtant, les derniers mois ont été marqués par des reculs préoccupants : entreprises qui renoncent à leurs objectifs de neutralité carbone, États qui revoient leurs engagements, discours climatosceptiques libérés. Face à cette remise en cause, la tentation du découragement est forte.

Une lecture plus optimiste s’impose. Ce mouvement traduit aussi une concentration sur les solutions qui allient modèle économique et bénéfices écologiques, au détriment de celles qui reposent uniquement sur la vertu environnementale. L’abondance de liquidités a permis à des projets fragiles de se financer, renforçant l’idée que la transition serait coûteuse. Cette perception a généré une résistance sociale et économique. Bertrand Piccard résume ce changement par : « Soyons logiques avant d’être écologiques. » L’agriculture de précision, la réduction du gaspillage alimentaire ou l’efficience énergétique illustrent cette vision : ce sont d’abord des leviers de productivité qui réduisent aussi les émissions.

La captation directe du CO2 en est un exemple emblématique. Cette technologie, portée par des acteurs suisses, s’impose dans les stratégies bas carbone pour des raisons économiques avant tout : sécurisation des volumes, accès à de nouveaux marchés, anticipation des contraintes réglementaires. Cette bascule structurelle transforme la compétitivité : la performance économique devient indissociable de la performance climatique.

On peut le regretter sur un plan philosophique et éthique, mais la transition ne se fera pas au détriment de l’économie. Le récent texte de Bill Gates, à l’adresse des chefs d’État réunis à la COP30 au Brésil, illustre parfaitement ce changement : la transition doit avant tout permettre aux gens de vivre mieux et aux entreprises de se développer. La Suisse dispose d’atouts pour jouer un rôle moteur dans cette transition. Son écosystème d’innovation et ses ambitions climatiques favorisent l’émergence de technologies propres et de partenariats public-privé. Cette orientation ne représente pas un coût, mais un investissement dans la croissance, la compétitivité et la souveraineté économique.

La transition écologique n’est pas une option. Mais elle ne se fera pas sur le dos de l’économie. La bonne nouvelle est que, dans de nombreux cas, les deux sont désormais conciliables.

Texte Tristan Lebleu, Responsable Relations Externes, Climeworks

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